Dans la collection de Ludovic 
Marcel Thierry, Brin-D’amour, chien français - Planche originale
24 

Brin-D’amour, chien français

Planche originale
1946
Encre de Chine
32 x 24.5 cm (12.6 x 9.65 in.)
Ajoutée le 20/09/2026
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Page publiée

Description

Brin-d’Amour, chien français ! - 
Épisode VI (sur 8)

Planche publiée dans Le Journal des Voyages n°6 du 4 avril 1946

Crayon et encre de Chine sur papier
Texte manuscrit au crayon sous les images


Inscriptions / Signatures

M. Thierry

Commentaire

À propos de Marcel Thierry et de sa série Brin-d’Amour

Maquettiste de formation, Marcel Thierry est un illustrateur de l'immédiat après-guerre dont l'œuvre, largement disséminée dans la presse, demeure méconnue. Dans les années 1940 et 1950, il travaille pour plusieurs journaux, dont L'Aurore, mais c'est surtout au Journal des Voyages qu'il déploie pleinement son talent. Lors de la dernière série de la revue, 148 numéros publiés entre 1946 et 1949, Thierry réalise de très nombreuses couvertures, ainsi qu'une grande part des illustrations intérieures, entre humour et aventure.

C'est dans ce contexte qu'il crée Brin-d'Amour, petit chien espiègle dont les mésaventures occupent les huit premiers numéros de la nouvelle formule du Journal des Voyages. Cette planche en constitue le sixième épisode. Thierry adopte un trait vif et nerveux à un moment où le médium cherche encore sa forme, gags visuels, répliques sous l'image plutôt qu'en phylactères, narration encore proche de l'illustré du début du siècle. Comme le souligne Benoît Peeters dans sa conférence Pour une histoire de la BD : 2/10 – La bande dessinée en France, de Gustave Doré à Paul Gillon (disponible sur YouTube), cette période est celle d'une transition lente, où l'image, encore très liée à la tradition de l'illustration légendée, n'est pas totalement affranchie du texte explicatif, mais montre déjà une réelle maîtrise de la narration en une page.

Deux cases méritent une attention particulière. Dans la sixième, le « Madame ! Ma bonne maîtresse ! » lancé par le personnage noir agenouillé reprend le vocabulaire des rapports domestiques tel qu'il circulait dans l'imaginaire colonial français. À une époque où l'Empire colonial français demeure une réalité politique, ce type de scène passait pour un gag ordinaire.

La huitième case ajoute une dimension qu'on remarque moins au premier regard. Le même personnage, devenu chauffeur dans la dernière case, explique avoir emprunté la voiture à « un vieux camarade... un ancien du 2e Sénégalais », référence directe aux unités regroupées sous l'appellation de tirailleurs sénégalais, troupes coloniales levées en Afrique de l'Ouest française et engagées dans les deux guerres mondiales. Le gag joue deux fois du même ressort, le personnage noir est situé socialement par le service qu'il rend, mais aussi par un passé militaire colonial. Depuis son lancement en 1877, Le Journal des Voyages avait bâti son identité sur les récits d'aventures coloniales, cette page s'inscrit pleinement dans cet héritage éditorial.

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