In beboun7 's collection
René Deynis, Max Lenvers, Pierre Castex, 1969 - Jacques Flash - Comic Strip
13 

1969 - Jacques Flash

Comic Strip
1969
Ink
38 x 51.5 cm (14.96 x 20.28 in.)
Added on 4/17/26
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Description

Dernière planche de l'épisode "La folie des diamants" publiée dans Pif 18 du 13/06/1969

Comment

Jacques Flash est une série française de bande dessinée policière à dimension fantastique, publiée de 1956 à 1973 dans Vaillant puis Pif Gadget. Le personnage, journaliste, doit l’originalité durable de la série à l’usage occasionnel d’un sérum d’invisibilité, mis au point par le savant Folven, qui lui permet d’assister efficacement les services de police dans leurs enquêtes. Créée par Jean Ollivier au scénario et Pierre Le Guen au dessin, la série connaît plusieurs relais graphiques avant de trouver sa forme la plus stable au début des années 1960. Après Gérald Forton (1959 1961), la reprise confiée à René Deynis marque une étape décisive dans l’identité visuelle et narrative de Jacques Flash.

René Deynis et la période de maturité (1962 1973)

René Deynis assure la série sans interruption jusqu’à son arrêt en 1973, ce qui fait de lui le principal artisan graphique du personnage et le dessinateur qui l’a le plus durablement marqué. Dessinateur réaliste « rapide et efficace », Deynis impose un trait sobre, lisible et rigoureux, dans la parfaite lignée des dessinateurs américains des années 30. À partir de 1968, René Deynis est assisté par Max Lenvers, qui participe au dessin de certains épisodes, notamment à l’encrage. Les intrigues, scénarisées principalement par Pierre Castex à partir de 1962, mêlent espionnage, criminalité internationale, technologies émergentes et science-fiction modérée, tout en conservant une structure de récit policier classique.

La période Deynis Lenvers correspond à la phase de maturité de Jacques Flash, tant sur le plan graphique que narratif. Si la série ne connaît pas la notoriété durable de certains héros du journal, elle demeure un jalon de la bande dessinée policière française d’après guerre, et l’une des œuvres majeures de René Deynis.

Analyse graphique

Graphiquement, la planche repose sur un réalisme sobre, caractéristique de la période René Deynis. Les décors — intérieurs administratifs, couloirs, rue urbaine, façade bâtie, véhicule — sont traités avec une précision fonctionnelle : lignes droites fermes, volumes clairement définis, perspectives simples mais efficaces. Rien n’est décoratif ; chaque élément sert la lisibilité de l’espace et la circulation des corps, visibles ou non.

L’originalité de la série tient à la représentation de Jacques Flash invisible, même s’il est peu présent sur cette planche. Deynis choisit une esquisse extrêmement fine, presque hésitante : un simple contour, parfois réduit à quelques traits discontinus, qui suggèrent davantage une présence qu’une forme. Ce choix produit un effet paradoxal : l’invisible n’est pas rendu spectaculaire, mais fragile, presque précaire. Le regard du lecteur doit activement chercher la trace du héros, apprendre à repérer ces lignes minimales disséminées dans la case.
L’invisibilité devient ainsi un phénomène graphique avant d’être narratif : elle modifie la manière de lire l’image, impose une attention accrue aux marges, aux interstices du dessin.
Le contraste est accentué par le traitement des autres figures humaines, dessinées de manière pleine et compacte, avec des aplats noirs marqués et des volumes solidement ancrés. Le noir et blanc est exploité de façon très contrôlée. Les noirs servent principalement à structurer l’espace (portes, ombres, vêtements). Enfin, la planche se distingue par une narration visuelle claire, où l’action progresse par déplacements, dialogues et transitions spatiales plutôt que par effets dynamiques.

Dans cette planche, l’art de René Deynis atteint une forme de maturité silencieuse : le dessin ne cherche pas à montrer l’extraordinaire, mais à l’inscrire dans l’ordinaire, par le biais d’un trait précis et parfaitement contrôlé. Jacques Flash, réduit à une trace presque imperceptible, devient ainsi l’un des rares héros de bande dessinée dont la présence se mesure à ce qui manque dans l’image.

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About René Deynis

René Deynis made his debut as an illustrator for the magazines Fillette and Vaillant. For Vaillant, Deynis took on drawing comics in 1959 by succeeding Jacques Souriau on 'Jean et Jeanette'. Three years later he did the artwork for the 'Jacques Flash' series after Pierre Leguen and Gerald Forton. After doing some illustration work for a few magazines (Radar, Amis-Coop, Pilote), Deynis turned to writing scenarios due to an injury on his hand. For six years, he wrote the series 'Les Espadons' for Gaty and Dominique Sérafini in Le Journal de Mickey. In 1975 however, René Deynis took on drawing again, taking on 'Oscar Mittoman' in Tintin and two educational comic books at Chancerel/Fleurus. In the 1980s he joined the Five Stars Studios, where he worked on series such as 'Albator' for the periodical Captain Fulgur, together with Pierre Leguen, Christian Gaty, Max Lenvers and Philippe Luguy. Text (c) Lambiek