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Eugène Gire, 1963 - Kam et Rah, les terribles - Comic Strip
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1963 - Kam et Rah, les terribles

Comic Strip
1963
Ink
47 x 57 cm (18.5 x 22.44 in.)
Added on 3/20/26
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Description

Planche 2 de Vaillant 929 du 3/3/1963

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Eugène Gire (1906 1979), l’un des dessinateurs les plus prolifiques du Groupe Vaillant, est actif dans le journal dès 1945 dont il dessine le logo. Présent à partir du premier numéro avec Les aventures de R.Hudi junior, il dessinera plusieurs histoires (voir les planches pour Vaillante https://2dg.me/5one et https://2dg.me/5ouh) et séries jusqu’en 1968, année pendant laquelle il est frappé d’hémiplégie, l’obligeant à abandonner le dessin. Durant les années 60, Gire occupe une place importante au sein du journal Vaillant, notamment grâce à son immense production humoristique : La Pension Radicelle (de 1947 à 1968), A. Bâbord et Père O.K. (1949 67), de nombreux jeux illustrés (Les jeux du Père O.K., Jouons avec Saturnin…)

Kam et Rah, les terribles : une série emblématique

Kam et Rah, duo humoristique créé par Gire, sont définis comme « deux bandits qui terminent invariablement leurs chevauchées en prison ». Leur univers mélange humour burlesque, parodie de western et situations rocambolesques, dans une ambiance rappelant les comédies burlesques. La série apparaît d’abord brièvement dans Caméra 34, puis s’installe durablement dans Vaillant entre 1955 et 1964, avec un grand nombre de récits complets, gags et couvertures signées.

L’art du chaos maîtrisé : analyse graphique de la planche

La planche se présente comme un condensé parfait du style graphique et narratif d’Eugène Gire au tournant des années 1950 1960. On y retrouve son trait nerveux et souple, son sens de l’exagération comique, et son art naturel de la mise en scène, toujours en mouvement. La mise en page, très dense, multiplie les cases — quinze — ce qui installe d’emblée un rythme rapide, quasi trépidant, essentiel à l’efficacité humoristique de la série. Chaque vignette fonctionne comme une petite unité comique, mais l’ensemble est relié par une continuité fluide, portée par le geste, les postures et les maladresses immédiates des personnages.

Le dessin de Gire repose sur un encrage vif, presque dansant, où les lignes courbes et les contours légèrement ondulés donnent aux silhouettes une impression de mobilité permanente. Rien n’est figé : même lorsqu’un personnage se tient immobile, son corps semble prêt à rebondir, trébucher, s’élancer ou protester. Les anatomies sont volontairement stylisées : bras et jambes s’allongent ou se plient selon les besoins du gag, les mains s’ouvrent largement pour soutenir l’expressivité, les torses se cambrent, les têtes basculent — tout participe à un langage corporel exagéré qui fait partie intégrante du comique visuel.

Les décors, quant à eux, se font discrets. Ils installent le cadre sans jamais détourner l’attention du lecteur : quelques arbres inclinés, des rochers arrondis, une façade, un porche, le tout esquissé avec rapidité, mais toujours avec une certaine élégance. Ce minimalisme décoratif permet aux personnages — et surtout à leurs gesticulations — de rester au centre du récit. Un aplat bleu gris, typique des originaux destinés à l’impression en bichromie, vient ponctuer les scènes en suggérant les ombres, les volumes ou les arrière plans. Cette couleur n’alourdit jamais la case : elle crée une hiérarchie visuelle douce, suffisamment subtile pour séparer les plans tout en maintenant la légèreté de l’ensemble.

La grande case centrale est peut être la plus révélatrice du style de Gire : une scène grouillante où une multitude de personnages s’agitent, se croisent, trébuchent, discutent, réclament, protestent. On y reconnaît son goût pour ces compositions tumultueuses qui rappellent La Pension Radicelle. Dans cette mêlée bien ordonnée, chaque corps raconte quelque chose, chaque détail nourrit le gag et participe à l’impression générale de chaos parfaitement contrôlé.

La force narrative de la planche tient justement à cette capacité à enchaîner les gags en un flux continu. On ne lit pas seulement la page ; on la regarde se dérouler comme une petite comédie visuelle. Ainsi, cette planche est un très bel exemple du savoir faire de Gire : une joyeuse mécanique de gestes, de regards et de maladresses ; une chorégraphie comique où tout semble léger, spontané, presque improvisé — alors même que tout, dans la précision de son trait et l’équilibre de sa composition, témoigne du travail d’un maître sûr de son art.

Publication

  • Vaillant
  • Vaillant
  • 03/1963
  • Interior page

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About Eugène Gire

Eugène Giroud, better known as Eugène Gire, was born in the Ardèche and started illustrating in 1935. Two years later, he drew his first comic strip, 'Hégésippe Dupont', for L'Épatant. From the early 1940s, Gire took on creating comics for Collection Junior of Éditions des Remparts ('Toto Tourbillon') and for the magazine Hardi Les Gars. Starting in 1945, he created various comics for the Collection Chiche, like 'Londa', 'Brouille et Petrouchka', 'La Guerre des Micropoussites', 'Télé et Fone' and 'Histoire de Huipatte et Hurrar'. Starting in 1946, Gire was one of the most prolific authors for the Groupe Vaillant. For their main periodical Vaillant, he created humorous series like 'La Pension Radicelle', 'À Babord' and 'Père O.K.'. He was also present in the female equivalent of the magazine, Vaillante, with 'Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles' and 'Les Mille et une Nuits'. In addition, he made the series 'R. Hudi Junior' in Dimanche Fillette and 34 Caméra, 'Kam et Rah les Terribles' for Caméra and 'Le Gars lent Fierabras' in Ce Soir. Due to serious illness, Gire had to quit all his activities in 1968. Some of his series were continued by his son, Michel-Paul Giroud. Text (c) Lambiek