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Michel Gourdon, Jean-Pierre Conty, « Nuits chaudes pour M. Suzuki » - Fleuve Noir, Espionnage - Couverture - Original Illustration
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« Nuits chaudes pour M. Suzuki » - Fleuve Noir, Espionnage - Couverture

Original Illustration
1974
Gouache
Gouache sur carton épais
32 x 50 cm (12.6 x 19.69 in.)
Added on 2/17/26
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Gros plan
Signé
Calque
Dos
Mishima
Livre
Livre 2

Description

Couverture pour le titre "Nuits chaudes pour M. Suzuki", de Jean-Pierre Conty. Livre édité en 1974 au Fleuve Noir dans la collection "Espionnage" (numéro 1151).

Inscriptions

Signé sur l'illustration

Comment

Puisque d’aucuns sollicitent des pin-up de Gourdon, en voilà un ! Un pin-up boy certes, mais digne d’être épinglé au mur.

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On ne compte plus (on essaie pourtant mais la lassitude gagne un peu) les livres écrits par Jean-Pierre Conty alias de Conrad Court Walrafen (1912-1984) et notamment dans la collection Espionnage du Fleuve Noir. Il y met principalement en scène Akiha Suzuki, espion américano-japonais. Cette série s’étale sur près de 25 ans (1959-1983) et compte près de 90 titres.

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Et nous voici à peu près au milieu de la série, en 1974, avec une couverture confiée au talent de Michel Gourdon. La construction est habituelle, classique et donc efficace, juxtaposant un personnage au 1er plan et un second plan qui doit, ou devrait, avoir une relation avec l’histoire. Ainsi nous sommes confrontés à un homme asiatique qui brandit son katana et à une bien mystérieuse menorah. Quel rapport ? Là où tout devient savoureux c’est que Gourdon a pris modèle, pour son personnage, sur une célèbre photo de Yukio Mishima. Quand on connaît les positions nationalistes et impériales, à la fin de sa vie, du célèbre écrivain japonais, la confrontation avec le symbole biblique, sinon immémorial, de la religion juive est particulièrement troublant ou plus simplement amusant.

A défaut d’avoir lu le livre, et même en ayant analysé la confuse 4ème de couverture, je suis dans l’incapacité de vous dire si tout ceci est fortuit. C’est mon hypothèse mais elle ne repose sur rien… J’imagine très bien, en 1974, Michel Gourdon plonger dans sa documentation papier pour trouver une image réaliste de samouraï, sabre en main. Et tomber dans un magazine sur celle de Mishima, mort quatre ans plus tôt.

*

A noter enfin que Gourdon a indéniablement raté son katana. On ne devait pas beaucoup en voir en France en 1974. Et pas de chance, la photo de Mishima ne montre pas l’extrémité du sabre. Vous me direz qu’on pouvait en voir au cinéma… Peut-être. Mais si Michel Gourdon fréquentait les salles obscures il devait préférer les films de la Shaw Brothers à ceux de la Tōhō : son sabre débute au Japon et s’achève en une étrange torsion à Hong Kong.

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