Dans la collection de mariol
Les Rapaces Drago & Camilla
Illustration originale
1996
Aquarelle
Ajoutée le 31/12/2014
Lien copié dans le presse-papier !



Commentaire
Attention, pièce de musée, premium, d’anthologie ou je ne sais quoi d’autre… ou plutôt, comment se saigner pour ne pas laisser passer la pièce qui représente, à ses yeux, la quintessence même de l’un de ses auteurs préférés.
Il est des fois de très rares achats qui permettent d’atteindre la plénitude de ce que l’on apprécie le plus chez un auteur et celui-ci en fait partie. Complétant à merveille mes deux autres trésors, cette illustration, qui m’était étrangement inconnue, va dorénavant me permettre de regarder les prochaines ventes avec distance et sérénité. Point de graal ici, mais pour parodier une inscription de circonstance : « My raptors quest is doomed ».
Un peu d’histoire…
L’année 1996 marque un premier tournant dans l’œuvre d’Enrico MARINI. Avec l’Étoile du Désert, il utilise pour la première fois de grands aplats noirs avec une colorisation riche, épaisse et flamboyante. Puis, fusionnant pour la première fois en 1998 les supports n&b et couleur, il réalise son premier album en couleur directe pour le 1er tome de Rapaces.
Et quelle claque ! Immédiatement subjugué par ce duo et l’ambiance magnifiée par cette colorisation novatrice, cet album reste indéniablement une de mes deux bds préférées et Drago & Camilla restent encore à ce jour les personnages les plus emblématiques et charismatiques que j’ai pu découvrir en bande-dessinée.
Pour la petite histoire, depuis 2002, il n’y avait que quatre illustrations qui pouvaient me faire replonger et celle-ci n’en faisait pas partie. Il y avait tout d’abord les 3 premières couvertures, mais j’ai récemment découvert qu’elles n’étaient pas faites pour moi. Après l’exposition de la Galerie9art au Bastille Design Center, il n’en restait donc plus qu’une seule et c’était celle représentant Drago & Camilla exceptionnellement vêtus de noir et publiée en ex-libris par la librairie Raspoutine pour la sortie du 1er tome. Ce dessin m’avait toujours fasciné et pour différentes raisons que vous trouverez distillées dans les lignes qui suivent. Mais, dans cette suite, vous allez surtout comprendre pourquoi je le relègue au rang de « pale copie sans saveur » et ce, bien que l’illustration que je vous présente ici, et que je ne connaissais pas, n’ait jamais été publiée…
Pour un néophyte/amateur/passionné, au-delà de l’érotisme qui s’en dégage, ce dessin pourrait passer inaperçu. Pourtant, il ne révèle que des singularités. La plus importante est sa date de réalisation. Ce dessin a été dessiné en 1996, soit deux ans avant la publication du 1er Rapaces. Bien que présentant des similitudes assez fortes avec celui de l’ex-libris, notamment avec ce cuir noir et ces postures, plusieurs détails indiquent que cette version est antérieure :
- l’apparat de Camilla, en pantalon et sans gants, ne correspond pas au code vestimentaire habituel ;
- bien que les ongles soient de couleur noire, les deux protagonistes ne présentent pas les doigts fourchus que l’on pourrait attendre ;
- ce dessin ne s’affranchit pas de son année de réalisation et apparait sous réelle influence de l’Étoile du Désert avec ces aplats noirs si caractéristiques et le visage de Camilla ressemblant légèrement à celui de Wakita.
Il s’agit donc d’une des toutes premières représentations de Drago & Camilla et de surcroit aboutie. Alors comment résister !!!
Parlons un peu technique…
A la confluence de deux styles graphiques, la technique utilisée pour ce dessin est à ma connaissance relativement unique et elle confère au dessin une noirceur très à propos et une intensité primaire incroyable.
Dans la continuité de certaines illustrations de l’Étoile du Désert, notamment le second ex-libris de la librairie Sans Titre, Enrico MARINI utilise ici de grands aplats noirs pour contraster et mettre en lumière ses personnages. Cette mise en perspective très singulière dans sa production laisse d’ailleurs présager que ce dessin serait plutôt daté de fin 1996.
Ce qui dénote et se révèle unique pour ce dessin en particulier, c’est l’utilisation de cette couleur pour augmenter ce contraste et définir le contour des personnages parmi toute cette noirceur. Tout converge pour dire que l’on est ici à l’aube de la genèse de son utilisation de la couleur directe en fusionnant les supports n&b et couleur.
Bien que ce dessin soit précurseur, on y trouve déjà les grands traits de caractère de cette série et de ses deux protagonistes en devenir… la puissance de Drago avec cette posture massive et imposante, la sensualité de Camilla, leur soif de vengeance avec ce couteau déjà ensanglanté et leur relation fusionnelle et incestueuse avec Camilla enlaçant son frère…
Ce dessin recèle également de nombreux détails intéressants :
- le détail qui tue : ce couteau rouge vif, rouge sang. Simple et discret, il se révèle pourtant bien visible et déjà redoutable ;
- le détail généreux : pour celui-là, j’en appelle aux auteurs… mais quelle idée d’être passé d’une poire à de la pastèque ! Quand je vois ce dessin, je me dis que c’est vraiment du gâchis…
- le détail qui aurait pu être moins sensuel et qui s’avère pourtant rudement efficace : sur le papier, un pantalon, c’est moins sexy qu’un body et des collants. Pourtant, avec ce pantalon déboutonné, cette cambrure et cette poitrine, Camilla se révèle particulièrement captivante dès ses débuts ;
- le détail qui peut vraiment passer inaperçu : l’oreille de Drago annonce déjà cette nature nocturne et assoiffée des Rapaces ;
- le détail intriguant : mais que devait tenir la main droite de Drago avant qu’Enrico MARINI ne se ravise ? peut-être un second couteau qui risquait de déséquilibrer cette unicité centrale ?
- le dernier détail et pas des moindres : regardez cette signature ! Le contraste, le positionnement, la casse, l’année, tout est scrupuleusement choisi pour attester que ce dessin est abouti et qu’il est fièrement assumé par son auteur.
Réalisé bien en amont de l’album, on perçoit ici un dessin personnel, dicté par une grande liberté d’expression et illustrant à merveille le processus créatif et artistique de son auteur.
Inédit, il a en fait été réalisé pour créer le projet Rapaces et le présenter aux maisons d’édition. Puis, il a été resservi pour l’ex-libris Raspoutine avec une approche sur fond blanc.
Seul le crayonné correspondant est publié en page 42 du Hors Série Je reviendrai et il est fort probable qu'il ait également été utilisé pour réaliser l’original de l’ex-libris.
Côté encadrement, compte tenu du succès rencontré par celui du dos de couverture du 2nd tome de Xoco et que l’intrigue se déroule également à New-York, quoi de plus normal qu’une caisse américaine avec un entre deux verres pour laisser ce dessin dans son jus et magnifier chacun de ses moindres détails. Photo à venir, mais pour avoir une idée, il suffit d’aller dans les images additionnelles par ici : http://2dg.me/fjv
Pour finir et parce que vous l’aurez bien compris au travers de toutes ces lignes : « je suis aux rapaces » . A lire en prenant un bon accent québécois et après une bonne dose d’extasy…
Il est des fois de très rares achats qui permettent d’atteindre la plénitude de ce que l’on apprécie le plus chez un auteur et celui-ci en fait partie. Complétant à merveille mes deux autres trésors, cette illustration, qui m’était étrangement inconnue, va dorénavant me permettre de regarder les prochaines ventes avec distance et sérénité. Point de graal ici, mais pour parodier une inscription de circonstance : « My raptors quest is doomed ».
Un peu d’histoire…
L’année 1996 marque un premier tournant dans l’œuvre d’Enrico MARINI. Avec l’Étoile du Désert, il utilise pour la première fois de grands aplats noirs avec une colorisation riche, épaisse et flamboyante. Puis, fusionnant pour la première fois en 1998 les supports n&b et couleur, il réalise son premier album en couleur directe pour le 1er tome de Rapaces.
Et quelle claque ! Immédiatement subjugué par ce duo et l’ambiance magnifiée par cette colorisation novatrice, cet album reste indéniablement une de mes deux bds préférées et Drago & Camilla restent encore à ce jour les personnages les plus emblématiques et charismatiques que j’ai pu découvrir en bande-dessinée.
Pour la petite histoire, depuis 2002, il n’y avait que quatre illustrations qui pouvaient me faire replonger et celle-ci n’en faisait pas partie. Il y avait tout d’abord les 3 premières couvertures, mais j’ai récemment découvert qu’elles n’étaient pas faites pour moi. Après l’exposition de la Galerie9art au Bastille Design Center, il n’en restait donc plus qu’une seule et c’était celle représentant Drago & Camilla exceptionnellement vêtus de noir et publiée en ex-libris par la librairie Raspoutine pour la sortie du 1er tome. Ce dessin m’avait toujours fasciné et pour différentes raisons que vous trouverez distillées dans les lignes qui suivent. Mais, dans cette suite, vous allez surtout comprendre pourquoi je le relègue au rang de « pale copie sans saveur » et ce, bien que l’illustration que je vous présente ici, et que je ne connaissais pas, n’ait jamais été publiée…
Pour un néophyte/amateur/passionné, au-delà de l’érotisme qui s’en dégage, ce dessin pourrait passer inaperçu. Pourtant, il ne révèle que des singularités. La plus importante est sa date de réalisation. Ce dessin a été dessiné en 1996, soit deux ans avant la publication du 1er Rapaces. Bien que présentant des similitudes assez fortes avec celui de l’ex-libris, notamment avec ce cuir noir et ces postures, plusieurs détails indiquent que cette version est antérieure :
- l’apparat de Camilla, en pantalon et sans gants, ne correspond pas au code vestimentaire habituel ;
- bien que les ongles soient de couleur noire, les deux protagonistes ne présentent pas les doigts fourchus que l’on pourrait attendre ;
- ce dessin ne s’affranchit pas de son année de réalisation et apparait sous réelle influence de l’Étoile du Désert avec ces aplats noirs si caractéristiques et le visage de Camilla ressemblant légèrement à celui de Wakita.
Il s’agit donc d’une des toutes premières représentations de Drago & Camilla et de surcroit aboutie. Alors comment résister !!!
Parlons un peu technique…
A la confluence de deux styles graphiques, la technique utilisée pour ce dessin est à ma connaissance relativement unique et elle confère au dessin une noirceur très à propos et une intensité primaire incroyable.
Dans la continuité de certaines illustrations de l’Étoile du Désert, notamment le second ex-libris de la librairie Sans Titre, Enrico MARINI utilise ici de grands aplats noirs pour contraster et mettre en lumière ses personnages. Cette mise en perspective très singulière dans sa production laisse d’ailleurs présager que ce dessin serait plutôt daté de fin 1996.
Ce qui dénote et se révèle unique pour ce dessin en particulier, c’est l’utilisation de cette couleur pour augmenter ce contraste et définir le contour des personnages parmi toute cette noirceur. Tout converge pour dire que l’on est ici à l’aube de la genèse de son utilisation de la couleur directe en fusionnant les supports n&b et couleur.
Bien que ce dessin soit précurseur, on y trouve déjà les grands traits de caractère de cette série et de ses deux protagonistes en devenir… la puissance de Drago avec cette posture massive et imposante, la sensualité de Camilla, leur soif de vengeance avec ce couteau déjà ensanglanté et leur relation fusionnelle et incestueuse avec Camilla enlaçant son frère…
Ce dessin recèle également de nombreux détails intéressants :
- le détail qui tue : ce couteau rouge vif, rouge sang. Simple et discret, il se révèle pourtant bien visible et déjà redoutable ;
- le détail généreux : pour celui-là, j’en appelle aux auteurs… mais quelle idée d’être passé d’une poire à de la pastèque ! Quand je vois ce dessin, je me dis que c’est vraiment du gâchis…
- le détail qui aurait pu être moins sensuel et qui s’avère pourtant rudement efficace : sur le papier, un pantalon, c’est moins sexy qu’un body et des collants. Pourtant, avec ce pantalon déboutonné, cette cambrure et cette poitrine, Camilla se révèle particulièrement captivante dès ses débuts ;
- le détail qui peut vraiment passer inaperçu : l’oreille de Drago annonce déjà cette nature nocturne et assoiffée des Rapaces ;
- le détail intriguant : mais que devait tenir la main droite de Drago avant qu’Enrico MARINI ne se ravise ? peut-être un second couteau qui risquait de déséquilibrer cette unicité centrale ?
- le dernier détail et pas des moindres : regardez cette signature ! Le contraste, le positionnement, la casse, l’année, tout est scrupuleusement choisi pour attester que ce dessin est abouti et qu’il est fièrement assumé par son auteur.
Réalisé bien en amont de l’album, on perçoit ici un dessin personnel, dicté par une grande liberté d’expression et illustrant à merveille le processus créatif et artistique de son auteur.
Inédit, il a en fait été réalisé pour créer le projet Rapaces et le présenter aux maisons d’édition. Puis, il a été resservi pour l’ex-libris Raspoutine avec une approche sur fond blanc.
Seul le crayonné correspondant est publié en page 42 du Hors Série Je reviendrai et il est fort probable qu'il ait également été utilisé pour réaliser l’original de l’ex-libris.
Côté encadrement, compte tenu du succès rencontré par celui du dos de couverture du 2nd tome de Xoco et que l’intrigue se déroule également à New-York, quoi de plus normal qu’une caisse américaine avec un entre deux verres pour laisser ce dessin dans son jus et magnifier chacun de ses moindres détails. Photo à venir, mais pour avoir une idée, il suffit d’aller dans les images additionnelles par ici : http://2dg.me/fjv
Pour finir et parce que vous l’aurez bien compris au travers de toutes ces lignes : « je suis aux rapaces » . A lire en prenant un bon accent québécois et après une bonne dose d’extasy…
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A propos de Enrico Marini
Enrico Marini est un auteur de bande dessinée italien né en Suisse connu notamment pour des séries comme Rapaces, Le Scorpion et les Aigles de Rome.