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Relatos de Presidio # 22 by Oscar Bazaldúa Nava - Original Cover
941 

Relatos de Presidio # 22

Original Cover
Gouache
43.5 x 35 cm (17.13 x 13.78 in.)
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Carnaval de la vida mexicana - Diego Rivera
Carnaval de la vida mexicana - Diego Rivera
Epopée du peuple mexicain - Diego Rivera
Epopée du peuple mexicain - Diego Rivera
Epopée du peuple mexicain - Diego Rivera
Catarsis - Orozco
Catarsis - Orozco
Les aristocrates - Orozco
Sueño de una tarde dominical en la Alameda - Diego Rivera
Sueño de una tarde dominical en la Alameda - Diego Rivera
Sueño de una tarde dominical en la Alameda - Diego Rivera
Shirley MacLaine
Sierra Torride
Sierra Torride
Sierra Torride

Comment

Sensacionales – RELATOS DE PRESIDIO - Carnaval de la vida mexicana - Oscar Bazaldúa

Outre le style si caractéristique de Bazaldúa qui mêle au réalisme une grande louche de naïf, on peut noter des éléments particuliers qui lui appartiennent en propre. Prenons par exemple la tête du cheval et comparons-la avec celle du cheval de ma planche La Ley del Revolver # 541 …. C’est exactement la même, et elle n’est pas anodine, elle est démoniaque. Elle est d’ailleurs tellement démoniaque qu’on la retrouve sur certaines couvertures qu’il réalisa pour les séries d’horreur El Carruaje Diabólico, El Libro Siniestro et Santa Muerte. C’est une de ses marques de fabrique.

La Guerre des Cristeros et Madre Conchita : Au dos de cette planche, on a écrit « Historia verdadera de la época de los cristeros » et « La Madre Conchita … refugiada en las Islas Marías ». La Guerre des Cristeros fut le soulèvement des paysans catholiques mexicains contre le gouvernement anticlérical, entre 1926 et 1929. Leur cri de ralliement était « Viva Cristo Rey », qu’on retrouve sur l’illustration sur le chapeau du peón. Quant à Madre Conchita (*1), il s’agit d’une sœur, supérieure à 33 ans du couvent des Filles de Marie, qui fut accusée d’être la commanditaire de l’assassinat du président mexicain Alvaro Obregón en 1928. Elle fut arrêtée, torturée et condamnée à 20 ans de prison ; on l’envoya au pénitencier des Îles Marías.

SIERRA TORRIDE : Je venais d’avoir un échange avec DoctorFeelgood à propos de la représentation des actrices américaines dans la BD et les illustrations (Jane Russell et Kim Novak dans ses propres illustrations), et du coup j’ai regardé ma couverture avec des yeux différents. Soudain la lumière fut. Mais oui bon sang, mais c’est bien sûr ! Sierra Torride (Two mules for Sister Sara) de Don Siegel : les pérégrinations d’un mercenaire et d’une fausse bonne sœur (mais vraie prostituée au grand cœur) dans le Mexique révolutionnaire, Clint Eastwood et Shirley MacLaine. Du coup j’ai ajouté quelques photos de la belle.

Les murales mexicains : ce qui m’intéresse beaucoup plus que la trame anecdotique, c’est le lien avec une longue tradition artistique et culturelle mexicaine : le muralisme (les murales ou fresques murales peintes au début du XX ème siècle par Diego Rivera, Fernando Leal, José Clemente Orozco, Jorge González Camarena, David Alfaro Siqueiros, Rufino Tamayo, Juan O’Gorman), cette formidable expression artistique que quiconque est allé à Mexico n’a pu manquer de voir (et admirer), au Palacio Nacional National, au Palacio de Bellas-Artes, au Museo Mural Diego Rivera, au Polyforum Siqueiros, à l’Université Centrale, au Colegio San Ildefonso, etc. C’est magique.

Pour moi il est clair que Rafael Gallur, Luis Velázquez, et surtout Oscar Bazaldúa, sont les héritiers de Diego Rivera et José Clemente Orozco.

Il y a d’abord continuité dans la fonction narrative. La narration de l’Histoire (avec un grand H) par les muralistes mexicains dans le Mexique postrévolutionnaire, devait être pédagogique, ils s’adressaient aux foules qu’il fallait éduquer, au sens politique et révolutionnaire du terme (comme les fresques sur les murs des églises au Moyen-Âge au sens religieux), et pour cela ils construisaient le message en partant de l’image. Ces fresques, quoique muettes, fonctionnaient comme des narrations graphiques ; elles ne faisaient pas simplement appel aux sens du spectateur comme un tableau, mais elles racontaient une histoire, comme les bandes dessinées d’aujourd’hui. Il y a donc une continuité certaine de ce média et les auteurs actuels ont été biberonnés à ce lait nourrissant.

Il y a ensuite identité des formes. Je pourrais, pour illustrer ce lien filial, évoquer n’importe laquelle de ces fresques (en photos additionnelles quelques muraux parmi le plus connus), je pourrais montrer la similitude du trait, des couleurs, des personnages avec ces œuvres, mais je choisirai plus particulièrement Le Carnaval de la Vie Mexicaine de Diego Rivera. Au-delà de la similitude formelle et anecdotique, j’y vois une profonde correspondance dans la conception de l’Histoire. Je partage le point de vue de D. Raeburn qui avait indiqué dans son étude (cf. ma planche Almas Perversas) que ces Ghetto Librettos exprimaient une conception carnavalesque de l’histoire, par laquelle, au-delà du renversement politique révolutionnaire, ce sont toutes les valeurs qui s’inversent dans une fusion cathartique. Je dirai même plus, ces Ghetto Librettos étaient carnavalesques et bouffonesques, au sens premier de ces termes.

(*1) J’aurais écouté avec beaucoup plus d’attention les dames patronnesses qui nous faisaient le catéchisme si elles avaient ressemblé à celle-ci.

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About Oscar Bazaldúa Nava

Oscar Bazaldúa Nava has been working in Mexico comics since the 1980s. He studied for a year and a half at a commercial art school, but had to quit when the school collapsed in the 1985 earthquake. He then assisted Sixto Valencia on the libretto 'La Serpiente Desplumada' for a couple of years. He is a regular artist on so-called Ghetto Librettos of the publishing houses Toukán and Mango (cheap pulp comic books full of sex and violence such as Almas Perversas and Relatos de Presidio). Text (c) Lambiek