Dans la collection de beboun7
Description
Planche 2 de Vaillant 929 du 3/3/1963
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Eugène Gire (1906 1979), l’un des dessinateurs les plus prolifiques du Groupe Vaillant, est actif dans le journal dès 1945 dont il dessine le logo. Présent à partir du premier numéro avec Les aventures de R.Hudi junior, il dessinera plusieurs histoires (voir les planches pour Vaillante https://2dg.me/5one et https://2dg.me/5ouh) et séries jusqu’en 1968, année pendant laquelle il est frappé d’hémiplégie, l’obligeant à abandonner le dessin. Durant les années 60, Gire occupe une place importante au sein du journal Vaillant, notamment grâce à son immense production humoristique : La Pension Radicelle (de 1947 à 1968), A. Bâbord et Père O.K. (1949 67), de nombreux jeux illustrés (Les jeux du Père O.K., Jouons avec Saturnin…)
Kam et Rah, les terribles : une série emblématique
Kam et Rah, duo humoristique créé par Gire, sont définis comme « deux bandits qui terminent invariablement leurs chevauchées en prison ». Leur univers mélange humour burlesque, parodie de western et situations rocambolesques, dans une ambiance rappelant les comédies burlesques. La série apparaît d’abord brièvement dans Caméra 34, puis s’installe durablement dans Vaillant entre 1955 et 1964, avec un grand nombre de récits complets, gags et couvertures signées.
L’art du chaos maîtrisé : analyse graphique de la planche
La planche se présente comme un condensé parfait du style graphique et narratif d’Eugène Gire au tournant des années 1950 1960. On y retrouve son trait nerveux et souple, son sens de l’exagération comique, et son art naturel de la mise en scène, toujours en mouvement. La mise en page, très dense, multiplie les cases — quinze — ce qui installe d’emblée un rythme rapide, quasi trépidant, essentiel à l’efficacité humoristique de la série. Chaque vignette fonctionne comme une petite unité comique, mais l’ensemble est relié par une continuité fluide, portée par le geste, les postures et les maladresses immédiates des personnages.
Le dessin de Gire repose sur un encrage vif, presque dansant, où les lignes courbes et les contours légèrement ondulés donnent aux silhouettes une impression de mobilité permanente. Rien n’est figé : même lorsqu’un personnage se tient immobile, son corps semble prêt à rebondir, trébucher, s’élancer ou protester. Les anatomies sont volontairement stylisées : bras et jambes s’allongent ou se plient selon les besoins du gag, les mains s’ouvrent largement pour soutenir l’expressivité, les torses se cambrent, les têtes basculent — tout participe à un langage corporel exagéré qui fait partie intégrante du comique visuel.
Les décors, quant à eux, se font discrets. Ils installent le cadre sans jamais détourner l’attention du lecteur : quelques arbres inclinés, des rochers arrondis, une façade, un porche, le tout esquissé avec rapidité, mais toujours avec une certaine élégance. Ce minimalisme décoratif permet aux personnages — et surtout à leurs gesticulations — de rester au centre du récit. Un aplat bleu gris, typique des originaux destinés à l’impression en bichromie, vient ponctuer les scènes en suggérant les ombres, les volumes ou les arrière plans. Cette couleur n’alourdit jamais la case : elle crée une hiérarchie visuelle douce, suffisamment subtile pour séparer les plans tout en maintenant la légèreté de l’ensemble.
La grande case centrale est peut être la plus révélatrice du style de Gire : une scène grouillante où une multitude de personnages s’agitent, se croisent, trébuchent, discutent, réclament, protestent. On y reconnaît son goût pour ces compositions tumultueuses qui rappellent La Pension Radicelle. Dans cette mêlée bien ordonnée, chaque corps raconte quelque chose, chaque détail nourrit le gag et participe à l’impression générale de chaos parfaitement contrôlé.
La force narrative de la planche tient justement à cette capacité à enchaîner les gags en un flux continu. On ne lit pas seulement la page ; on la regarde se dérouler comme une petite comédie visuelle. Ainsi, cette planche est un très bel exemple du savoir faire de Gire : une joyeuse mécanique de gestes, de regards et de maladresses ; une chorégraphie comique où tout semble léger, spontané, presque improvisé — alors même que tout, dans la précision de son trait et l’équilibre de sa composition, témoigne du travail d’un maître sûr de son art.
Kam et Rah, les terribles : une série emblématique
Kam et Rah, duo humoristique créé par Gire, sont définis comme « deux bandits qui terminent invariablement leurs chevauchées en prison ». Leur univers mélange humour burlesque, parodie de western et situations rocambolesques, dans une ambiance rappelant les comédies burlesques. La série apparaît d’abord brièvement dans Caméra 34, puis s’installe durablement dans Vaillant entre 1955 et 1964, avec un grand nombre de récits complets, gags et couvertures signées.
L’art du chaos maîtrisé : analyse graphique de la planche
La planche se présente comme un condensé parfait du style graphique et narratif d’Eugène Gire au tournant des années 1950 1960. On y retrouve son trait nerveux et souple, son sens de l’exagération comique, et son art naturel de la mise en scène, toujours en mouvement. La mise en page, très dense, multiplie les cases — quinze — ce qui installe d’emblée un rythme rapide, quasi trépidant, essentiel à l’efficacité humoristique de la série. Chaque vignette fonctionne comme une petite unité comique, mais l’ensemble est relié par une continuité fluide, portée par le geste, les postures et les maladresses immédiates des personnages.
Le dessin de Gire repose sur un encrage vif, presque dansant, où les lignes courbes et les contours légèrement ondulés donnent aux silhouettes une impression de mobilité permanente. Rien n’est figé : même lorsqu’un personnage se tient immobile, son corps semble prêt à rebondir, trébucher, s’élancer ou protester. Les anatomies sont volontairement stylisées : bras et jambes s’allongent ou se plient selon les besoins du gag, les mains s’ouvrent largement pour soutenir l’expressivité, les torses se cambrent, les têtes basculent — tout participe à un langage corporel exagéré qui fait partie intégrante du comique visuel.
Les décors, quant à eux, se font discrets. Ils installent le cadre sans jamais détourner l’attention du lecteur : quelques arbres inclinés, des rochers arrondis, une façade, un porche, le tout esquissé avec rapidité, mais toujours avec une certaine élégance. Ce minimalisme décoratif permet aux personnages — et surtout à leurs gesticulations — de rester au centre du récit. Un aplat bleu gris, typique des originaux destinés à l’impression en bichromie, vient ponctuer les scènes en suggérant les ombres, les volumes ou les arrière plans. Cette couleur n’alourdit jamais la case : elle crée une hiérarchie visuelle douce, suffisamment subtile pour séparer les plans tout en maintenant la légèreté de l’ensemble.
La grande case centrale est peut être la plus révélatrice du style de Gire : une scène grouillante où une multitude de personnages s’agitent, se croisent, trébuchent, discutent, réclament, protestent. On y reconnaît son goût pour ces compositions tumultueuses qui rappellent La Pension Radicelle. Dans cette mêlée bien ordonnée, chaque corps raconte quelque chose, chaque détail nourrit le gag et participe à l’impression générale de chaos parfaitement contrôlé.
La force narrative de la planche tient justement à cette capacité à enchaîner les gags en un flux continu. On ne lit pas seulement la page ; on la regarde se dérouler comme une petite comédie visuelle. Ainsi, cette planche est un très bel exemple du savoir faire de Gire : une joyeuse mécanique de gestes, de regards et de maladresses ; une chorégraphie comique où tout semble léger, spontané, presque improvisé — alors même que tout, dans la précision de son trait et l’équilibre de sa composition, témoigne du travail d’un maître sûr de son art.
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A propos de Eugène Gire
Eu.Gire commence sa carrière de dessinateur et illustrateur humoristique en 1937 à la Société parisienne d'édition, dans L'Épatant (1937-1939) et L'Almanach Vermot (1940). Il travaille aussi pour diverses revues avant guerre, et au Téméraire sous l'Occupation mais c'est à la libération que sa carrière décolle. En 1941, il se lance dans la bande dessinée avec Toto Tourbillon, puis en 1943, il figure au sommaire d'Hardi Les Gars. Il entre chez Vaillant dès 1945, pour qui il réalise entre autres Les Aventures de R. Hudi Junior puis La Pension Radicelle très inspirée par Pim Pam Poum, Kam et Rah, et A. Bâbord et Père O.K..
En 1946, il participe à Vaillante le Journal des Fillettes, où il adapte Alice au Pays des Merveilles, mais il entreprend aussi diverses histoires pour la S.A.E.T.L. (Société anonyme d'éditions techniques et littéraires). En 1947, il dessine le Corsaire volant et Poste 304 dans Bob et Bobette. De 1948 à 1951, il travaille avec la "Collection Hurrah !" (des aventures de Zorro et de western), puis en 1952, il reprend le Maître des corsaires et anime le Premier Exploit du jeune Tourville dans le Corsaire. En 1954, il réalise Jim Ouragan, publié dans Red Canyon et Ouragan.
Il travaille aussi dans les petits formats de Mon journal avec Capt'ain Vir de Bor qu'il transmet à son fils Michel-Paul Giroud, Jean Tambour ou Le messager du Roy Henri.