Dans la collection de Sam06
Tortillas pour les Dalton- Morris et Goscinny - planche 26
Encre de Chine
Ajoutée le 11/04/2026
Lien copié dans le presse-papier !


Description
Tortillas pour les Dalton a été prépublié dans Spirou en 1966 (du n°1466 du 19 mai 1966 au n° 1487 du 13 octobre 1966). Parution en album (n°31) en 1967.
Inscriptions / Signatures
Signée dans la derniere Case
Commentaire
Lors d’un transfert de prison, la diligence pénitentiaire transportant les Dalton est attaquée sur les rives du Rio Grande par une bande de malfrats mexicains, croyant mettre la main sur un chargement précieux. A leur tête, Emilio Espuelas, qui s’autoproclame « le bandit le plus redouté de tout le Mexique ».
Goscinny et Morris passent en revue tous les clichés de la culture latino véhiculés par les westerns. Et Goscinnys’amuse avec le langage. Quand Averell demande « Comment dit-on “Quand est-ce qu’on mange”, ici ? » et qu’Espuelas lui répond, « Cuando se come, aqui ? », le frère Dalton s’exclame « Couacomékiki. C’est facile! »
Calembour cité dans cette planche par un Averell complètement saoul. Espuelas l’ayant fait parlé facilement au grand dam de Joe.
Morris, cette fois, joue le jeu : « René savait que j’avais horreur des calembours et des jeux de mots, parce que c’est intraduisible, et que les traducteurs éprouvent alors les pires difficultés à trouver des équivalents dans les autres langues. Alors, de temps en temps pour me taquiner, il en glissait malgré tout dans ses scénarios, sachant très bien que j’allais les supprimer ! Il y en a malgré tout l’un ou l’autre qui sont restés. »
Pour évoquer le Mexique, Morris peut s’appuyer sur ses souvenirs de son périple américain avec Jijé et Franquin en 1948, qui les a menés, entre autres, à Mexico.
On rerouve dans cette planche, les quatres Daltons, Epuelas et ses hommes, Lucky Luke, Jolly Jumper et le fameux Rantanplan, toujours aussi bon chien de garde.
Il etait important pour moi d’avoir une planche avec ces personnages mais aussi avec des couleurs au dos qui permettent en éclairant celle-ci, de retrouver tout le genie de Morris pour les couleurs.
Car Morris excellait dans les couleurs. Comme plusieurs dessinateurs le soulignent dans le catalogue 100 ans 100 œuvres. Extraits:
MIDAM: « Quand Morris s’occupait lui-même des couleurs, par exemple sur des illustrations, c’était une vraie merveille, la couleur n’etait pas un simple aplat simple, il travaillait la matière… »
FRÉDÉRIC JANNIN: « Je sais que ses collègues étaient époustouflés par sa maîtrise du pinceau très fin et ses aquarelles à l’allure si désinvolte. »
PHILIPPE RAVION: « Ses mises en couleurs, si inventives par leurs partis pris et leur minimalisme ne sont pas là pour faire joli mais pour servir le récit, pour accrocher plus rapidement la rétine du lecteur.»
LI-AN: « Et les couleurs de Morris! J’en ai souvent discuté avec ma coloriste Laurence Croix qui adore ses choix radicaux… »
FRANÇOIS AVRIL: « Plus jeune je trouvais qu’il ne s’emmerdait pas trop avec les couleurs avec ses personnages tout rouge ou tout bleus! Plus tard j’ai compris. Quelle modernité! »
JOCHEN GERNER: « Les planches de Lucky Luke sont des expériences chromatiques totales! Ciels jaune citrons, visages rouges ou bleu pâle, murs vieux rose, architecture rouge vermillon. La couleur éclatante et décalée comme première sensation visuelle. »
DOMINIQUE BERTAIL: « Chaque illustration de couverture marque les esprits à vie. Ce sont des images signalétiques percutantes. Une couleur dominante marquante, un gag muet compréhensible par tous qui resume parfaitement le contenu. Morris est un affichiste hors pair, digne de Savignac, qui ferait le bonheur de tout sémiologue qui se respecte. »
Et j’en passe, tous dithyrambiques sur l’artiste et son oeuvre.
Je finirai avec ZEP et sa Postface:
« Lorsque j’étais enfant, je garnissais ma chambre des albums de Lucky Luke. Chaque couverture était à mes yeux, comme un tableau de grand maître et j’avais la sensation de vivre dans un musée.
Aujourd’hui encore, son dessin exerce sur moi de la fascination. Morris a du inventer des choses! Chaque personnage eet une trouvaille graphique. Sa mise en scène, d’apparence dilettante, est en fait impeccable. Et puis, il a ces couleurs!
Les deux fois où j’ai rencontré Morris, j’ai essayé de le faire parler sur ce sujet. Pourquoi ces choix étranges? Son désert mauve, ses mexicains bleus, ses Dalton rouges dans la nuit orange? Il répondait simplement que, son dessin n’étant pas réaliste, ses couleurs n’avaient pas besoin de l’être non plus.
Morris n’était pas très bavard quand à son art et il ne disait évidement pas tout. Les couleurs créent l’ambiance, l’émotion, la musique d’une bande dessinée. Quelle étrange bande originale Morris avait-il en tête? Du pedal steel guitar? Du rock psychédélique? Ce monsieur tranquille, à l’éternel noeud papillon prenait-il des champignons hallucinogènes? On ne le saura jamais. Reste son oeuvre, immense. »
Je pense personnellement que c’est juste de l’art! Avec un grand A.
Goscinny et Morris passent en revue tous les clichés de la culture latino véhiculés par les westerns. Et Goscinnys’amuse avec le langage. Quand Averell demande « Comment dit-on “Quand est-ce qu’on mange”, ici ? » et qu’Espuelas lui répond, « Cuando se come, aqui ? », le frère Dalton s’exclame « Couacomékiki. C’est facile! »
Calembour cité dans cette planche par un Averell complètement saoul. Espuelas l’ayant fait parlé facilement au grand dam de Joe.
Morris, cette fois, joue le jeu : « René savait que j’avais horreur des calembours et des jeux de mots, parce que c’est intraduisible, et que les traducteurs éprouvent alors les pires difficultés à trouver des équivalents dans les autres langues. Alors, de temps en temps pour me taquiner, il en glissait malgré tout dans ses scénarios, sachant très bien que j’allais les supprimer ! Il y en a malgré tout l’un ou l’autre qui sont restés. »
Pour évoquer le Mexique, Morris peut s’appuyer sur ses souvenirs de son périple américain avec Jijé et Franquin en 1948, qui les a menés, entre autres, à Mexico.
On rerouve dans cette planche, les quatres Daltons, Epuelas et ses hommes, Lucky Luke, Jolly Jumper et le fameux Rantanplan, toujours aussi bon chien de garde.
Il etait important pour moi d’avoir une planche avec ces personnages mais aussi avec des couleurs au dos qui permettent en éclairant celle-ci, de retrouver tout le genie de Morris pour les couleurs.
Car Morris excellait dans les couleurs. Comme plusieurs dessinateurs le soulignent dans le catalogue 100 ans 100 œuvres. Extraits:
MIDAM: « Quand Morris s’occupait lui-même des couleurs, par exemple sur des illustrations, c’était une vraie merveille, la couleur n’etait pas un simple aplat simple, il travaillait la matière… »
FRÉDÉRIC JANNIN: « Je sais que ses collègues étaient époustouflés par sa maîtrise du pinceau très fin et ses aquarelles à l’allure si désinvolte. »
PHILIPPE RAVION: « Ses mises en couleurs, si inventives par leurs partis pris et leur minimalisme ne sont pas là pour faire joli mais pour servir le récit, pour accrocher plus rapidement la rétine du lecteur.»
LI-AN: « Et les couleurs de Morris! J’en ai souvent discuté avec ma coloriste Laurence Croix qui adore ses choix radicaux… »
FRANÇOIS AVRIL: « Plus jeune je trouvais qu’il ne s’emmerdait pas trop avec les couleurs avec ses personnages tout rouge ou tout bleus! Plus tard j’ai compris. Quelle modernité! »
JOCHEN GERNER: « Les planches de Lucky Luke sont des expériences chromatiques totales! Ciels jaune citrons, visages rouges ou bleu pâle, murs vieux rose, architecture rouge vermillon. La couleur éclatante et décalée comme première sensation visuelle. »
DOMINIQUE BERTAIL: « Chaque illustration de couverture marque les esprits à vie. Ce sont des images signalétiques percutantes. Une couleur dominante marquante, un gag muet compréhensible par tous qui resume parfaitement le contenu. Morris est un affichiste hors pair, digne de Savignac, qui ferait le bonheur de tout sémiologue qui se respecte. »
Et j’en passe, tous dithyrambiques sur l’artiste et son oeuvre.
Je finirai avec ZEP et sa Postface:
« Lorsque j’étais enfant, je garnissais ma chambre des albums de Lucky Luke. Chaque couverture était à mes yeux, comme un tableau de grand maître et j’avais la sensation de vivre dans un musée.
Aujourd’hui encore, son dessin exerce sur moi de la fascination. Morris a du inventer des choses! Chaque personnage eet une trouvaille graphique. Sa mise en scène, d’apparence dilettante, est en fait impeccable. Et puis, il a ces couleurs!
Les deux fois où j’ai rencontré Morris, j’ai essayé de le faire parler sur ce sujet. Pourquoi ces choix étranges? Son désert mauve, ses mexicains bleus, ses Dalton rouges dans la nuit orange? Il répondait simplement que, son dessin n’étant pas réaliste, ses couleurs n’avaient pas besoin de l’être non plus.
Morris n’était pas très bavard quand à son art et il ne disait évidement pas tout. Les couleurs créent l’ambiance, l’émotion, la musique d’une bande dessinée. Quelle étrange bande originale Morris avait-il en tête? Du pedal steel guitar? Du rock psychédélique? Ce monsieur tranquille, à l’éternel noeud papillon prenait-il des champignons hallucinogènes? On ne le saura jamais. Reste son oeuvre, immense. »
Je pense personnellement que c’est juste de l’art! Avec un grand A.
15 commentaires
Pour laisser un commentaire sur cette œuvre, veuillez vous connecter
A propos de Morris
Maurice de Bevere, dit Morris est un auteur de bandes dessinées belge connu comme créateur en 1946 de Lucky Luke, série populaire qu'il a dessinée jusqu'à sa mort, seul ou en collaboration avec divers scénaristes, dont René Goscinny. Il a qualifié pour la première fois la bande dessinée de « neuvième art » dans le journal Spirou, en 1965.