Dans la collection de PYJetzer
Valérian Métro Châtelet Direction Cassiopée
Planche originale
1979
Encre de Chine
37 x 46 cm (14.57 x 18.11 in.)
Dimensions de la partie dessinée. Support 40x50 cm
Ajoutée le 18/05/2026
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Description
Métro Châtelet Direction Cassiopée planche 20
Commentaire
Je croise Jean-Claude Mézières à deux reprises.
La première fois c'est en avril 1981 à l'occasion d'une expo-dédicace à la librairie La Marge, le temple genevois de Rolf Kesselring. Anar, contrebandier, pornophile, distributeur moitié idéaliste moitié ripou (il coulera le premier Echo des Savanes...), premier éditeur de Caza, Loisel, Philippe Bertrand et quelques autres (qu'il ne paiera pour la plupart jamais...), détenteur entre autres des droits dérivés de Barbarella, Kesselring vient de déménager La Marge dans le prestigieux Passage Malbuisson au cœur de la Cité de Calvin (qu'il déteste !)...
Je suis client de la librairie et ami avec le vendeur, Patrick Bertholet, que Kesselring licenciera peu après dans des conditions indignes (après l'avoir considéré un temps comme son propre fils). Comme il y a du travail, que je suis étudiant et prof à temps partiel, Kesselring m'engage pour organiser des expos au second niveau de la librairie. Ce sera d'abord Cosey qui vient de terminer le septième Jonathan, le magnifique Kate... Puis Mézières lui succédera avec une soixantaine de planches et de dessins (parmi lesquels certains sont visibles maintenant sur 2DG...) À l'époque, rares sont les dessinateurs qui vendent et ces deux expos ne sont là que pour les yeux. Mais pour les amateurs, c'est souvent une première... et un choc qu'ils n'oublieront pas ! D'autant que Mézières est là au vernissage et dédicace son nouvel album, Brooklin Station Terminus Cosmos. La journée se terminera au restaurant avec à la clef une longue conversation autour de la BD, de la SF, de Moebius et des élections qui s'annoncent en France (et verront la reconduction de François Mitterrand à la présidence de la république). Mais malgré le fait que je possède alors déjà quelques originaux de dessinateurs belges achetés à vil prix à Bruxelles (Macherot, Tillieux, Dany, Mitteï...), il ne sera jamais question ce soir-là de l'acquisition éventuelle d'une planche du maestro avec qui je suis à table (et dont je monopolise la conversation, ce qui me vaudra l'une des colères coutumières de Kesselring.) Je suis alors trop timide, peut-être, ou je considère de tels chefs-d'œuvre comme totalement hors de ma portée, je ne sais plus...
La seconde rencontre avec Jean-Claude Mézières a lieu 10 ans plus tard, au festival de Sierre, sur le stand des Humanoïdes associés, pour lesquels Mézières travaille, avec Christin et quelques autres, sur une série au concept très nouveau pour le vieux continent (mais qui sera largement copié par la suite), Canal Choc, dont quatre albums seront publiés entre juin 1990 et septembre 1992. Je ne cherche pas à lui rappeler notre précédente rencontre, persuadé qu'il l'a forcément oubliée... Par contre, ma collection s'étant étoffée, je lui parle originaux et c'est très naturellement qu'il me propose de lui soumettre une liste de 10 planches afin de m'en vendre une à son retour à Paris.
Le coup des 10 planches est un truc assez pervers qu'emploieront de nombreux dessinateurs à cette époque, dont Hermann lorsqu'il me vendra ma première Bernard Prince. Sous prétexte de pouvoir lister au futur client ce qui est disponible, le stratagème permet en fait au dessinateur de ne proposer que les planches dont il se séparera le plus volontiers... Autant dire donc que cette Valérian n'était pas forcément mon premier choix ! Mais avec le temps, je la trouve très forte, issue d'une des meilleures périodes de Mézières et très représentative de ce style graphique que pompe Lucas depuis son premier Star Wars (paysages désertiques aux formes étranges, vaisseaux spatiaux démesurés et quasi gothiques, créatures grotesques et monstrueusement...comiques !)
Avec le recul, je me rends compte qu'il m'est très difficile de choisir une planche sans la voir, en me contentant de la version imprimée dans le magazine ou l'album. Je n'ai pas conservé la liste des 10 planches soumises à Mézières mais je suis certain d'avoir écarté des chefs-d'œuvre que je retrouve dans les collections proposées sur 2DG par des collectionneurs plus perspicaces que je ne l'ai été (et peut-être que je ne le suis encore).
Planche parue en noir et blanc dans le n° 77 de Pilote Mensuel en avril 1980, reprise ensuite, en couleurs, dans l'album Dargaud publié en juillet de la même année, puis, enfin, dans l'intégrale Valérian et Laureline tome 4 en novembre 2009.
La première fois c'est en avril 1981 à l'occasion d'une expo-dédicace à la librairie La Marge, le temple genevois de Rolf Kesselring. Anar, contrebandier, pornophile, distributeur moitié idéaliste moitié ripou (il coulera le premier Echo des Savanes...), premier éditeur de Caza, Loisel, Philippe Bertrand et quelques autres (qu'il ne paiera pour la plupart jamais...), détenteur entre autres des droits dérivés de Barbarella, Kesselring vient de déménager La Marge dans le prestigieux Passage Malbuisson au cœur de la Cité de Calvin (qu'il déteste !)...
Je suis client de la librairie et ami avec le vendeur, Patrick Bertholet, que Kesselring licenciera peu après dans des conditions indignes (après l'avoir considéré un temps comme son propre fils). Comme il y a du travail, que je suis étudiant et prof à temps partiel, Kesselring m'engage pour organiser des expos au second niveau de la librairie. Ce sera d'abord Cosey qui vient de terminer le septième Jonathan, le magnifique Kate... Puis Mézières lui succédera avec une soixantaine de planches et de dessins (parmi lesquels certains sont visibles maintenant sur 2DG...) À l'époque, rares sont les dessinateurs qui vendent et ces deux expos ne sont là que pour les yeux. Mais pour les amateurs, c'est souvent une première... et un choc qu'ils n'oublieront pas ! D'autant que Mézières est là au vernissage et dédicace son nouvel album, Brooklin Station Terminus Cosmos. La journée se terminera au restaurant avec à la clef une longue conversation autour de la BD, de la SF, de Moebius et des élections qui s'annoncent en France (et verront la reconduction de François Mitterrand à la présidence de la république). Mais malgré le fait que je possède alors déjà quelques originaux de dessinateurs belges achetés à vil prix à Bruxelles (Macherot, Tillieux, Dany, Mitteï...), il ne sera jamais question ce soir-là de l'acquisition éventuelle d'une planche du maestro avec qui je suis à table (et dont je monopolise la conversation, ce qui me vaudra l'une des colères coutumières de Kesselring.) Je suis alors trop timide, peut-être, ou je considère de tels chefs-d'œuvre comme totalement hors de ma portée, je ne sais plus...
La seconde rencontre avec Jean-Claude Mézières a lieu 10 ans plus tard, au festival de Sierre, sur le stand des Humanoïdes associés, pour lesquels Mézières travaille, avec Christin et quelques autres, sur une série au concept très nouveau pour le vieux continent (mais qui sera largement copié par la suite), Canal Choc, dont quatre albums seront publiés entre juin 1990 et septembre 1992. Je ne cherche pas à lui rappeler notre précédente rencontre, persuadé qu'il l'a forcément oubliée... Par contre, ma collection s'étant étoffée, je lui parle originaux et c'est très naturellement qu'il me propose de lui soumettre une liste de 10 planches afin de m'en vendre une à son retour à Paris.
Le coup des 10 planches est un truc assez pervers qu'emploieront de nombreux dessinateurs à cette époque, dont Hermann lorsqu'il me vendra ma première Bernard Prince. Sous prétexte de pouvoir lister au futur client ce qui est disponible, le stratagème permet en fait au dessinateur de ne proposer que les planches dont il se séparera le plus volontiers... Autant dire donc que cette Valérian n'était pas forcément mon premier choix ! Mais avec le temps, je la trouve très forte, issue d'une des meilleures périodes de Mézières et très représentative de ce style graphique que pompe Lucas depuis son premier Star Wars (paysages désertiques aux formes étranges, vaisseaux spatiaux démesurés et quasi gothiques, créatures grotesques et monstrueusement...comiques !)
Avec le recul, je me rends compte qu'il m'est très difficile de choisir une planche sans la voir, en me contentant de la version imprimée dans le magazine ou l'album. Je n'ai pas conservé la liste des 10 planches soumises à Mézières mais je suis certain d'avoir écarté des chefs-d'œuvre que je retrouve dans les collections proposées sur 2DG par des collectionneurs plus perspicaces que je ne l'ai été (et peut-être que je ne le suis encore).
Planche parue en noir et blanc dans le n° 77 de Pilote Mensuel en avril 1980, reprise ensuite, en couleurs, dans l'album Dargaud publié en juillet de la même année, puis, enfin, dans l'intégrale Valérian et Laureline tome 4 en novembre 2009.
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A propos de Jean-Claude Mézières
Jean-Claude Mézières est un dessinateur français de bande dessinée. Il est le père de la série de science-fiction Valérian et Laureline, avec un ami d'enfance, Pierre Christin (scénariste), et sa sœur, Évelyne Tranlé (coloriste).