Dans la collection de beboun7
Christian Gaty, Lucien Nortier, Jean Sanitas, 1973 - Fanfan la Tulipe - Planche originale
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1973 - Fanfan la Tulipe

Planche originale
1973
Encre de Chine
32 x 50 cm (12.6 x 19.69 in.)
Ajoutée le 15/05/2026
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Planche publiée

Description

Planche 3 de l'épisode "Les archers de l'écuelle" - Pif 216 du 16/04/1973

Commentaire

Inspiré du personnage populaire créé pour le cinéma dans les années 1950, Fanfan la Tulipe appartient à la tradition du héros français de cape et d’épée : fanfaron, courageux, amoureux de la liberté et prompt à défier l’autorité injuste. Son adaptation en bande dessinée dans les pages de Pif Gadget à partir de 1971 s’inscrit bien dans la ligne éditoriale : récits d’aventure accessibles, dynamiques et porteurs de valeurs positives (bravoure, solidarité, esprit de justice). Georges Rieu confie le scénario à Jean Sanitas, ancien résistant, entré à Vaillant en 1956 et scénariste, entre autres, de Bob Mallard, de certains épisodes de Jacques Flash de quelques gags de Placid et Muzo ou de Léo, bête à part. Jean Sanitas adopte une écriture vive et lisible. Le scénario met l’accent sur l’initiative individuelle, la malice et le courage plutôt que sur la hiérarchie ou la discipline aveugle. Moins célèbre que certaines grandes séries du journal, Fanfan la Tulipe demeure représentative de son catalogue : aventure populaire, optimiste et accessible, servie par des auteurs solides et qui fut publiée pendant près de 10 ans, jusqu’en 1980 !

Le dessin est assuré par le tandem Lucien Nortier et Christian Gaty. Gaty raconte : « J'adorais dessiner les personnages. Nortier, lui, préférait l'encrage et les paysages. Ainsi, nous nous répartissions le travail. Une planche nous demandait en général une journée de crayonnage et une journée d'encrage. Sur Fanfan, j'aimais bien les scénarios. Mais, en fait, on ne voyait Sanitas que très rarement, tout était centralisé chez Vaillant »

Sur le plan graphique, la planche adopte un découpage classique. Chaque case apporte une information précise, qu’elle soit gestuelle, spatiale ou narrative. Le dessin privilégie une représentation réaliste, tempérée par une stylisation maîtrisée. Les corps sont souples, constamment en mouvement, et se déploient dans des compositions dominées par la diagonale, procédé graphique essentiel pour traduire la vivacité des combats et des poursuites. Les armes, les jambes et les bras prolongent les lignes de force de l’image, donnant à l’action une fluidité quasi cinématographique. Le traitement du mouvement repose moins sur l’accumulation de signes graphiques que sur la justesse des postures et la logique interne des gestes.
L’encrage est plus libre que pour leurs séries précédentes (Ex Le grélé 7/13). Les personnages se détachent nettement des décors, esquissés avec une économie de moyens assumée. Cette sobriété graphique confère à cette planche de combat à l’épée une grande efficacité visuelle et renforce son accessibilité. Cette planche s’inscrit dans une tradition de la bande dessinée française d’aventures héritée de l’illustration classique : primauté du dessin, clarté du récit, goût pour l’aventure historique.

Publication

  • Le portrait magique
  • Vaillant
  • 04/1973
  • Page intérieure

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A propos de Christian Gaty

Après l'École Nationale supérieure des Beaux Arts, Gaty fonde (avec Raymond Poïvet, Paul Derambure et Robert Gigi), l'atelier de la rue des Pyramides. Il collabore aux éditions Meuwissen, (Lectures d'aujourd'hui) à la Société Parisienne d'Éditions, ainsi qu'au groupe Marijac. Dans Mickey, il crée avec Nortier, Thierry la Fronde, puis Les Espadons. Aux éditions Vaillant, toujours avec Nortier, Le Grèlé 7-13, puis Fanfan la Tulipe qu'il continue en solo avant d'entamer Cogan, une histoire d'aventures avec Jean Ollivier, inspirée des campagnes de la W.W.F. Gaty collabore chez Larousse à l'Histoire du Far-West avant de reprendre en 1980, le Démon des Caraïbes (Barbe Rouge) avec J.M. Charlier, après Hubinon et Jijé... Il retrouve Jean Ollivier, comme scénariste, au moment de la disparition de Jean-Michel Charlier. Texte et photo © Dargaud