Dans la collection de beboun7
René Bastard, 1947 - La paladin de Sherwood - Planche originale
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1947 - La paladin de Sherwood

Planche originale
1947
Encre de Chine
25 x 32.5 cm (9.84 x 12.8 in.)
Ajoutée le 20/02/2026
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Publication en 1947
René Bastard

Description

Première planche de "Le paladin de Sherwood"
Parution Vaillante n°5 (20/02/1947)

Inscriptions / Signatures

Signée

Commentaire

Ancien dessinateur chez un marbrier, ancien sculpteur, ancien graveur, René Bastard (1900–1975) se met au dessin au début des années 1940 en plaçant plusieurs petites bandes dessinées pour le journal Hardi les gars. Contacté par Roger Lécureux, il entre dans l’équipe du journal Vaillant en 1946, où il va rapidement se consacrer aux premiers épisodes de Nasdine Hodja de ce scénariste prolifique.
En même temps, l’éditeur de Vaillant lance dès novembre 1946 un périodique spécifiquement destiné aux jeunes lectrices : Vaillante, le journal des fillettes, dont les 58 numéros connus couvrent la période du 15 novembre 1946 au 26 février 1948. Ce journal, au format 8 pages, propose histoires illustrées, bandes dessinées originales et chroniques variées. C’est dans ce contexte éditorial que René Bastard est sollicité pour produire l'un de ses premiers récits.

Le Paladin de Sherwood : la première série de Bastard pour Vaillante

La série Le Paladin de Sherwood apparaît dans Vaillante à partir du numéro 5 (20/02/47) et se poursuit jusqu'au numéro 12 (10/04/47). Les pages sont publiées au fil du fascicule, souvent en position centrale.
Cette histoire semble être la première des nombreuses versions de Robin des Bois qui seront proposées par la suite dans Vaillant puis Pif, dessinées par le duo Gaty-Nortier puis par Eduardo Coelho sur scénario de Jean Ollivier.
Cette première participation à Vaillante montre l’un des premiers travaux réguliers de René Bastard publiés dans la presse Vaillant, juste avant l’essor de Yves le Loup, qui démarre en juin 1947 en collaboration avec Jean Ollivier et qui sera l’œuvre-phare de sa carrière.

Robin des Bois, une figure idéale pour un journal humaniste et engagé comme Vaillant
L’utilisation d’un personnage inspiré de Robin des Bois dans une série comme Le Paladin de Sherwood trouve une résonance particulière dans l’univers éditorial de Vaillant, héritier du journal clandestin Le Jeune Patriote, marqué à la fois par un humanisme militant et par une sensibilité communiste affirmée après la Libération.
Dans ce contexte, Robin des Bois — champion des opprimés, rebelle contre l’injustice sociale et redistributeur des richesses mal acquises — constitue un héros parfaitement compatible avec les valeurs que le journal entend transmettre à la jeunesse. Vaillant publie en effet des récits fortement marqués par l’empathie envers les humbles, la solidarité, la révolte contre les inégalités et une vision fraternelle du monde, valeurs déjà perceptibles dans plusieurs séries fondatrices comme Fifi, gars du Maquis, centrée sur la Résistance et le combat contre l’oppression.
Proposer une déclinaison « féminisée » ou adaptée au lectorat de Vaillante via Le Paladin de Sherwood permettait donc de transmettre ces idéaux sous une forme romanesque, accessible et enthousiasmante, en utilisant un imaginaire médiéval populaire mais porteur d’un message clair : défendre les faibles, lutter contre les abus de pouvoir et croire en la justice collective.
En choisissant René Bastard pour illustrer ce récit, le journal associait à cette vision un dessinateur maîtrisant le registre réaliste, au trait fin, capable de donner corps à un héros dont la dimension morale correspondait pleinement à la ligne éditoriale engagée adoptée par Vaillant dans l’immédiat après guerre.

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A propos de René Bastard

Il entre à Vaillant en 1946. Il dessine d'abord quelques épisode de Nasdine Hodja, scénarisé par Roger Lécureux. C'est en 1947 qu'il entame une collaboration de quatorze ans avec Jean Ollivier sur la série Yves le Loup. A Vaillante il dessine Arkya la fille des dunes, sur des textes d'Henri Bourdens. En 1960 il interrompt la série, qui est reprise par E.T. Coelho. Il reprendra en 1964 pour arrêter deux ans plus tard.