In beboun7 's collection
1968 - Les AS
Ink
Et indications mise en couleur
35 x 41 cm (13.78 x 16.14 in.)
Added on 4/10/26
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Description
Planche publiée dans Vaillant 1216 du 22/09/1968
Comment
Lorsque Les As apparaissent pour la première fois le 29 décembre 1963 dans les pages de Vaillant numéro 972, ils n’ont rien des super héros auxquels leur titre pourrait faire penser. Sous la plume et le crayon de Greg, ils forment une petite bande de gamins de Ménilmontant, animés moins par un sens aigu du devoir que par une joyeuse aspiration à l’aventure. En 1963, Greg démarche Vaillant. Le rédacteur en chef d’alors, en froid avec Tabary qu’il considère comme casse-pied, lui proposer d’imaginer une série centrée sur des enfants … un peu à la manière de Totoche…. Ainsi naissent Les As, qui seront ensuite également publiés dans Pif Gadget jusqu’en 1973.
L’univers de la série s’enracine dans un Paris populaire et familier, où les ruelles et les escaliers de Ménilmontant deviennent un terrain d’exploration. Quentin Gentil, chef naturel et enthousiaste, entraîne ses camarades dans des aventures qui oscillent entre la fantaisie et le polar burlesque. Autour de lui gravitent Pivoine Agénor, éternel gourmand et livreur de pâtisseries, Calixte Hautcœur dit « Génie », bricoleur hors pair, Copain le passionné de rock’n’roll, sa sœur jumelle Mouche, et le chien Dragon, mascotte indispensable du groupe. Tous sont animés par la même naïveté tenace et par un sens aigu du jeu : ils prétendent « chasser les pilleurs de diligence, sauver les princesses en danger et organiser des excursions le dimanche », programme qui résume à lui seul le ton ludique et décalé de la série. Ce qui fait la singularité de la série, c’est ce mélange de réalisme urbain et de fantaisie débridée : les enfants affrontent des « malfaiteurs » souvent plus bêtes que dangereux, et triomphent toujours grâce à l’ingéniosité, au courage ou à la chance.
Entre 1963 et 1968, Les As vivent une douzaine de longues aventures et plus d’une soixantaine d’histoires courtes, témoignant de leur popularité durable auprès des jeunes lecteurs du journal et de la capacité de Greg de livrer sans faute toutes ses histoires, bien aidée en cela par son « atelier » où il peut compter sur Dany, Dupa, Vicq, De Groot, et à l’occasion Turk et Hermann…
Analyse graphique
Graphiquement, cette planche condense tout ce qui caractérise Greg dans Les As : un trait vif, élastique, qui privilégie le mouvement ; des expressions démesurées mais parfaitement contrôlées ; un sens aigu du gag visuel et du contrepoint entre sérieux et burlesque.
Le mouvement traverse la planche comme un courant d’air. Dans les premiers instants, les corps se penchent, trébuchent, s’agitent ; un personnage détale comme une flèche, un autre se fait happer par une bousculade qui explose en un « BANG » graphique, massif, presque sculpté. Les onomatopées — BANG, THOC, BONG — surgissent comme de véritables secousses graphiques, parfaitement intégrées au mouvement.
Le découpage, si simple en apparence, fonctionne comme une respiration mesurée. Les cases s’enchaînent avec naturel, comme des battements : un plan serré qui capte un regard inquiet, une scène plus large où les silhouettes se détachent sur des collines esquissées, puis une nouvelle contraction du cadre lorsque les héros se parlent ou se chamaillent. Greg ne surcharge jamais. Ce dépouillement révélé amplifie l’humour. Les personnages n’ont pas besoin de grimaces outrées pour faire sourire : leur simple posture, leur manière de se tenir, d’attendre, de se vexer ou de s’emballer suffit à créer la connivence.
Un exemple de bande dessinée jeunesse des années Vaillant : vive, claire, ludique, et d’une grande maîtrise formelle.
L’univers de la série s’enracine dans un Paris populaire et familier, où les ruelles et les escaliers de Ménilmontant deviennent un terrain d’exploration. Quentin Gentil, chef naturel et enthousiaste, entraîne ses camarades dans des aventures qui oscillent entre la fantaisie et le polar burlesque. Autour de lui gravitent Pivoine Agénor, éternel gourmand et livreur de pâtisseries, Calixte Hautcœur dit « Génie », bricoleur hors pair, Copain le passionné de rock’n’roll, sa sœur jumelle Mouche, et le chien Dragon, mascotte indispensable du groupe. Tous sont animés par la même naïveté tenace et par un sens aigu du jeu : ils prétendent « chasser les pilleurs de diligence, sauver les princesses en danger et organiser des excursions le dimanche », programme qui résume à lui seul le ton ludique et décalé de la série. Ce qui fait la singularité de la série, c’est ce mélange de réalisme urbain et de fantaisie débridée : les enfants affrontent des « malfaiteurs » souvent plus bêtes que dangereux, et triomphent toujours grâce à l’ingéniosité, au courage ou à la chance.
Entre 1963 et 1968, Les As vivent une douzaine de longues aventures et plus d’une soixantaine d’histoires courtes, témoignant de leur popularité durable auprès des jeunes lecteurs du journal et de la capacité de Greg de livrer sans faute toutes ses histoires, bien aidée en cela par son « atelier » où il peut compter sur Dany, Dupa, Vicq, De Groot, et à l’occasion Turk et Hermann…
Analyse graphique
Graphiquement, cette planche condense tout ce qui caractérise Greg dans Les As : un trait vif, élastique, qui privilégie le mouvement ; des expressions démesurées mais parfaitement contrôlées ; un sens aigu du gag visuel et du contrepoint entre sérieux et burlesque.
Le mouvement traverse la planche comme un courant d’air. Dans les premiers instants, les corps se penchent, trébuchent, s’agitent ; un personnage détale comme une flèche, un autre se fait happer par une bousculade qui explose en un « BANG » graphique, massif, presque sculpté. Les onomatopées — BANG, THOC, BONG — surgissent comme de véritables secousses graphiques, parfaitement intégrées au mouvement.
Le découpage, si simple en apparence, fonctionne comme une respiration mesurée. Les cases s’enchaînent avec naturel, comme des battements : un plan serré qui capte un regard inquiet, une scène plus large où les silhouettes se détachent sur des collines esquissées, puis une nouvelle contraction du cadre lorsque les héros se parlent ou se chamaillent. Greg ne surcharge jamais. Ce dépouillement révélé amplifie l’humour. Les personnages n’ont pas besoin de grimaces outrées pour faire sourire : leur simple posture, leur manière de se tenir, d’attendre, de se vexer ou de s’emballer suffit à créer la connivence.
Un exemple de bande dessinée jeunesse des années Vaillant : vive, claire, ludique, et d’une grande maîtrise formelle.
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About Greg
Michel Greg, one of the most prolific of French-Belgian comics creators, has worked in a variety of genres, from realism to humor. He is best known for such humorous series as 'Achille Talon', 'Rock Derby' and 'Zig et Puce', and as the writer of the realistic comics 'Comanche', 'Bernard Prince' and 'Bruno Brazil'.