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1986 - Lester Cockney : Le Roi des Dalmates - Dis-le à Kastrakis !... - by Franz - Comic Strip
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1986 - Lester Cockney : Le Roi des Dalmates - Dis-le à Kastrakis !... -

Comic Strip
1986
Ink
Case-case : 40.5 x 30 cm - Verre musée
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Journal de Tintin (édition Française) n° 545 du 18/02/1986
La planche
Encadrement
Case 1
Case 1
Case 1
Case 1
Case 2
Case 3
Case 4
Case 5
Case 6

Description

Planche réalisée en 1986
Planche 40 extraite du Tome 5 " Le Roi des Dalmates " de la série Lester Cockney
Cet épisode est publié pour la première fois en 1986, à partir du n° 545 du Journal de Tintin

Comment


Résumé
(enfin...pas tant que ça) de l'album (jusqu'à cette planche)


Après bien des tumultes, notre turbulent Irlandais, flanqué de ses deux compagnes, quitte Alexandrie et met le cap sur l'Albanie. Son objectif, accompagner Ilona Von Horva'th-Pa'lfy à Pecs (localité Hongroise située à l'ouest du Danube) et, ... aviser de la suite...
Notre bon Lester a déjà tout prévu : « Il y a donc l'Albanie à traverser, la Principauté Turque de Montenegro, la Croatie, les montagnes de Bosnie-Herzégovine, longer les frontières ouest de Serbie, et puis, paf...Pecs ! », expliquera t-il en détail à ses deux acolytes.

Paf, en effet, car 3 cases plus tard : Paw ! Paw ! Blaam !

Nos trois joyeux drilles sont débarqués depuis dix minutes à peine que, déjà, les emmerdes pointent le bout de leur nez ! Celles-ci portent un nom : celui de Moulay Bey, potentat local turc, qui règne en maitre absolu sur cette région isolée située aux confins de l'Empire Ottoman (l'Albanie connue quatre siècles d'occupation ottomane et a accédée à l'indépendance en 1912).

Ces trois détonations qui viennent troubler la quiétude apparentes des lieux, c'est le gros Moulay qui vient de les ordonner. Les trois cibles sont pourtant turques. Turques, certes, mais porteuses de nouvelles désagréables pour le seigneur des lieux. Les trois gonzes sont des envoyés de la Sublime Porte. Ils venaient faire part de la décision de l'émir : Moulay Bey, face à l’expansionnisme autrichien, doit définitivement, et avec effet immédiat, vider les lieux et regagner Istanbul.
-« Tu diras à l'émir que ses ordres seront suivis à la lettre ! » dira le pacha, page 6, à Sabahattin Torunoglu, l'émissaire en chef.
Tu parles !... Deux pages plus tard, ce dernier, une balle dans l'épaule gauche, s'arc-boute à son cheval lancé au galop et laisse derrière lui les cadavres de ses deux camarades.

Lester, Taranna et Ilona, dissimulés derrière des rocs, ont assisté à la scène. Ils ignorent tout ou presque de ce pays qu'ils foulent pour la première fois mais le séjour promet, à l'évidence, d'être agréable ! L'orage passé, ils reprennent leur route.
Après une heure de marche ils atteignent le petit village de Konopyrgos qui comme le décrit Franz : « ...était charmant et d'apparence toute tranquille, paisible, avec ses murs blancs, ses ruelles, et ce curieux moulin... ». Aux vieillards silencieux qui fixement les regardent arriver, Lester demande si dans la bourgade il y a une auberge, ou quelque chose d'approchant. C'est un autre vieil homme, Kastrakis, le chef du village, qui les invite à le suivre.

Ensemble, ils boiront l'ouzo et le vieux demandera au jeune de raconter son histoire. « Lester s'exécutera longtemps, peut-être trop, mais il ressentait le besoin de vider son sac. Alors il raconta...ses rencontres avec Ilona Von Horva'th Pa'lfy et Taranna...le voyage en mer des Indes... Aden et la mer rouge... l'Egypte, Alexandrie » ... et ce qu'ils font ici. Lester ne posa qu'une seule question à Kastrakis : Pourquoi n'y a-il que des vieux dans son village ? Le vieux ne lui répondit pas, mais lui tendit une couverture pour dormir près de ses femmes.

De réveil paisible, le lendemain, il n'y eut pas. Au petit matin, les cavaliers de Moulay Bey déboulèrent au village au grand galop et avec l'envie manifeste d'en découdre méchamment avec les propriétaires des lieux ! Cette fripouille de Moulay Bey veut se servir des paysans du village comme responsables du meurtre des envoyés de la Sublime Porte. Meurtre qu'il a lui-même commandité la veille. L'émir, ainsi, devra bien admettre que ces actes de rebellions justifient sa présence ici, et le bey pourra par la même occasion accentuer sa répression sur les autochtones.
Aussi, lorsque les hommes de ce gros sac découvrent les nippes et les armes de l'irlandais et des ses deux copines : les responsables sont tout trouvés ! Voyant arriver les soldats, Kastrakis, bien avisé, à exhorté nos trois voyageurs à se cacher et à ne se montrer « sous aucun prétexte » ! Il a donc fallu obtempérer, en catastrophe et... en petite tenue. Incontinent, le chef turc ordonne de fouiller les maisons du village ! L'étau se resserre dangereusement et Taranna doit s'employer. Elle brise la nuque d'un des soldats et nos trois larrons prennent la fuite en direction des collines environnantes.

Quelques encablures plus loin, les échappés tombent dans une embuscade. Mais, cette fois ci, au bout des fusils : des gamins !... Et trop nombreux et trop bien armés pour pouvoir leur opposer une quelconque résistance. Il a donc bien fallu les suivre. Ils marchèrent près de trois heures et arrivèrent au repaire du roi - puisque c'est ainsi qu'il se fait appeler - en l'occurrence, ici : celui des Dalmates. Ce roi de quinze années bien tassées, se nomme Stavros Doukades, règne sur un escadron de galopins et veut sur l'heure interroger nos fugitifs. Lester apprendra que la plupart des adultes ont été abattus ou emmenés par les turcs et que le village de Kastrakis les aide à l'occasion. Pour le reste, c'est rapine, chasse et l'espoir insensé d'être un jour suffisamment forts pour punir Moulay Bey.

Rapidement, Doukades voit en ce futé rouquin de Lester et en son expérience de militaire chevronné, une opportunité de servir ses desseins. Contre la coopération totale de l'irlandais, le roi lui promet le matériel et les chevaux nécessaires pour reprendre ensuite sa route vers la Hongrie. Le deal est simple : Cockney doit tuer le bey ! Rien que ça !
Taranna et Ilona qui se sont pris d'affection pour ces gamins vont s'employer à convaincre leur grand fauve d'accepter le marché. Cockney hésite... L'annonce de enlèvement par les turcs de Kastrakis et de deux notables du village va précipiter sa décision. Désormais, il ne peut plus se débiner.

C'est donc à la tête d'une armée de six guerriers de quinze ans, dont le roi des Dalmates himself, que Cockney se lance à l'assaut de la forteresse turqueKastrakis est détenu et torturé. De forteresse, il s'agit en réalité d'un ancien monastère perché au sommet d'un promontoire rocheux. La tâche s'annonce ardue et les grappins sont de sortie. A l'arrière du front, Taranna et Ilona sont chargées d'organiser la défense du village.

L’ascension est délicate, parsemée d’embuches, mais c'est en ordre de marche que le bataillon est désormais dans la place. Rapidement, l'alerte est donnée. Et de dangereuse, la mission devient suicidaire. Les balles pleuvent et les lames s’enfoncent dans les chairs.
Le bey alerté par le gong qui signale la présence d'intrus dans son (croyait-il) inexpugnable bastion, doit désormais, et très rapidement, reprendre ses esprits et organiser la contre-offensive. Pas facile ça ! Il faut écrire, à sa décharge, qu'à ce moment précis, l'immonde salopard se gobergeait au milieu de son harem et se goinfrait copieusement de raisins (comme les gros sénateurs dans Astérix) et que dans ces conditions : les réveils ont quelque chose d'affreusement rebutants. Ce sont pourtant les femmes de sa suite qui le jetteront dehors alors que précisément, dehors, sifflent les balles. Doukades ne se fait pas prier : il abat à bout-portant le sinistre personnage. Moula Bey n'est plus !

A présent que l'effet de surprise est passé, les troupes du bey se sont ressaisies et la situation commence sérieusement à sentir le renard pour Lester et ses ouailles. Le petit groupe se réfugie à la hâte dans les écuries. Le rouquin est convaincu - à raison - que les turcs ne sacrifieront pas leur chevaux. Mais la vie de Kastrakis - pour l'occasion défait de ses chaines et soustrait à sa cellule - ne tient désormais plus qu'à un fil...
La lame de son couteau sur la carotide du vieux, goguenard, un soldat turc annonce d'emblée la couleur : « Nous allons vous le découper en petits morceaux, ici, maintenant... » ! Pas échappatoire possible cette fois pour Lester... mais une ange gardienne : Tarrana - qui décidément à des antennes - et vient, rien de moins que d'envoyer en l'air la porte principale de l'ancien monastère ! BBAAOOM !!!
La diversion est salutaire : quelques fractions de secondes suffirent au vieux Kastrakis pour comprendre qu'il pouvait agir et dès le début de l'explosion, il bondit et disparait dans les recoins sombres des ruelles attenantes. Cockney profitant du tumulte crée par l'explosion se met en branle lui aussi. Il lâche les chevaux et : « Tudieu! La cavalcade ! sur les pierres, un cheval poussant l'autre...et accrochés par-ci, par-là dans les crinières démentes, quelques secondent suffirent aux trente chevaux fous pour gagner la sortie et plonger dans la nuit... » (on dirait presque du Jean-Michel Charlier dans le texte !).
Taranna a sauté en croupe derrière son irlandais, et dans une galopade du tonnerre les miraculés prennent la direction de Konopyrgos. L'émissaire blessé de l'émir a, entretemps, lui aussi trouvé refuge au village. Et s'il ne s'est pas fait écharper, c'est parce que les documents qu'il détient font état de la duplicité de Moulay Bey et surtout qu'ils actent du départ des turcs de la région.

« Le lendemain, dès l'aube, une délégation du village emmenée par l'émissaire et Kastrakis rencontrait sur la route du monastère les turcs venus se venger et mettre le village à feu et à sang... ». Mais de nouvelle effusion de sang il n'y aura pas : « Désormais , moi, Sabahattin Turunoglu, envoyé de la Sublime Porte, je serai à votre tête et organiserai notre retour jusqu'à Kirklareli... ».

Les bouleversements et les émotions de la veille laissent désormais place à la délicieuse planche 40 de ce très bel album de la série.

La planche :


Une grande case bucolique et idyllique comme une invitation à la relâche et à la sérénité.
Cette planche, à ces quatre coins, en long, en large et en travers, regorge de vie. Et je soupçonne Franz d'avoir pris un pied incroyable à la composer.
Les grands attablés sous l'appentis discutent, les enfants jouent, le chien ronge un os ou un bout de bois salutaire, les chats s'égayent, les poules s'affairent... et moi, j'ai l'impression d'en être. Un peu.

PS : Merci aux trois/quatre courageux qui auront eu le courage de lire ce résumé (qui n'en ai pas vraiment un) jusqu'au bout. Et merci beaucoup à l'ancien propriétaire de cette planche d'avoir consenti à me la céder.

Publications

  • Le Roi des Dalmates
  • Lombard
  • 04/1987
  • Page 42
  • Volume 1
  • Le Lombard
  • 03/2007
  • Interior page

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About Franz

Franz Drappier, better known under only his first name, studied Plastic Arts at the Institut Saint-Luc in Brussels and Fine Arts in Mons. He worked as an illustrator from 1966 until he began making comics in 1969. After drawing several historical comics for both Spirou and Tintin, Franz made the humorous series 'Korrigan' with writer Vicq in Tintin. In 1972, he briefly appeared in Pilote, and he created 'Les Aventures de Christopher' with writer Yves Duval in Le Soir Jeunesse. The same year, Franz joined the art studios of Henri Desclez, where he made the drawings for seven episodes of 'Commissaire San-Antonio'. Starting in 1975, his name appeared more frequently in Tintin. He took over the series 'Jugurtha' from Hermann and he started his own series 'Hypérion' with scripts by André-Paul Duchâteau and 'Lester Cockney', for which he wrote the scripts himself. Besides his several series, Franz also drew independent comics, such as 'Bruxelles, Mille Ans d'Épopée', '1830, La Révolution Belge', 'Captain Tom' and 'Pur-Sang'. He began an association with the magazine Charlie Mensuel in 1982, where he started the series 'Thomas Noland' with scriptwriter by Daniel Pecqueur. Two years later, he did several short stories scripted by José-Luis Bocquet and Jean-Luc Fromental in Métal Aventure. Text (c) Lambiek