Dans la collection de beboun7
Description
Dernière planche de l'épisode "Le campement perdu" - Pif 232 du 06/08/1973
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Loup Noir – une figure indienne humaniste dans Pif
Créée par Jean Ollivier au scénario et Kline au dessin, la série Loup Noir apparaît dans les pages de Pif en 1969. Elle s’inscrit d’emblée à contre courant des westerns classiques en proposant un récit profond, sombre et engagé, centré sur un héros amérindien et sur une vision critique de la conquête de l’Ouest. Loup Noir est un jeune Indien arraché à sa tribu, condamné à survivre seul dans un monde dominé par la violence, la cupidité et l’injustice. Mais la série ne fait jamais de lui un simple aventurier ni un héros de vengeance. Au contraire, Jean Ollivier construit un personnage intérieurement riche, guidé par une morale exigeante et par une profonde empathie pour les plus faibles. Loup Noir agit moins par désir de domination que par fidélité à des valeurs humaines universelles : le respect de la vie, la solidarité, la dignité.
Cette dimension humaine est au cœur de la série. Chaque épisode confronte le héros à des choix moraux difficiles, dans un environnement où la loi du plus fort règne. Loup Noir ne sort pas indemne de ces épreuves : il doute, souffre, apprend. Cette approche presque initiatique donne au récit une gravité rare dans une bande dessinée jeunesse, et confère au personnage une authenticité durable.
Loup Noir se distingue également par sa représentation profondément positive des peuples amérindiens. Loin des stéréotypes, les Indiens y sont dépeints comme des sociétés organisées, porteuses de traditions, de spiritualité et d’un rapport harmonieux au monde. En miroir, la violence aveugle, l’exploitation et la destruction sont très souvent incarnées par les colons, les trafiquants ou les aventuriers sans scrupules.
La relation à la nature occupe une place essentielle dans la série. La forêt, les plaines, les animaux et les territoires sauvages ne sont jamais de simples décors : ils constituent un équilibre fragile, constamment menacé par la violence des hommes. Loup Noir entretient avec cet environnement un lien instinctif et respectueux, hérité de sa culture. À travers lui, la série esquisse une prise de conscience écologique précoce, dénonçant l’appropriation brutale des terres, la marchandisation du vivant et la rupture entre l’homme et la nature.
Par son ton grave, son héros solitaire et son message humaniste, Loup Noir occupe une place singulière dans l’histoire de Pif. Œuvre engagée sans être didactique, elle transmet aux jeunes lecteurs une vision profondément moderne : celle d’un monde où le courage ne se mesure pas à la violence, mais à la capacité de rester humain face à l’injustice.
Michel Houellebecq lui a d’ailleurs rendu un vibrant hommage : « Mon héros préféré peut-être Loup-Noir, noble synthèse des qualités de l'Apache, du Sioux et du Cheyenne (« Yeeh, toopee, yeeh !... Shoo, Shinook, Shoo !... » ; ces mots vibreront peut-être au cœur de quelques-uns ; sinon je vibrerai tout seul ; ça ne fait rien, j'ai l'habitude). Non seulement Loup-Noir agit, mais il commente constamment ses propres actions sur la base d'un critérium éthique transcendant, souvent poétisé par la référence à différents proverbes Bakotas ou Crees, parfois plus sobrement à la « loi de la prairie ». On peut en ce sens le considérer comme un véritable héros kantien, agissant toujours « comme s'il était, par ses maximes, un membre législateur dans le royaume universel des fins ». Certains épisodes mythiques (je pense notamment au Bracelet de cuir) dépassent ainsi le cadre de la stricte aventure pour baigner dans un climat purement poétique et moral. Loup-Noir représente un dépassement ultime, un dépassement vers le haut, une assomption de la bande dessinée d'aventures. Il y a là tout autre chose que dans la fameuse « ligne claire » de la bande dessinée belge ; et tout autre chose, évidemment, que dans Goldorak ou les tortues Ninja. Décidément, Loup-Noir me manque. »
Créée par Jean Ollivier au scénario et Kline au dessin, la série Loup Noir apparaît dans les pages de Pif en 1969. Elle s’inscrit d’emblée à contre courant des westerns classiques en proposant un récit profond, sombre et engagé, centré sur un héros amérindien et sur une vision critique de la conquête de l’Ouest. Loup Noir est un jeune Indien arraché à sa tribu, condamné à survivre seul dans un monde dominé par la violence, la cupidité et l’injustice. Mais la série ne fait jamais de lui un simple aventurier ni un héros de vengeance. Au contraire, Jean Ollivier construit un personnage intérieurement riche, guidé par une morale exigeante et par une profonde empathie pour les plus faibles. Loup Noir agit moins par désir de domination que par fidélité à des valeurs humaines universelles : le respect de la vie, la solidarité, la dignité.
Cette dimension humaine est au cœur de la série. Chaque épisode confronte le héros à des choix moraux difficiles, dans un environnement où la loi du plus fort règne. Loup Noir ne sort pas indemne de ces épreuves : il doute, souffre, apprend. Cette approche presque initiatique donne au récit une gravité rare dans une bande dessinée jeunesse, et confère au personnage une authenticité durable.
Loup Noir se distingue également par sa représentation profondément positive des peuples amérindiens. Loin des stéréotypes, les Indiens y sont dépeints comme des sociétés organisées, porteuses de traditions, de spiritualité et d’un rapport harmonieux au monde. En miroir, la violence aveugle, l’exploitation et la destruction sont très souvent incarnées par les colons, les trafiquants ou les aventuriers sans scrupules.
La relation à la nature occupe une place essentielle dans la série. La forêt, les plaines, les animaux et les territoires sauvages ne sont jamais de simples décors : ils constituent un équilibre fragile, constamment menacé par la violence des hommes. Loup Noir entretient avec cet environnement un lien instinctif et respectueux, hérité de sa culture. À travers lui, la série esquisse une prise de conscience écologique précoce, dénonçant l’appropriation brutale des terres, la marchandisation du vivant et la rupture entre l’homme et la nature.
Par son ton grave, son héros solitaire et son message humaniste, Loup Noir occupe une place singulière dans l’histoire de Pif. Œuvre engagée sans être didactique, elle transmet aux jeunes lecteurs une vision profondément moderne : celle d’un monde où le courage ne se mesure pas à la violence, mais à la capacité de rester humain face à l’injustice.
Michel Houellebecq lui a d’ailleurs rendu un vibrant hommage : « Mon héros préféré peut-être Loup-Noir, noble synthèse des qualités de l'Apache, du Sioux et du Cheyenne (« Yeeh, toopee, yeeh !... Shoo, Shinook, Shoo !... » ; ces mots vibreront peut-être au cœur de quelques-uns ; sinon je vibrerai tout seul ; ça ne fait rien, j'ai l'habitude). Non seulement Loup-Noir agit, mais il commente constamment ses propres actions sur la base d'un critérium éthique transcendant, souvent poétisé par la référence à différents proverbes Bakotas ou Crees, parfois plus sobrement à la « loi de la prairie ». On peut en ce sens le considérer comme un véritable héros kantien, agissant toujours « comme s'il était, par ses maximes, un membre législateur dans le royaume universel des fins ». Certains épisodes mythiques (je pense notamment au Bracelet de cuir) dépassent ainsi le cadre de la stricte aventure pour baigner dans un climat purement poétique et moral. Loup-Noir représente un dépassement ultime, un dépassement vers le haut, une assomption de la bande dessinée d'aventures. Il y a là tout autre chose que dans la fameuse « ligne claire » de la bande dessinée belge ; et tout autre chose, évidemment, que dans Goldorak ou les tortues Ninja. Décidément, Loup-Noir me manque. »
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A propos de Kline
Kline, pseudonyme de Roger Chevallier était un illustrateur et un dessinateur de bande dessinée français notamment connu pour sa reprise de Davy Crockett et la série Loup Noir chez Vaillant.