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Description
Libre interprétation graphique: l'irrémédiable, poème de Charles Baudelaire, fait partie du recueil Les Fleurs du Mal, dans la partie « Spleen et Idéal ». Publié en 1857.
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Commentaire
L'une des particularités de L'irrémédiable est le fait d'être l'un des rares poèmes du recueil composé de dix quatrains d'octosyllabes. Il est l'un des poèmes les plus longs également. Il est techniquement très rigoureux en ce qui concerne l'aspect métrique.
La première partie du poème avec sa succession de points-virgules, pour l'enchaînement des huit premiers quatrains, nous montre une suite de symboles sur l'existence de l'être humain. Alors que le lecteur peut croire à une série de cauchemars, Baudelaire y voit ici des allusions à la vie. En ce qui concerne la deuxième partie, les deux derniers quatrains font apparaître une nouvelle idée : en réalité, les « cauchemars » de l'existence humaine sont infinis, poussés par la propre conscience, mais ils peuvent être compris comme un apaisement également. Le mot « conscience » apparaît dans le dernier vers, un mot important dans le poème et que l'on retrouve implicitement dans toute la première partie quand le poète évoque le « miroir » du « cœur » ou encore le « tête-à-tête ». (source Mystudies.com)
Une Idée, une Forme, un Être
Parti de l’azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul œil du Ciel ne pénètre ;
Un Ange, imprudent voyageur
Qu’a tenté l’amour du difforme,
Au fond d’un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,
Et luttant, angoisses funèbres !
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres ;
Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir d’un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé ;
Un damné descendant sans lampe,
Au bord d’un gouffre dont l’odeur
Trahit l’humide profondeur,
D’éternels escaliers sans rampe,
Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visible qu’eux ;
Un navire pris dans le pôle,
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle ;
- Emblèmes nets, tableau parfait
D’une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu’il fait !
II
Tête-à-tête sombre et limpide
Qu’un cœur devenu son miroir !
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,
Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
- La conscience dans le Mal
Le dessinateur
Gama Benzeno étudia les arts graphiques et le dessin dans la prestigieuse Corporación Unificada Nacional de Educación Superior de Bogota puis l'illustration à l'Université Jorge Tadeo Lozano dans la même ville. Influencé par les concepts de déconstruction de la bienséance, du «politiquement correct», par la théorie du chaos, le fantastique mêlé de sexualité, par les ambiances du monde interlope et underground, il avoue à demi-mots être entré jeune dans le monde sexuel des adultes suite à la découverte des livres interdits que son père cachait dans un bunker secret.
Gama Benzeno développe sa carrière entre des travaux pour divers studios graphiques et la réalisation, depuis 1992, de bandes dessinées qui paraissent dans diverses revues en Colombie et en Espagne. Ses œuvres ont fait l'objet d'expositions collectives et individuelles sur trois continents, à Caracas, Bogotá, Berlin, Londres, Barcelone et New-York.
Les bandes dessinées de Gama Benzeno ont été publiées en Colombie et en Espagne dans les revues La Perrata, Acme, Shock, Cromos, El Espectador, Bizarra cósmica, Fatale et le fanzine Fanzon, mais surtout dans la revue AB, un magasine très important à Barcelone, centre de la culture Hipster dans cette ville, spécialisé dans l'art graphique avant-gardiste.
Après une longue interruption, Gama Benzeno revient aujourd'hui en force à la bande dessinée à travers un projet d'interprétation personnelle de poèmes de Charles Baudelaire, dont Une charogne, Le portrait, Élévation, Les métamorphoses du vampire et Les bijoux sont les premières traductions.
La première partie du poème avec sa succession de points-virgules, pour l'enchaînement des huit premiers quatrains, nous montre une suite de symboles sur l'existence de l'être humain. Alors que le lecteur peut croire à une série de cauchemars, Baudelaire y voit ici des allusions à la vie. En ce qui concerne la deuxième partie, les deux derniers quatrains font apparaître une nouvelle idée : en réalité, les « cauchemars » de l'existence humaine sont infinis, poussés par la propre conscience, mais ils peuvent être compris comme un apaisement également. Le mot « conscience » apparaît dans le dernier vers, un mot important dans le poème et que l'on retrouve implicitement dans toute la première partie quand le poète évoque le « miroir » du « cœur » ou encore le « tête-à-tête ». (source Mystudies.com)
Une Idée, une Forme, un Être
Parti de l’azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul œil du Ciel ne pénètre ;
Un Ange, imprudent voyageur
Qu’a tenté l’amour du difforme,
Au fond d’un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,
Et luttant, angoisses funèbres !
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres ;
Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir d’un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé ;
Un damné descendant sans lampe,
Au bord d’un gouffre dont l’odeur
Trahit l’humide profondeur,
D’éternels escaliers sans rampe,
Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visible qu’eux ;
Un navire pris dans le pôle,
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle ;
- Emblèmes nets, tableau parfait
D’une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu’il fait !
II
Tête-à-tête sombre et limpide
Qu’un cœur devenu son miroir !
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,
Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
- La conscience dans le Mal
Le dessinateur
Gama Benzeno étudia les arts graphiques et le dessin dans la prestigieuse Corporación Unificada Nacional de Educación Superior de Bogota puis l'illustration à l'Université Jorge Tadeo Lozano dans la même ville. Influencé par les concepts de déconstruction de la bienséance, du «politiquement correct», par la théorie du chaos, le fantastique mêlé de sexualité, par les ambiances du monde interlope et underground, il avoue à demi-mots être entré jeune dans le monde sexuel des adultes suite à la découverte des livres interdits que son père cachait dans un bunker secret.
Gama Benzeno développe sa carrière entre des travaux pour divers studios graphiques et la réalisation, depuis 1992, de bandes dessinées qui paraissent dans diverses revues en Colombie et en Espagne. Ses œuvres ont fait l'objet d'expositions collectives et individuelles sur trois continents, à Caracas, Bogotá, Berlin, Londres, Barcelone et New-York.
Les bandes dessinées de Gama Benzeno ont été publiées en Colombie et en Espagne dans les revues La Perrata, Acme, Shock, Cromos, El Espectador, Bizarra cósmica, Fatale et le fanzine Fanzon, mais surtout dans la revue AB, un magasine très important à Barcelone, centre de la culture Hipster dans cette ville, spécialisé dans l'art graphique avant-gardiste.
Après une longue interruption, Gama Benzeno revient aujourd'hui en force à la bande dessinée à travers un projet d'interprétation personnelle de poèmes de Charles Baudelaire, dont Une charogne, Le portrait, Élévation, Les métamorphoses du vampire et Les bijoux sont les premières traductions.
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