Dans la collection de beboun7
Christian Gaty, Lucien Nortier, André Chéret, 1973 - Le grêlé 7/13 - Couverture originale
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1973 - Le grêlé 7/13

Couverture originale
1973
Techniques mixtes
30 x 40 cm (11.81 x 15.75 in.)
Ajoutée le 12/05/2026
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Description

Couverture du trimestriel n°1 (sélection Pif) - avril 1973

Commentaire

Le Grêlé 7/13 est une série de bande dessinée française consacrée à la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Elle suit les aventures de Jean Pierre Gavroche, jeune maquisard parisien originaire de Ménilmontant, entré très tôt dans la lutte contre l’occupant nazi. Son surnom, « le Grêlé 7/13 », lui est donné par l’ennemi en raison de ses taches de rousseur : sept sur la joue gauche et treize sur la droite, signe distinctif qui devient un emblème de défi et de légende. Le Grêlé est régulièrement épaulé par l’Ermite, ancien braconnier et compagnon fidèle, tandis que son antagoniste principal est le colonel SS von Hartz, incarnation récurrente de la répression nazie.

La série débute en 1966 dans Vaillant[/i. Elle se poursuit ensuite dans Pif Gadget en 1969. Les épisodes sont publiés sous forme de récits à suivre, parfois précédés d’annonces ou de récits courts introductifs, construisant progressivement la mythologie du personnage. La publication s’achève en mai 1971 avec l’épisode Les derniers combats, paru dans Pif Gadget n°118.

Le scénariste Roger Lécureux et les dessinateurs Lucien Nortier et Christian Gaty ont tous connu la période de l’Occupation. Nortier, notamment, fut lui même résistant, ce qui confère à la série une dimension autobiographique indirecte et un souci de crédibilité dans la description des actions clandestines. Le Grêlé 7/13 s’inscrit pleinement dans ce que les historiens ont appelé le « mythe résistancialiste », dominant dans la France des années 1950–1960 : une vision héroïsée de la Résistance, minimisant la collaboration et présentant le combat clandestin comme largement partagé et victorieux.

Considérée comme l’une des principales séries de bande dessinée française sur la Résistance, Le Grêlé 7/13 occupe une place singulière dans l’histoire de Vaillant et Pif. Elle témoigne à la fois d’une mémoire militante de la Seconde Guerre mondiale et d’un moment charnière de la presse jeunesse, juste avant l’évolution plus ludique de Pif dans les années 1970.

Tentative de relance en 1973

En 1973, Richard Medioni tente de relancer Le Grêlé 7/13 en publiant un recueil d’épisodes sous la forme d’un trimestriel autonome, avec une belle interview de Roger Lecureux en introduction : « Curieusement, Le Grêlé ne connaîtra jamais un grand succès. C’est pour moi une véritable énigme, le thème, le scénario et le dessin étant d’une qualité remarquable. (…) Mais cette série me plaît tant que je décide en 1973 de lui donner une seconde vie en créant son propre trimestriel. Et avec une idée derrière la tête : ressusciter Le Grêlé dans Pif Gadget en cas de succès, ce qui ne sera pas le cas, hélas ! ».

Le trimestriel ne rencontra pas son public et s’interrompit dès le premier numéro, faute de succès commercial, illustrant le décalage croissant entre ce type de récit résistancialiste et l’évolution des attentes du lectorat au début des années 1970.

Une couverture percutante !

La couverture de ce trimestriel se construit autour d’une composition frontale et percutante, Elle représente le Grêlé bondissant vers l’avant, le corps projeté dans une dynamique diagonale, bras tendu, au moment précis où une grenade est lancée. L’explosion stylisée, figurée par une éclaboussure rouge rayonnante, remplit l’arrière plan et fait office de motif graphique central, mêlant violence, urgence et spectaculaire. Les couleurs sont volontairement réduites et contrastées — rouge, beige, vert et noir — afin de renforcer l’impact visuel et la lisibilité de l’action. L’absence de paysage précis, au profit d’un fond abstrait dominé par l’explosion, universalise la scène et transforme le personnage en symbole du combat nocturne et clandestin. L’image remplit ainsi pleinement sa fonction d’appel, annonçant une bande dessinée d’action tendue, militante et héroïsée avant même l’ouverture du magazine.

J’ai, pour ma part, un gros doute sur l’auteur de cette couverture. Dans le couple Nortier-Gaty, les personnages sont en général dessinés par Gaty. Or, je ne retrouve pas son style dans cette composition non signée, réalisée un an et demi après la fin de la série. J’y retrouve en revanche beaucoup d’éléments de André Chéret (posture général, mouvement caractéristique, raccourci exagéré, sourcils très denses ..). A-t-il pu rendre service à son scénariste Roger Lécureux ? C’est l’hypothèse que j’émets sans avoir bien sûr aucune preuve de celle-ci.

Publication

  • Le magazine des combattants de la nuit
  • Vaillant
  • 04/1973
  • Couverture

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A propos de Christian Gaty

Après l'École Nationale supérieure des Beaux Arts, Gaty fonde (avec Raymond Poïvet, Paul Derambure et Robert Gigi), l'atelier de la rue des Pyramides. Il collabore aux éditions Meuwissen, (Lectures d'aujourd'hui) à la Société Parisienne d'Éditions, ainsi qu'au groupe Marijac. Dans Mickey, il crée avec Nortier, Thierry la Fronde, puis Les Espadons. Aux éditions Vaillant, toujours avec Nortier, Le Grèlé 7-13, puis Fanfan la Tulipe qu'il continue en solo avant d'entamer Cogan, une histoire d'aventures avec Jean Ollivier, inspirée des campagnes de la W.W.F. Gaty collabore chez Larousse à l'Histoire du Far-West avant de reprendre en 1980, le Démon des Caraïbes (Barbe Rouge) avec J.M. Charlier, après Hubinon et Jijé... Il retrouve Jean Ollivier, comme scénariste, au moment de la disparition de Jean-Michel Charlier. Texte et photo © Dargaud