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1969 - Gai-Luron par Gotlib - Planche originale
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1969 - Gai-Luron

Planche originale
1969
Encre de Chine
36.5 x 43 cm (14.37 x 16.93 in.)
Ajoutée le 28/04/2026
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Page publiée - Pif 35

Description

Planche 1/2 du gag du Pif 35 ( 20/10/1969)

Commentaire

Fin 1969, juste à la transformation de Vaillant en Pif Gadget, Gotlib met un terme à sa collaboration avec Vaillant, qu’il accompagnait de manière régulière 1962. La série sera alors reprise par Jean Claude Dufranne, qui en assurera la continuité graphique et narrative.

Sur les débuts de Gotlib à Vaillant : https://2dg.me/5qdl
Sur le personnage de Gai-Luron : https://2dg.me/4pef

Cette planche adopte une grille régulière. Ce découpage serré favorise un rythme rapide, proche du gag en chaîne, où chaque case ajoute une information visuelle ou sonore plutôt qu’un long développement narratif. On note cependant une accélération visuelle dans la moitié inférieure de la planche : les cases deviennent plus animées, plus « bruyantes », saturées d’onomatopées et de gestes. La régularité du gaufrier est ainsi mise au service d’une montée progressive du chaos.
Le trait est souple, nerveux, très lisible, caractéristique du Gotlib de cette période. Les personnages sont dessinés avec des corps légèrement élastiques, capables de se déformer dans l’action, des visages expressifs, où les yeux et la bouche jouent un rôle central, une économie de détails vestimentaires, compensée par la clarté des silhouettes. Les poses sont souvent instables ou déséquilibrées, traduisant l’attente, la surprise ou la panique. Les corps ne sont jamais figés : même dans les dialogues calmes du début, une légère inclinaison ou un geste parasite prépare le basculement comique. Graphiquement, le mouvement est rendu par plusieurs procédés combinés : répétition de lignes de vibration, notamment autour des bras, des objets et des corps soumis à une force extérieure déformations exagérées des membres. Dans les dernières cases, le mouvement devient envahissant : il déborde, se superpose, et prend parfois le pas sur la lisibilité anatomique, ce qui est pleinement assumé comme effet humoristique.

Un élément central de cette planche est l’usage massif des onomatopées, qui ne sont pas seulement des indications sonores mais de véritables formes visuelles. Les mots (« VRR », « BRADABOUM », « CLAK », « POUET », etc.) varient sans cesse de taille, d’épaisseur et de courbure. Certaines lettres sont droites et tranchantes, d’autres molles ou ondulantes, en adéquation avec la nature du bruit qu’elles représentent. Les onomatopées s’inscrivent parfois dans l’espace de la scène comme des objets à part entière, entrant en collision visuelle avec Gai Luron.

Pour Gotlib, le texte cesse d’être subordonné au dessin et participe pleinement de la composition. Progressivement les dialogues se raréfient, les bulles se font plus courtes et l’image et le bruit prennent le relais du verbal. À la fin, la narration devient presque entièrement graphique, avec une compréhension fondée sur l’enchaînement visuel et sonore plutôt que sur l’explication écrite. C’est un humour de situation purement plastique. Le contraste noir/blanc est utilisé avec efficacité : tout repose sur la ligne et le contraste. Cette sobriété graphique accentue la vitesse de lecture et permet aux effets comiques d’être immédiatement perceptibles.
Graphiquement, cette planche apparaît comme un point d’équilibre. Elle est encore très lisible et conforme aux contraintes de Pif, mais déjà envahie par une exubérance graphique et sonore. On y lit un Gotlib parfaitement maître de son outil, mais aussi prêt à pousser plus loin la liberté formelle — ce qu’il fera pleinement en dehors de ce cadre éditorial, dans des journaux plus adultes.

Publication

  • Numéro 35
  • Vaillant
  • 10/1969
  • Page 68

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A propos de Gotlib

Marcel Mordekhaï Gottlieb, dit Gotlib est un auteur de bande dessinée français. Il est surtout connu pour ses histoires humoristiques (Gai-Luron, Les Dingodossiers, La Rubrique-à-brac) et les nombreuses pages qu'il a publiées dans deux importants mensuels qu'il a créés dans les années 1970, L'Écho des savanes et Fluide glacial.

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