Dans la collection de Ludovic 
Norma, Roger Lécureux, Capitaine Apache • Okada prend des risques - Planche originale
84 

Capitaine Apache • Okada prend des risques

Planche originale
1980
Encre de Chine
31 x 40 cm (12.2 x 15.75 in.)
Ajoutée le 28/12/2025
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Publication
Page dans Pif #611

Description

Capitaine Apache
Planche 2 de l'épisode 57 Okada prend des risques
Publication dans Pif Gadget #611 du 8 décembre 1980
Encre de Chine, mine de plomb et gouache blanche sur papier épais

Inscriptions / Signatures

NORMA

Commentaire

A propos de Capitaine Apache, western politique

La série repose sur une idée simple, mais novatrice, celle d'un héros métis, Okada, qui avance entre deux mondes et porte en lui les tensions de cultures que l'histoire a trop souvent opposées. Métis apache et écossais, il incarne, par sa seule existence, les contradictions d'un monde fracturé. Cette position intermédiaire permet d'adopter un regard critique sur la conquête de l'Ouest et les violences qui l'accompagnent.

Le récit s'inscrit dans la continuité d'un imaginaire façonné par le cinéma américain. Chez Vance (Ringo, Marshal Blueberry avec Giraud), l'Ouest demeure un territoire de lumière, un espace où l'aventure conserve sa noblesse et le cavalier solitaire son héroïsme. Ringo perpétue le rêve du western classique. C'est Blueberry de Giraud et Charlier, qui pose, dès 1963, les fondations du western critique européen. Le récit y dévoile un monde complexe où la corruption gangrène les institutions et où les spoliations territoriales apparaissent sans équivoque.

D'autres séries comme Comanche d'Hermann et Greg ou Jonathan Cartland de Michel Blanc-Dumont et Laurence Harlé, abordent ces thèmes, mais presque toujours à travers le regard d'un héros blanc. Capitaine Apache se distingue en choisissant un héros métis comme point de vue principal dès le départ. Lécureux et Norma adaptent les codes du western réaliste pour un public plus jeune dans le cadre de Pif Gadget, journal communiste à vocation pédagogique. Le récit ne cherche pas à édulcorer les manipulations politiques ou les injustices institutionnelles. Les dossiers qui accompagnent certains épisodes prolongent cette intention et replacent les aventures d'Okada dans une perspective attentive aux réalités sociales. Cette dimension pédagogique explicite constitue une différence majeure avec Blueberry.

Les paysages, construits avec une précision documentaire, façonnent l'atmosphère du récit et renforcent sa dimension tragique. L'absence de manichéisme donne à la série sa force durable, explorant des thèmes du métissage, de l’identité, de la justice et de la corruption avec cette ambiguïté morale constante qui traverse chaque camp.

La série n'a jamais atteint la notoriété de ses grandes références. Le format court imposé par le journal, la qualité inégale des couleurs et un découpage parfois déroutant ont limité son rayonnement. Pourtant, elle a offert une vision moins triomphante de l'Ouest, où les héros ne sont pas toujours ceux que l'histoire officielle célèbre.

A lire pour aller plus loin

Jean‑Yves Puyo, La représentation des grands espaces nord‑américains dans Capitaine Apache (Lécureux – Norma, 1975‑1986), Strenae n°11, 2016
https://journals.openedition.org/strenae/9075

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A propos de Norma

Norbert Morandière débute en 1971 dans le fanzine Falatoff où il utilise durant un an le pseudonyme Marcus, avant de choisir Norma. Norma est principalement connu pour avoir longtemps dessiné Capitaine Apache, une série pour la jeunesse écrite par Roger Lécureux et paraissant dans Pif Gadget. À partir des années 1990, il s’est tourné vers la bande dessinée historique avec des séries pré-publiées dans le magazine Vécu des éditions Glénat, telles que Les Souvenirs de la pendule et Pieter Hoorn, ou encore Saïto chez Soleil Productions.

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