In Bodhy 's collection
Nikopol & Horus
Pencil
30 x 40 cm (11.81 x 15.75 in.)
Added on 9/14/22
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Description
Grand crayonné préparatoire d'un beau format (30x40)
Exposition de la Galerie Barbier, Graphite in progress (2016)
Exposition de la Galerie Barbier, Graphite in progress (2016)
Inscriptions
Signé en bas à gauche.
Comment
Avec ce crayonné, nous sommes plongés dans le quotidien du duo Nikopol/Horus : « A force de devoir se laver en même temps qu’Horus, Nikopol risque de s’arracher le nez ou pire, de se crever un oeil… Déjà qu’hier en s’essuyant le dos… »
Bien que non daté, ce calque semble être le projet d’un dessin paru dans le recueil « Bleu Sang » en 1994 (p. 17 photo jointe). Même s’il s’agit d’un croquis préparatoire, je prefère toutefois cette version à ce qui semble être le dessin définitif : format, visage de Nikopol et tête d’Horus plus distincts, lézard qui anime l’esquisse…
Avec le recueil « Bleu Sang », dans la transparence du crayonné sur calque, le tremblé de l’esquisse et la rythmique du bleu Bioskop, la dualité psychique de Nikopol-Horus vient, au sens propre, s’incarner. Elle produit un corps double fantasmatique et problématique, traité dans ses potentialités à la fois érotiques et comiques — car Nikopol est désormais affecté par le corps de l’autre : les serres de faucon peuvent arracher un nez ou crever un œil. (1)
Toujours au sujet de « Bleu Sang », un membre de 2dg a retrouvé une interview d’Enki Bilal : Dans cette période, précisément, durant laquelle je cherchais en même temps le thème de ma prochaine bande dessinée (et où la guerre en Yougoslavie commençait à vraiment me faire très, très, très mal) et commençais mon deuxième film qui était très dur à monter. (...) Tout à coup, tout s’est arrêté et là je me suis dit : « Qu’est ce que je vais faire ? Il me reste six mois, je ne vais pas me lancer dans une histoire maintenant. (...) Et c’est là que l’idée est venue. On en discutait avec Christian (Desbois) et il me dit : « Pourquoi ne ferais-tu pas une exposition ? Un travail qu'on ne ferait que pour cela. ». Et c’est ainsi que naît l’idée de la peinture, l’idée de « Bleu Sang ». Je fais cette série d'à peine douze toiles, une vingtaine de calques rehaussés et puis des textes, des aphorismes sur un thème très, très libre. De manière insidieuse, la guerre de Yougoslavie s’incruste dans ce travail qui est plutôt un travail sur un couple Jill Bioskop / Nikopol, le couple de ma trilogie précédente. Cette période que je consacre à cette peinture, à ces dessins, à cette écriture, sera fondatrice de mon style à venir. J’ai trouvé les outils du style qui allait devenir celui du « Sommeil du Monstre » ; ce nouveau style, je l’ai trouvé dans la peinture de « Bleu Sang ». (2)
Merci au précédent propriétaire de ce calque pour la rencontre et l’échange sur la collection d’originaux.
(1) Revue Captures https://archive.nt2.uqam.ca/revuecaptures-org/contrepoint/les-corps-modifi%C3%A9s-d%E2%80%99enki-bilal.html
(2) https://www.2dgalleries.com/art/bilal-bleu-sang-72254
Bien que non daté, ce calque semble être le projet d’un dessin paru dans le recueil « Bleu Sang » en 1994 (p. 17 photo jointe). Même s’il s’agit d’un croquis préparatoire, je prefère toutefois cette version à ce qui semble être le dessin définitif : format, visage de Nikopol et tête d’Horus plus distincts, lézard qui anime l’esquisse…
Avec le recueil « Bleu Sang », dans la transparence du crayonné sur calque, le tremblé de l’esquisse et la rythmique du bleu Bioskop, la dualité psychique de Nikopol-Horus vient, au sens propre, s’incarner. Elle produit un corps double fantasmatique et problématique, traité dans ses potentialités à la fois érotiques et comiques — car Nikopol est désormais affecté par le corps de l’autre : les serres de faucon peuvent arracher un nez ou crever un œil. (1)
Toujours au sujet de « Bleu Sang », un membre de 2dg a retrouvé une interview d’Enki Bilal : Dans cette période, précisément, durant laquelle je cherchais en même temps le thème de ma prochaine bande dessinée (et où la guerre en Yougoslavie commençait à vraiment me faire très, très, très mal) et commençais mon deuxième film qui était très dur à monter. (...) Tout à coup, tout s’est arrêté et là je me suis dit : « Qu’est ce que je vais faire ? Il me reste six mois, je ne vais pas me lancer dans une histoire maintenant. (...) Et c’est là que l’idée est venue. On en discutait avec Christian (Desbois) et il me dit : « Pourquoi ne ferais-tu pas une exposition ? Un travail qu'on ne ferait que pour cela. ». Et c’est ainsi que naît l’idée de la peinture, l’idée de « Bleu Sang ». Je fais cette série d'à peine douze toiles, une vingtaine de calques rehaussés et puis des textes, des aphorismes sur un thème très, très libre. De manière insidieuse, la guerre de Yougoslavie s’incruste dans ce travail qui est plutôt un travail sur un couple Jill Bioskop / Nikopol, le couple de ma trilogie précédente. Cette période que je consacre à cette peinture, à ces dessins, à cette écriture, sera fondatrice de mon style à venir. J’ai trouvé les outils du style qui allait devenir celui du « Sommeil du Monstre » ; ce nouveau style, je l’ai trouvé dans la peinture de « Bleu Sang ». (2)
Merci au précédent propriétaire de ce calque pour la rencontre et l’échange sur la collection d’originaux.
(1) Revue Captures https://archive.nt2.uqam.ca/revuecaptures-org/contrepoint/les-corps-modifi%C3%A9s-d%E2%80%99enki-bilal.html
(2) https://www.2dgalleries.com/art/bilal-bleu-sang-72254
Thematics
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About Enki Bilal
Enes Bilal, also known as Enki Bilal, is a film director, illustrator, cartoonist and comic strip scriptwriter who was born in Belgrade, in the former Yugoslavia, in 1951 and now lives in France. Part of his work is in the field of science fiction, dealing in particular with the themes of time and memory. In 1987, he was awarded the Grand Prix at the Angoulême Festival.