Dans la collection de leppj
Sibylline et les cravattes noires
Encre de Chine
39.3 x 50.2 cm (15.47 x 19.76 in.)
Ajoutée le 10/03/2026
Lien copié dans le presse-papier !






Description
38ème planche de "Sibylline et les cravates noires"
Commentaire
Une planche qui semble classique dans l'oeuvre de Macherot, mais qui en est pourtant un jalon.
Raymond Macherot est un auteur complet, il crée ses propres personnages, écrit ses histoires puis les dessine. S'il a travaillé brièvement avec René Goscinny en 1966 qui va écrire quelques pages pour son personnage de chat "Pantoufle", principal antagoniste de Sibylline dans sa première histoire, ce duo va rapidement s'arrêter. D'abord Goscinny est débordé par ses séries à grands succès (Lucky Luke, Iznogood et surtout Astérix) quant à Macherot, c'est un solitaire qui aime développer son propre univers.
Son parcours professionnel n'est pas une promenade de santé. Il est semé d'embûches. Ayant débuté dans le magazine Tintin en 1953, sa série Chlorophylle a du succès et l'éditeur publie les 3 premiers albums dans la prestigieuse collection du Lombard. Mais en 1961, la publication du "Retour de Chlorophylle" est relégué au format broché et souple, un livre bon marché. C'est un camouflet pour l'auteur. Il tente également de se diversifier et d'animer des personnages humains comme Le Père la Houle ou le Colonel Clifton, mais son éditeur lui demande de se concentrer sur son univers campagnard. Frustré et se sentant incompris auprès du Lombard, il franchit le Rubicon et rejoint l'équipe du magazine Spirou. Chose rare à l'époque et si en 1955 Franquin a poussé la porte du Lombard pour Modeste et Pompon, Dupuis l'a vite rattrapé par le col pour qu'il continue son Spirou chez eux ! Macherot, lui ne fait pas demi-tour et est contraint d'abandonner tous ses personnages à son éditeur.
Pour ses débuts chez Spirou en 1964, il se lance dans une nouvelle série ambitieuse : Chaminou.
Un chat détective qui vit dans un monde où tous les animaux sont végétariens et cohabitent en harmonie, jusqu'à ce qu'un carnivore délaisse les carottes pour se goinfrer de ses congénères. Chaminou mène l'enquête et découvre que le meurtrier appartient à l'élite de Coquefredouille. Le scénario sous ses airs charmants est sombre, la mort plane et le pouvoir est remis en question. L'histoire est froidement acueilli par son nouvel éditeur (tout aussi catholique que le précédent) qui l'enjoint de retourner à une campagne bucolique peuplée d'inoffensifs petits animaux.
Macherot prend une nouvelle claque, mais il se retrousse les manches et crée la série Sibylline en 1965. Ce n'est pas l'univers de Chlorophylle, mais on en est pas loin. L'auteur réussit à boucler brillamment les 3 premiers albums, mais il peine à se renouveler. Fin des années 60 et débuts des années 70, il sombre dans une dépression. "Sibylline et le petit cirque" est pour beaucoup, l'album qui illustre le plus clairement l'abattement de Macherot. Le dessin est moins fouillé, le trait est moins vif, plus raide et l'histoire bascule dans l'étrange, le fantastique et la magie. Anathème cède sa place de grand méchant à Pistolard, un enchanteur maléfique.
Au fond du gouffre, il doit continuer à produire des planches pour gagner sa vie. Mais il n'arrive plus à mener de front scénario et dessin, et contrairement à son habitude, il cherche de l'aide. En 1970, il s'associe à un tout jeune scénariste, promis à une brillante carrière : Raoul Cauvin. La série "Mirliton" avec un chat domestique en héros est lancée. Cauvin écrit des gags ou de courts récits qui sont plus faciles à dessiner afin de ménager le fragile Raymond.
En parallèle, pour continuer sa principale série, Sibylline, il est aidé par Paul Deliège. Le père de Bobo et des Krostons reprend le scénario là où l'a laissé Macherot et va s'appliquer à gommer peu à peu toutes les aspérités fantastiques de la série. Dans son premier scénario pour Sibylline, "la baguette rose", le vilain Pistolard est de retour, toujours avec de la magie, mais l'étrange et l'inquiétant ont disparu. À la fin de l'histoire, Pistolard est même devenu gentil !
Deliège poursuit son polissage par étape, la série s'assagit et si le gentil Pistolard reste présent, il ne pratique plus la magie dans "Sibylline et les pirates" car il a perdu sa baguette. Le Roi des rats, Gudu, redevient le principal antagoniste (il a été créé par Macherot dans le second tome de la série) et il signe encore les méfaits de l'histoire suivante : "Gudu s'évade" dans laquelle Pistolard n'est même plus présent. Deliège a atteint son objectif, un lent mais inexorable retour aux sources pour la série, exit le merveilleux et la bizarrerie. Pour donner un second souffle à la série, tout en conservant un certain classicisme, Deliège crée un nouveau méchant, enfin une méchante dans "Sibylline s'envole" : la terrible belette Lucrèce à la tête d'une bande de rats appelée "les cravates noires" qui donnera son nom à l'album suivant dessiné en 1975. Le trait de Macherot retrouve une certaine souplesse et le plaisir de dessiner de l'auteur se sent à nouveau à la lecture.
Ouf ! on en arrive enfin à ma planche 😅
Dernier script écrit par Paul Deliège pour Sibylline (si l'on excepte un court conte de Noël de 2 pages), cette histoire débute et se développe dans la même atmosphère que le scénariste a grandement contribué à retrouver : les gentils habitants du Bosquet Joyeux sont en lutte contre un méchant qui finit normalement en prison ou qui prend la fuite à la dernière minute dans le but d'ennuyer à nouveau nos amis dans le prochain épisode.
Mais tout bascule dans le dernier quart du récit, précisément dans cette planche n°38 de l'album. Lucrèce est assassinée dans la seconde case, en hors champs certes, mais morte de chez morte ! On l'entend même agoniser : "cargl...couic".
Et ce n'est pas tout, dans la dernière case, c'est le grand retour de l'absurde, de l'étrange ou de l'inexplicable : Verboten "trouve" un gâteau dans un buisson alors qu'ils sont tous arrivés de loin en chevauchant des cigognes et sans dessert dans les bagages. Mais ça tombe bien, car le Brigadier a un plan, il va libérer l'otage des Cravates Noires en leur faisant "le coup du gâteau" (!) qui semble être un classique des tactiques policières. Sibylline sidérée par tant d'audace scénaristique nous tourne le dos afin de nous cacher son désarroi ! Deliège rajoute encore une couche d'effroi, 3 pages plus loin, le plan de Verboten qui consiste à faire exploser un bâton de dynamite planté dans un gâteau comme une bougie d'anniversaire, explose et fait 3 morts : un chien, un chat et une marte (qui s'appelle Marthe). Les décès sont à nouveau en hors champs mais confirmé par Anathème qui use de l'humour noir pour nous l'annoncer : "ils sont morts d'une indigestion !" (de gâteau explosif). Enfin, une méchante buse est tuée sous les yeux du lecteur, carbonisée dans le réacteur d'un avion de chasse dans l'avant dernière planche. En 6 pages, les 5 membres de l'état-major des Cravates Noires est exterminé. À cette époque, les abonnés de Spirou ne sont pas habitués à tant de violence et de morts dans leur illustré préféré.
Étonnement, Deliège qui s'apprête à rendre les rênes du scénario à Macherot et qui a tout fait pour adoucir et ré-illuminer le récit, lui restitue la série dans la même ornière dans laquelle elle se trouvait 5 ans auparavant : étrange et sombre.
Cette période de collaboration avec Paul Deliège dans la série Sibylline restera une brève parenthèse de normalité car Macherot à peu près rétabli, va continuer à creuser une veine fantastique et effrayante. D'abord sans l'assumer tout à fait : dans l'album suivant "Élixir le Maléfique", un extra-terrestre rose à pois bleus parcourt mystérieusement les bois afin d'aider Sibylline à vaincre Élixir. Deus Ex Machina final, c'était en fait Hortense, la tante de Sibylline qui s'était déguisée en Martien après s'être fait passer pour morte ! Un prétexte de dernière minute qui permet d'expliquer rationnellement le côté fantastique de l'histoire. Mais il confirme le changement de ton avec l'album "Burokratz le Vampire", puis des personnages comme Kulgude, le sorcier Trougnou, Mirmy Popcorn, Godetia ou encore le grand Troubadoule... Il n'y a plus de subterfuges, ces personnages bizarres sont réellement présents dans l'histoire qui se déroule maintenant dans l'inquiétante Lande de Gutaperka et non plus au Bosquet Joyeux. L'influence de Disney sur le travail de Macherot semble décliner au profit de la noirceur des contes de Perrault, d'Andersen ou des frères Grimm associé à l'absurdité et/ou au non sens du Krazy Kat d'Herrimann. L'ambiance de son oeuvre retourne aux racines du Peter Pan de Barrie ou d'Alice au Pays des Merveilles de Caroll avant que Disney ne les édulcore.
En analysant cette évolution, on peut se demander, si Paul Deliège a bien écrit l'intégralité du scénario des Cravates Noires ou si Macherot n'aurait pas repris l'écriture de l'album vers la fin de cette histoire. Cela expliquerait le changement brutal d'ambiance de l'album, puis de la série en général.
Les lecteurs décontenancés se feront de plus en plus rares et Dupuis finira par ne plus éditer les albums de la série. Pourtant, certains des récits de cette période fantastique ne manquent pas de charme et "Le Violon de Zagabor" est d'ailleurs à mes yeux, l'un des sommets de la série avec l'abominable Croque-Monsieur. Macherot y déploie une poésie horrifique singulière et fascinante.
Si vous souhaitez des détails sur cette dernière période, je vous invite à lire le commentaire de ma planche de "Sybilline et le Murmuhr" ainsi que l'excellent article de David Turgeon sur le site Du9 :
https://www.2dgalleries.com/art/sybilline-et-le-murmuhr-244423
https://www.du9.org/dossier/grand-recit-fantastique-le/
Raymond Macherot est un auteur complet, il crée ses propres personnages, écrit ses histoires puis les dessine. S'il a travaillé brièvement avec René Goscinny en 1966 qui va écrire quelques pages pour son personnage de chat "Pantoufle", principal antagoniste de Sibylline dans sa première histoire, ce duo va rapidement s'arrêter. D'abord Goscinny est débordé par ses séries à grands succès (Lucky Luke, Iznogood et surtout Astérix) quant à Macherot, c'est un solitaire qui aime développer son propre univers.
Son parcours professionnel n'est pas une promenade de santé. Il est semé d'embûches. Ayant débuté dans le magazine Tintin en 1953, sa série Chlorophylle a du succès et l'éditeur publie les 3 premiers albums dans la prestigieuse collection du Lombard. Mais en 1961, la publication du "Retour de Chlorophylle" est relégué au format broché et souple, un livre bon marché. C'est un camouflet pour l'auteur. Il tente également de se diversifier et d'animer des personnages humains comme Le Père la Houle ou le Colonel Clifton, mais son éditeur lui demande de se concentrer sur son univers campagnard. Frustré et se sentant incompris auprès du Lombard, il franchit le Rubicon et rejoint l'équipe du magazine Spirou. Chose rare à l'époque et si en 1955 Franquin a poussé la porte du Lombard pour Modeste et Pompon, Dupuis l'a vite rattrapé par le col pour qu'il continue son Spirou chez eux ! Macherot, lui ne fait pas demi-tour et est contraint d'abandonner tous ses personnages à son éditeur.
Pour ses débuts chez Spirou en 1964, il se lance dans une nouvelle série ambitieuse : Chaminou.
Un chat détective qui vit dans un monde où tous les animaux sont végétariens et cohabitent en harmonie, jusqu'à ce qu'un carnivore délaisse les carottes pour se goinfrer de ses congénères. Chaminou mène l'enquête et découvre que le meurtrier appartient à l'élite de Coquefredouille. Le scénario sous ses airs charmants est sombre, la mort plane et le pouvoir est remis en question. L'histoire est froidement acueilli par son nouvel éditeur (tout aussi catholique que le précédent) qui l'enjoint de retourner à une campagne bucolique peuplée d'inoffensifs petits animaux.
Macherot prend une nouvelle claque, mais il se retrousse les manches et crée la série Sibylline en 1965. Ce n'est pas l'univers de Chlorophylle, mais on en est pas loin. L'auteur réussit à boucler brillamment les 3 premiers albums, mais il peine à se renouveler. Fin des années 60 et débuts des années 70, il sombre dans une dépression. "Sibylline et le petit cirque" est pour beaucoup, l'album qui illustre le plus clairement l'abattement de Macherot. Le dessin est moins fouillé, le trait est moins vif, plus raide et l'histoire bascule dans l'étrange, le fantastique et la magie. Anathème cède sa place de grand méchant à Pistolard, un enchanteur maléfique.
Au fond du gouffre, il doit continuer à produire des planches pour gagner sa vie. Mais il n'arrive plus à mener de front scénario et dessin, et contrairement à son habitude, il cherche de l'aide. En 1970, il s'associe à un tout jeune scénariste, promis à une brillante carrière : Raoul Cauvin. La série "Mirliton" avec un chat domestique en héros est lancée. Cauvin écrit des gags ou de courts récits qui sont plus faciles à dessiner afin de ménager le fragile Raymond.
En parallèle, pour continuer sa principale série, Sibylline, il est aidé par Paul Deliège. Le père de Bobo et des Krostons reprend le scénario là où l'a laissé Macherot et va s'appliquer à gommer peu à peu toutes les aspérités fantastiques de la série. Dans son premier scénario pour Sibylline, "la baguette rose", le vilain Pistolard est de retour, toujours avec de la magie, mais l'étrange et l'inquiétant ont disparu. À la fin de l'histoire, Pistolard est même devenu gentil !
Deliège poursuit son polissage par étape, la série s'assagit et si le gentil Pistolard reste présent, il ne pratique plus la magie dans "Sibylline et les pirates" car il a perdu sa baguette. Le Roi des rats, Gudu, redevient le principal antagoniste (il a été créé par Macherot dans le second tome de la série) et il signe encore les méfaits de l'histoire suivante : "Gudu s'évade" dans laquelle Pistolard n'est même plus présent. Deliège a atteint son objectif, un lent mais inexorable retour aux sources pour la série, exit le merveilleux et la bizarrerie. Pour donner un second souffle à la série, tout en conservant un certain classicisme, Deliège crée un nouveau méchant, enfin une méchante dans "Sibylline s'envole" : la terrible belette Lucrèce à la tête d'une bande de rats appelée "les cravates noires" qui donnera son nom à l'album suivant dessiné en 1975. Le trait de Macherot retrouve une certaine souplesse et le plaisir de dessiner de l'auteur se sent à nouveau à la lecture.
Ouf ! on en arrive enfin à ma planche 😅
Dernier script écrit par Paul Deliège pour Sibylline (si l'on excepte un court conte de Noël de 2 pages), cette histoire débute et se développe dans la même atmosphère que le scénariste a grandement contribué à retrouver : les gentils habitants du Bosquet Joyeux sont en lutte contre un méchant qui finit normalement en prison ou qui prend la fuite à la dernière minute dans le but d'ennuyer à nouveau nos amis dans le prochain épisode.
Mais tout bascule dans le dernier quart du récit, précisément dans cette planche n°38 de l'album. Lucrèce est assassinée dans la seconde case, en hors champs certes, mais morte de chez morte ! On l'entend même agoniser : "cargl...couic".
Et ce n'est pas tout, dans la dernière case, c'est le grand retour de l'absurde, de l'étrange ou de l'inexplicable : Verboten "trouve" un gâteau dans un buisson alors qu'ils sont tous arrivés de loin en chevauchant des cigognes et sans dessert dans les bagages. Mais ça tombe bien, car le Brigadier a un plan, il va libérer l'otage des Cravates Noires en leur faisant "le coup du gâteau" (!) qui semble être un classique des tactiques policières. Sibylline sidérée par tant d'audace scénaristique nous tourne le dos afin de nous cacher son désarroi ! Deliège rajoute encore une couche d'effroi, 3 pages plus loin, le plan de Verboten qui consiste à faire exploser un bâton de dynamite planté dans un gâteau comme une bougie d'anniversaire, explose et fait 3 morts : un chien, un chat et une marte (qui s'appelle Marthe). Les décès sont à nouveau en hors champs mais confirmé par Anathème qui use de l'humour noir pour nous l'annoncer : "ils sont morts d'une indigestion !" (de gâteau explosif). Enfin, une méchante buse est tuée sous les yeux du lecteur, carbonisée dans le réacteur d'un avion de chasse dans l'avant dernière planche. En 6 pages, les 5 membres de l'état-major des Cravates Noires est exterminé. À cette époque, les abonnés de Spirou ne sont pas habitués à tant de violence et de morts dans leur illustré préféré.
Étonnement, Deliège qui s'apprête à rendre les rênes du scénario à Macherot et qui a tout fait pour adoucir et ré-illuminer le récit, lui restitue la série dans la même ornière dans laquelle elle se trouvait 5 ans auparavant : étrange et sombre.
Cette période de collaboration avec Paul Deliège dans la série Sibylline restera une brève parenthèse de normalité car Macherot à peu près rétabli, va continuer à creuser une veine fantastique et effrayante. D'abord sans l'assumer tout à fait : dans l'album suivant "Élixir le Maléfique", un extra-terrestre rose à pois bleus parcourt mystérieusement les bois afin d'aider Sibylline à vaincre Élixir. Deus Ex Machina final, c'était en fait Hortense, la tante de Sibylline qui s'était déguisée en Martien après s'être fait passer pour morte ! Un prétexte de dernière minute qui permet d'expliquer rationnellement le côté fantastique de l'histoire. Mais il confirme le changement de ton avec l'album "Burokratz le Vampire", puis des personnages comme Kulgude, le sorcier Trougnou, Mirmy Popcorn, Godetia ou encore le grand Troubadoule... Il n'y a plus de subterfuges, ces personnages bizarres sont réellement présents dans l'histoire qui se déroule maintenant dans l'inquiétante Lande de Gutaperka et non plus au Bosquet Joyeux. L'influence de Disney sur le travail de Macherot semble décliner au profit de la noirceur des contes de Perrault, d'Andersen ou des frères Grimm associé à l'absurdité et/ou au non sens du Krazy Kat d'Herrimann. L'ambiance de son oeuvre retourne aux racines du Peter Pan de Barrie ou d'Alice au Pays des Merveilles de Caroll avant que Disney ne les édulcore.
En analysant cette évolution, on peut se demander, si Paul Deliège a bien écrit l'intégralité du scénario des Cravates Noires ou si Macherot n'aurait pas repris l'écriture de l'album vers la fin de cette histoire. Cela expliquerait le changement brutal d'ambiance de l'album, puis de la série en général.
Les lecteurs décontenancés se feront de plus en plus rares et Dupuis finira par ne plus éditer les albums de la série. Pourtant, certains des récits de cette période fantastique ne manquent pas de charme et "Le Violon de Zagabor" est d'ailleurs à mes yeux, l'un des sommets de la série avec l'abominable Croque-Monsieur. Macherot y déploie une poésie horrifique singulière et fascinante.
Si vous souhaitez des détails sur cette dernière période, je vous invite à lire le commentaire de ma planche de "Sybilline et le Murmuhr" ainsi que l'excellent article de David Turgeon sur le site Du9 :
https://www.2dgalleries.com/art/sybilline-et-le-murmuhr-244423
https://www.du9.org/dossier/grand-recit-fantastique-le/
Pour laisser un commentaire sur cette œuvre, veuillez vous connecter
A propos de Raymond Macherot
Raymond Macherot est un auteur de bande dessinée belge. Teintée d'une poésie très personnelle, l'œuvre de Raymond Macherot exprime, à travers les métaphores animalières, une satire acérée de la société des hommes, dans un état d'esprit « écolo » avant la lettre. Toutefois, cette poésie n'exclut pas un réalisme cruel en ce qui concerne la condition animale, gouvernée par la quête de nourriture.