In beboun7 's collection
1975 - "Votez Surplouf"
Ink
32.5 x 50 cm (12.8 x 19.69 in.)
Added on 4/3/24
Link copied to clipboard!



Description
Planche d'annonce "Votez Surplouf" parue dans Pif 334 du 21/07/1975
Comment
Surplouf, certainement un lointain descendant de Surcouf, version humoristique, parait à partir de 1973 dans Pif ! Une joyeuse bande d'adolescent à bord d'un galion, "La belle Emilie", capable de toutes les farces et délicieusement mise en scène par Jean Cézard.
Dans cette illustration , tout concourt à produire une image à la fois vive, lisible et immédiatement efficace, où l’énergie du dessin sert un propos à la fois narratif et publicitaire.
La composition s’organise selon une opposition très nette. À gauche se déploie une scène d’action foisonnante, véritable tourbillon de gestes et de mouvements, tandis qu’à droite une bande verticale plus sombre rassemble les personnages en retrait qui commentent l’événement. Cette scission de l’espace crée un rythme visuel clair : au tumulte de l’aventure répond une zone de recul, comme un écho réfléchi de la scène principale.
Au cœur du dessin, le mouvement est souverain. Les corps sont emportés dans une dynamique oblique, construite autour d’une diagonale ascendante qui guide le regard vers le canon. Les membres se tendent, les armes s’élèvent, les trajectoires invisibles des impacts et des projectiles sont suggérées par une série de traits vifs et d’éclats graphiques. Rien n’est immobile : chaque figure participe à ce désordre orchestré, où la chute, la surprise et le choc composent une véritable chorégraphie burlesque.
Le trait de Cezard accentue cette vitalité. Souple, nerveux, il privilégie l’expressivité sur le détail. Les silhouettes sont caricaturées, les proportions exagérées, les attitudes poussées jusqu’à la déformation. Les contours épais stabilisent les figures principales, tandis que des hachures plus légères modèlent les volumes sans alourdir la lecture. Les aplats de noir, utilisés avec parcimonie mais fermeté, structurent l’ensemble et confèrent à l’image une grande force graphique. Le jeu du noir et du blanc est d’ailleurs central. Le blanc domine la scène d’action, la rendant claire, ouverte, immédiatement accessible. À l’inverse, la colonne de droite, noyée dans un fond sombre, isole les personnages et concentre l’attention sur leurs paroles.
Car cette illustration ne se contente pas de raconter : elle persuade. Le dialogue inscrit dans les bulles feint d’exprimer une inquiétude pour Surplouf, évoquant la nécessité d’un « soutien moral ». Mais cette formule glisse, au fil de la lecture, vers la chute. Ainsi, l’image fonctionne à plusieurs niveaux. Elle est à la fois une scène autonome, riche de mouvement et de comique, et une affiche déguisée, où chaque élément conduit vers l’appel final : « Votez Surplouf ».
Dans cette illustration , tout concourt à produire une image à la fois vive, lisible et immédiatement efficace, où l’énergie du dessin sert un propos à la fois narratif et publicitaire.
La composition s’organise selon une opposition très nette. À gauche se déploie une scène d’action foisonnante, véritable tourbillon de gestes et de mouvements, tandis qu’à droite une bande verticale plus sombre rassemble les personnages en retrait qui commentent l’événement. Cette scission de l’espace crée un rythme visuel clair : au tumulte de l’aventure répond une zone de recul, comme un écho réfléchi de la scène principale.
Au cœur du dessin, le mouvement est souverain. Les corps sont emportés dans une dynamique oblique, construite autour d’une diagonale ascendante qui guide le regard vers le canon. Les membres se tendent, les armes s’élèvent, les trajectoires invisibles des impacts et des projectiles sont suggérées par une série de traits vifs et d’éclats graphiques. Rien n’est immobile : chaque figure participe à ce désordre orchestré, où la chute, la surprise et le choc composent une véritable chorégraphie burlesque.
Le trait de Cezard accentue cette vitalité. Souple, nerveux, il privilégie l’expressivité sur le détail. Les silhouettes sont caricaturées, les proportions exagérées, les attitudes poussées jusqu’à la déformation. Les contours épais stabilisent les figures principales, tandis que des hachures plus légères modèlent les volumes sans alourdir la lecture. Les aplats de noir, utilisés avec parcimonie mais fermeté, structurent l’ensemble et confèrent à l’image une grande force graphique. Le jeu du noir et du blanc est d’ailleurs central. Le blanc domine la scène d’action, la rendant claire, ouverte, immédiatement accessible. À l’inverse, la colonne de droite, noyée dans un fond sombre, isole les personnages et concentre l’attention sur leurs paroles.
Car cette illustration ne se contente pas de raconter : elle persuade. Le dialogue inscrit dans les bulles feint d’exprimer une inquiétude pour Surplouf, évoquant la nécessité d’un « soutien moral ». Mais cette formule glisse, au fil de la lecture, vers la chute. Ainsi, l’image fonctionne à plusieurs niveaux. Elle est à la fois une scène autonome, riche de mouvement et de comique, et une affiche déguisée, où chaque élément conduit vers l’appel final : « Votez Surplouf ».
11 comments
To leave a comment on that piece, please log in
About Cézard
Cézard, whose real name was Jean César, was a comic strip artist and scriptwriter. A prolific writer in the post-war period, he exercised his talents in both the realistic and comic genres, but remains best known for some of his characters, whose precise, detailed and rounded lines perfectly underlined their humorous nature.