In Jan 's collection
Description
Peinture
Comment
Lorenzo Mattotti — Van Gogh sous la pluie
Une silhouette rouge sous une pluie battante. La figure avance, ou plutôt tient, au milieu d'un monde qui tombe. Chez Lorenzo Mattotti, cette pluie n'est pas de l'eau — c'est de la couleur en chute libre, des traits verts, bleus, violets qui frappent la feuille en rythme. On croirait pouvoir l'entendre. Et au cœur de cette averse, le rouge de la silhouette agit comme un noyau incandescent : un infrarouge de l'âme, qui refuse de s'éteindre.
Ce Van Gogh n'est pas une victime des éléments. Dans sa dernière chanson-testament, You Want It Darker, Leonard Cohen reprenait le mot par lequel Abraham répond à l'appel : Hineni — me voici. C'est exactement la posture de cette figure : un « me voici » inconditionnel face à l'accablant. Ce n'est pas de la ré‐signation ; c'est de la présence. L'artiste comme pèlerin de l'intériorité, qui accomplit ce voyage que nous devons tous, finalement, faire seuls.
Il y a une évolution qui se mesure ici. Le jeune Mattotti de Feux cherchait encore, selon ses propres mots, un exorcisme : laver les ténèbres dans la peinture, sauver sa peau par l'art. L'artiste mûr n'exorcise plus rien. Il a fait sienne cette autre ligne de Cohen, dans Anthem : there is a crack in everything, that's how the light gets in. L'harmonie de ces dessins ne naît pas malgré les lignes de fracture, mais grâce à elles.
La pluie qui devrait effacer la figure est précisément ce qui la révèle. Et il y a une troisième clé, que Mattotti nous a donnée lui-même, un soir, dans son atelier :cette série parle aussi de liberté — celle de la route, et celle, plus grande encore, du geste de peindre.
Van Gogh sous la pluie est ainsi bien plus qu'un hommage au peintre le plus pillé de l'histoire de l'image.nC'est une méditation sur la persévérance : le portrait d'un homme qui ne masque plus les fissures de l'existence, mais qui reste debout dedans — et qui, ce faisant, les transforme en source de lumière.
Une silhouette rouge sous une pluie battante. La figure avance, ou plutôt tient, au milieu d'un monde qui tombe. Chez Lorenzo Mattotti, cette pluie n'est pas de l'eau — c'est de la couleur en chute libre, des traits verts, bleus, violets qui frappent la feuille en rythme. On croirait pouvoir l'entendre. Et au cœur de cette averse, le rouge de la silhouette agit comme un noyau incandescent : un infrarouge de l'âme, qui refuse de s'éteindre.
Ce Van Gogh n'est pas une victime des éléments. Dans sa dernière chanson-testament, You Want It Darker, Leonard Cohen reprenait le mot par lequel Abraham répond à l'appel : Hineni — me voici. C'est exactement la posture de cette figure : un « me voici » inconditionnel face à l'accablant. Ce n'est pas de la ré‐signation ; c'est de la présence. L'artiste comme pèlerin de l'intériorité, qui accomplit ce voyage que nous devons tous, finalement, faire seuls.
Il y a une évolution qui se mesure ici. Le jeune Mattotti de Feux cherchait encore, selon ses propres mots, un exorcisme : laver les ténèbres dans la peinture, sauver sa peau par l'art. L'artiste mûr n'exorcise plus rien. Il a fait sienne cette autre ligne de Cohen, dans Anthem : there is a crack in everything, that's how the light gets in. L'harmonie de ces dessins ne naît pas malgré les lignes de fracture, mais grâce à elles.
La pluie qui devrait effacer la figure est précisément ce qui la révèle. Et il y a une troisième clé, que Mattotti nous a donnée lui-même, un soir, dans son atelier :cette série parle aussi de liberté — celle de la route, et celle, plus grande encore, du geste de peindre.
Van Gogh sous la pluie est ainsi bien plus qu'un hommage au peintre le plus pillé de l'histoire de l'image.nC'est une méditation sur la persévérance : le portrait d'un homme qui ne masque plus les fissures de l'existence, mais qui reste debout dedans — et qui, ce faisant, les transforme en source de lumière.
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About Lorenzo Mattotti
Lorenzo Mattotti born in Brescia is an Italian comics artist as well as an illustrator. His illustrations have been published in magazines such as Cosmopolitan, Vogue, The New Yorker, Le Monde and Vanity Fair. In comics, Mattotti won an Eisner Award in 2003 for his Dr Jekyll & Mr Hyde graphic novel.