Dans la collection de Vertommen
Red Road – page de garde. par Derib - Illustration
1771 

Red Road – page de garde.

Illustration
1992
Encre de Chine
Mine de plomb, encre de chine.
32 x 48 cm (12,6 x 18,9 in.)
Détail : le chaman « Celui qui est né deux fois ».
Détail : Amos Lambert.

Commentaire

Illustration page de garde pour la série « Red Road », publiée aux éditions du Lombard à partir de 1993.
Mine de plomb, encre de chine.
Dimension : 480 x 320 mm
Non signé.

L’histoire a commencé à être prépubliée, en 1993, dans le journal Hello BD (successeur du journal Tintin).


Les pages de gardes sont les pages qui précèdent et qui succèdent le corps du livre contenant l’œuvre de l’auteur. Les deux premières pages de garde comportent :
- une page dite habituellement de "couleur" (contrecollée sur la face interne de la 1ère de couverture) ;
- une ou deux pages de garde dites "blanches" (celles qui accueillent habituellement la dédicace de l'illustrateur lors des salons de BD).


Avec Red Road, Derib relate le quotidien et les problèmes des Indiens qui vivent aujourd’hui dans les réserves.
C’est la suite de ce que nous pouvons appeler la « Première époque ».
C’est-à-dire les trois albums de «Celui qui est né deux fois » (Pluie d'orage - La danse du Soleil - l'Arbre de Vie).

Cette page de garde a été utilisée pour ce que nous pouvons appeler la « deuxième époque ».
A savoir, les quatre albums intitulés American Buffalos, Business, Rodeo Bad Lands et Wakan.

Nous y trouvons, du côté gauche, le chaman « Celui qui est né deux fois » et du côté droit, son arrière-arrière-petit-fils « Amos Lambert ».

En arrière-plan, une synthèse de leur environnement.
A savoir,
- Derrière le chaman :
Son cadre de vie vierge de la folie des nouveaux américains. Par exemple, l’abattage des bisons comme un moyen de déplacer et d’affamer les tribus amérindiennes qui en dépendaient pour vivre.
- Derrière Amos :
Un environnement sordide que sont les « réserves » où sont parquées les tribus amérindiennes. Y règnent en maître l’alcoolisme et la pauvreté.
- En arrière-plan :
Mont Rushmore, qui bien avant de devenir le mémorial que l'on connaît aujourd'hui, était un lieu saint pour les indiens Sioux Lakota qui le nommaient les Six Grandfathers.
Cette haute montagne de granite se trouvait sur une route sacrée menant au sommet du Harney Peak (2 207 mètres d'altitude), la plus haute montagne des Black Hills, une région extrêmement riche (faune, flore, rivières...) où les indiens n'habitaient pas mais y organisaient des cérémonies afin de rentrer en contact avec les esprits.
Les indiens y voient une profanation de leur terre sacrée et un geste fort des blancs afin d'affirmer leur supériorité (et le fait que le sculpteur Borglum soit membre du Ku Klux Klan n'arrange rien à l'affaire).


Pour clore, laissons parler Derib :
« J’avais envie de faire passer que, pour moi, ce que j’ai perçu de la spiritualité indienne allait au-delà du mythe et était une réalité. La seule façon de le faire passer, c’était de parler des Indiens d’aujourd’hui. »
« Pendant que je réalisais "Celui qui est né deux fois", j’ai rencontré des Indiens, j’ai lu énormément sur ce qui s’est passé depuis qu’il y a des réserves et je me suis rendu compte que l’état des Indiens d’aujourd’hui est plus catastrophique qu’au moment des conquêtes.
Ils ne sont plus officiellement massacrés, mais ils sont reniés et ils sont devenus des assistés sociaux. Ils y a, chez eux, un pourcentage d’alcooliques qui tourne autour des 90%, ce qui est une véritable tragédie. Ajoutez à cela que le taux de suicides chez les Indiens Sioux est le plus élevé du monde. Et, malgré tout cela, l’Esprit indien, c’est à dire la spiritualité indienne, est toujours vivant et je suis convaincu qu’il est une des solutions de l’avenir de notre humanité ».

« L’ellipse entre les deux époques montre comment la spiritualité indienne, celle de Celui-qui-est-né-deux-fois, peut être revécue par un jeune Indien d’aujourd’hui, deux cents ans plus tard. J’aimerais suggérer que la spiritualité est hors du temps et qu’on peut s’y référer en permanence. Celui-qui-est-né-deux-fois est l’arrière-arrière-arrière-grand-père d’Amos, le personnage central de Red Road. Au fil des albums, celui-ci va d’abord découvrir ce qu’il n’est pas puis, un jour, grâce à ses prédispositions intérieures, il va découvrir ce qu’il est réellement et, finalement, fermer la boucle qui le relie à son ancêtre. »

Publications

  • American Buffalos
  • Le Lombard
  • 06/1993
  • Deuxième de couverture
  • Business Rodeo
  • Le Lombard
  • 11/1993
  • Deuxième de couverture
  • Bad lands
  • Le Lombard
  • 05/1995
  • Deuxième de couverture

A propos de Derib

Derib, de son vrai nom Claude de Ribaupierre, né le 8 août 1944 à La Tour-de-Peilz, est un auteur suisse de bandes dessinées. Passionné par les Indiens d'Amérique, il est l'auteur de séries de bandes dessinées populaires comme Yakari et Buddy Longway, ainsi que d'une grande saga indienne en deux époques : Celui qui est né deux fois et Red Road.

Thématiques

  • #mountain
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  • #birds

1 commentaire
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9emeart Très belle illustration d'une très belle réalisation de Derib! Bravo
23 juil. 2015 06:34