In beboun7 's collection
1973 - Dr Justice
Ink
38 x 51.5 cm (14.96 x 20.28 in.)
Added on 3/8/24
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Description
Planche de titre de l'épisode : Le gang de l'Ambilar
Pif 230 du 23/07/1973
Pif 230 du 23/07/1973
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"Je m'appelle Justice. Docteur Benjamin Justice. Médecin attaché à l'OMS. Un médecin volant en quelque sorte. Abonné aux lignes aériennes internationales." Une première phrase tel un gimmick...Créé par Jean Ollivier au scénario et Marcello au dessin, Dr Justice apparaît dans les pages de Pif Gadget en 1970.
Dr Justice, est un médecin occidental exerçant beaucoup dans le monde entier. À la fois humanitaire, scientifique et aventurier, il intervient dans des situations mêlant urgences médicales, conflits locaux, trafics, injustices sociales et complots. Médecin de formation mais homme d’action par nécessité, il n’hésite pas à s’opposer directement aux exploiteurs, aux chefs de réseaux criminels ou aux puissances corrompues qui menacent les populations locales.
Comme généralement dans Vaillant puis Pif, la série aborde de nombreux thèmes récurrents : humanisme et solidarité (la médecine comme outil de progrès et de justice) ; dénonciation des abus (exploitation économique, violence coloniale ou post coloniale, trafic d’armes ou de ressources) ; découverte du monde et des peuples (mise en lumière de régions, de cultures et parfois de problématiques sanitaires réelles) ; aventure et action avec poursuites, affrontements, enquêtes, souvent sur un rythme soutenu.
Très apprécié des lecteurs de Pif (sans doute juste après Rahan), Dr Justice est représentatif du récit d’aventure engagé, mêlant divertissement et message moral. La série contribue à l’image d’un journal soucieux de transmettre des valeurs de justice, de solidarité et d’ouverture sur le monde, tout en proposant un imaginaire dépaysant et accessible au jeune lectorat.
Le dessin de Marcello se caractérise par un réalisme solide, des personnages expressifs et une mise en scène efficace de l’action. La narration est classique mais très fluide, privilégiant la clarté. Cette planche de titre se présente comme un prologue de l’histoire, dans lequel Marcello déploie avec méthode et élégance les codes de la bande dessinée d’aventure réaliste. L’organisation générale est d’une grande lisibilité : la composition guide le regard avec une rigueur quasi cinématographique. Chaque image répond à une fonction précise : présenter le héros, situer l’action, installer les dialogues, puis ouvrir la perspective sur l’aventure à venir.
L’entrée en matière se fait par un portrait saisissant du Docteur Justice (dont le modèle fut bien sûr Alain Delon). Le visage, traité en gros plan, concentre immédiatement l’attention : le dessin est précis, solidement charpenté par un jeu dense de hachures et d’ombres qui sculptent les traits. Le regard, fixe et frontal, impose une présence calme mais déterminée. Marcello confère ainsi à son personnage une autorité silencieuse ; le lecteur comprend d’emblée qu’il s’agit d’un homme de maîtrise, rationnel et expérimenté. Le costume sobre, participe à cette iconographie d’un héros moderne, loin de l’aventurier exotique au sens classique.
Vient ensuite la mise en place du cadre géographique. La vue aérienne du Caire s’étend presque comme une respiration au côté du portrait inaugural. La ville se déploie en un réseau serré de bâtiments et d’axes, dessinée avec un sens aigu du détail et de la profondeur. Ce panorama n’est pas un simple décor : il ancre le récit dans un espace réel, identifiable, et inscrit l’action dans une géographie concrète. Marcello privilégie ici une approche quasi documentaire, fidèle à l’esprit de la série.
Le deuxième strip introduit un moment de transition plus feutré, centré sur la rencontre entre Dr Justice et l’hôtesse de l’air. Marcello adopte ici un découpage plus resserré, privilégiant les plans rapprochés et les cadrages croisés. Les personnages sont représentés de biais, légèrement inclinés l’un vers l’autre, ce qui crée une dynamique de face-à-face maîtrisée, presque intimiste. L’hôtesse est dessinée avec une élégance sobre : posture droite, uniforme stylisé. Dr Justice, quant à lui, conserve son maintien calme et assuré (mais comment fait-il devant cette suberbe hôtesse ?). La scène ne cherche ni l’anecdote ni le romantisme ; elle remplit une fonction narrative précise, celle d’humaniser le départ et de ralentir momentanément le rythme avant l’élan de l’action. Par ce dialogue mesuré, Marcello souligne la modernité du cadre à cette époque — l’aviation civile, le voyage international — et inscrit le héros dans un réseau d’interactions professionnelles plutôt que dans l’isolement de l’aventurier solitaire. Ce passage agit comme un sas, une respiration graphique et narrative, avant que le récit ne bascule pleinement vers le mouvement et l’aventure.
Le travail graphique repose entièrement sur la force du noir et blanc. Les noirs sont profonds, parfois massifs, et structurent efficacement chaque vignette. Les hachures, omniprésentes mais jamais désordonnées, modèlent les volumes et renforcent la matérialité des corps, des visages et des objets. Il n’y a pas de recherche d’effet gratuit : le style de Marcello est fonctionnel, tendu vers la lisibilité et l’efficacité.
La planche se clôt sur une image spectaculaire : l’atterrissage de l’avion, puissamment campé sur la piste. Le soin apporté à la représentation de l’appareil est remarquable : moteurs, fuselage, train d’atterrissage, tout est rendu avec une précision presque technique.
Dans son ensemble, cette planche condense avec une grande clarté les qualités du travail de Marcello sur Dr Justice. Le dessin réaliste, précis sans être pesant, la narration limpide, l’attention portée aux lieux et aux objets, tout concourt à produire un récit d’aventure sérieux, ancré dans le réel, où l’action reste toujours subordonnée à une vision humaniste et rationnelle du monde. On y retrouve pleinement l’esprit de Pif au début des années 1970 : une bande dessinée qui divertit, mais qui observe, décrit et explique, sans jamais renoncer à l’efficacité du récit.
Dr Justice, est un médecin occidental exerçant beaucoup dans le monde entier. À la fois humanitaire, scientifique et aventurier, il intervient dans des situations mêlant urgences médicales, conflits locaux, trafics, injustices sociales et complots. Médecin de formation mais homme d’action par nécessité, il n’hésite pas à s’opposer directement aux exploiteurs, aux chefs de réseaux criminels ou aux puissances corrompues qui menacent les populations locales.
Comme généralement dans Vaillant puis Pif, la série aborde de nombreux thèmes récurrents : humanisme et solidarité (la médecine comme outil de progrès et de justice) ; dénonciation des abus (exploitation économique, violence coloniale ou post coloniale, trafic d’armes ou de ressources) ; découverte du monde et des peuples (mise en lumière de régions, de cultures et parfois de problématiques sanitaires réelles) ; aventure et action avec poursuites, affrontements, enquêtes, souvent sur un rythme soutenu.
Très apprécié des lecteurs de Pif (sans doute juste après Rahan), Dr Justice est représentatif du récit d’aventure engagé, mêlant divertissement et message moral. La série contribue à l’image d’un journal soucieux de transmettre des valeurs de justice, de solidarité et d’ouverture sur le monde, tout en proposant un imaginaire dépaysant et accessible au jeune lectorat.
Le dessin de Marcello se caractérise par un réalisme solide, des personnages expressifs et une mise en scène efficace de l’action. La narration est classique mais très fluide, privilégiant la clarté. Cette planche de titre se présente comme un prologue de l’histoire, dans lequel Marcello déploie avec méthode et élégance les codes de la bande dessinée d’aventure réaliste. L’organisation générale est d’une grande lisibilité : la composition guide le regard avec une rigueur quasi cinématographique. Chaque image répond à une fonction précise : présenter le héros, situer l’action, installer les dialogues, puis ouvrir la perspective sur l’aventure à venir.
L’entrée en matière se fait par un portrait saisissant du Docteur Justice (dont le modèle fut bien sûr Alain Delon). Le visage, traité en gros plan, concentre immédiatement l’attention : le dessin est précis, solidement charpenté par un jeu dense de hachures et d’ombres qui sculptent les traits. Le regard, fixe et frontal, impose une présence calme mais déterminée. Marcello confère ainsi à son personnage une autorité silencieuse ; le lecteur comprend d’emblée qu’il s’agit d’un homme de maîtrise, rationnel et expérimenté. Le costume sobre, participe à cette iconographie d’un héros moderne, loin de l’aventurier exotique au sens classique.
Vient ensuite la mise en place du cadre géographique. La vue aérienne du Caire s’étend presque comme une respiration au côté du portrait inaugural. La ville se déploie en un réseau serré de bâtiments et d’axes, dessinée avec un sens aigu du détail et de la profondeur. Ce panorama n’est pas un simple décor : il ancre le récit dans un espace réel, identifiable, et inscrit l’action dans une géographie concrète. Marcello privilégie ici une approche quasi documentaire, fidèle à l’esprit de la série.
Le deuxième strip introduit un moment de transition plus feutré, centré sur la rencontre entre Dr Justice et l’hôtesse de l’air. Marcello adopte ici un découpage plus resserré, privilégiant les plans rapprochés et les cadrages croisés. Les personnages sont représentés de biais, légèrement inclinés l’un vers l’autre, ce qui crée une dynamique de face-à-face maîtrisée, presque intimiste. L’hôtesse est dessinée avec une élégance sobre : posture droite, uniforme stylisé. Dr Justice, quant à lui, conserve son maintien calme et assuré (mais comment fait-il devant cette suberbe hôtesse ?). La scène ne cherche ni l’anecdote ni le romantisme ; elle remplit une fonction narrative précise, celle d’humaniser le départ et de ralentir momentanément le rythme avant l’élan de l’action. Par ce dialogue mesuré, Marcello souligne la modernité du cadre à cette époque — l’aviation civile, le voyage international — et inscrit le héros dans un réseau d’interactions professionnelles plutôt que dans l’isolement de l’aventurier solitaire. Ce passage agit comme un sas, une respiration graphique et narrative, avant que le récit ne bascule pleinement vers le mouvement et l’aventure.
Le travail graphique repose entièrement sur la force du noir et blanc. Les noirs sont profonds, parfois massifs, et structurent efficacement chaque vignette. Les hachures, omniprésentes mais jamais désordonnées, modèlent les volumes et renforcent la matérialité des corps, des visages et des objets. Il n’y a pas de recherche d’effet gratuit : le style de Marcello est fonctionnel, tendu vers la lisibilité et l’efficacité.
La planche se clôt sur une image spectaculaire : l’atterrissage de l’avion, puissamment campé sur la piste. Le soin apporté à la représentation de l’appareil est remarquable : moteurs, fuselage, train d’atterrissage, tout est rendu avec une précision presque technique.
Dans son ensemble, cette planche condense avec une grande clarté les qualités du travail de Marcello sur Dr Justice. Le dessin réaliste, précis sans être pesant, la narration limpide, l’attention portée aux lieux et aux objets, tout concourt à produire un récit d’aventure sérieux, ancré dans le réel, où l’action reste toujours subordonnée à une vision humaniste et rationnelle du monde. On y retrouve pleinement l’esprit de Pif au début des années 1970 : une bande dessinée qui divertit, mais qui observe, décrit et explique, sans jamais renoncer à l’efficacité du récit.
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About Carlo Marcello
Raffaele Carlo Marcello, also known as Raphaël Marcello, Raphaël, or Marcello, is an Italian cartoonist. He joined Pif Gadget in 1970 where he created his most famous series, Docteur Justice, with the scriptwriter Jean Ollivier.