Dans la collection de beboun7
1967 - Nasdine Hodja version Poche
Encre de Chine
21.8 x 23 cm (8.58 x 9.06 in.)
Ajoutée le 03/04/2026
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Description
Planches 86 et 87 de l'Insaisissable N°1 - mai 1967
Commentaire
Nasdine Hodja, créé par Lecureux et inspiré par le roman Quelqu’un trouble la fête de Leonid Soloviov, occupe une place essentielle dans Vaillant, où il est publié de 1946 à 1972 et devient l’une des figures majeures du journal. Série d’aventure située dans un Orient de légende, elle met en scène un justicier rusé et populaire, défendant le peuple contre vizirs et califes, ce qui en fait un récit emblématique de Vaillant. Grâce au scénariste Roger Lécureux et aux dessinateurs successifs (Bastard puis Violet avant Le Guen, puis Legoff et Di Marco), Nasdine Hodja s’impose durablement comme l’un des piliers narratifs du magazine.
La reprise de Nasdine Hodja par Pierre Le Guen dans Vaillant en 1953
En 1953, la série Nasdine Hodja connaît un tournant décisif avec l’arrivée du dessinateur Pierre Le Guen. Cette reprise marque le début de ce qui est souvent considéré comme l’âge classique du justicier « Insaisissable ». Pierre Le Guen entame son travail sur la série le 13 décembre 1953, où il apparaît pour la première fois dans Vaillant n°448, d’abord sous la forme d’une simple illustration. Dès le numéro suivant, il s’engage dans la création de longs récits à suivre puis en récits complets qui s’échelonnent durant plusieurs années.
Le Guen s’impose rapidement comme la figure illustrative dominante de Nasdine Hodja, à tel point que nombre d’amateurs et d’historiens considèrent sa version comme « la plus belle ». Ce jugement est d’autant plus justifié que son travail s’étend de 1953 à 1969, couvrant ainsi la période la plus longue et la plus productive de la série. Il développe un style dynamique, réaliste, précis dans le rendu architectural et vestimentaire, qui correspond pleinement à l’imaginaire orientaliste entretenu par le scénariste Roger Lécureux.
Parallèlement aux publications dans Vaillant, Nasdine Hodja, avec l’Insaisissable, fait l’objet d’une publication en version poche en mai 1967. Ce format, mis en avant pour relancer les ventes de l’hebdomadaire à partir de 1962 fasse au développement des Petits Formats, marche très bien pour les séries comiques mais se révèle moins bien adapté pour les récits d’aventure. Seules 4 publications de l’Insaisissable poche seront publiées jusqu’en février 1968.
Analyse graphique
Les récits de Nasdine dans cette version réduite de Vaillant semblent s’inscrire dans un espace restreint où chaque image doit contenir le maximum de sens, concentrant à la fois le texte, l’action et les décors dans un équilibre délicat.
Le trait de Le Guen s’impose avec une précision presque grave. Les personnages se tiennent droits, enveloppés dans des draperies qui retombent en plis fermes et réguliers. Leur présence n’est jamais éclatante mais toujours mesurée. Le dessin privilégie les silhouettes, les attitudes, le port du corps plutôt que l’expression des visages. Ainsi, ce ne sont pas des émotions que l’on lit, mais des positions, des orientations, des rapports de force discrets.
Le contraste domine : des noirs profonds, posés en aplats réguliers, découpent les intérieurs et les zones d’ombre comme des masses d’encre compactes, tandis que des réseaux de hachures fines animent les surfaces plus souples, les étoffes, les terrains irréguliers. Dans les paysages, les lignes se font plus souples et glissent le long des collines. L’étendue représentée dans la grande case inférieure de la première planche laisse respirer le regard : un vallon sinueux, légèrement écrasé par les bords, se déploie au-delà du premier plan, offrant un moment de calme visuel avant que le récit ne replonge dans les murs sévères de la cité. Cette alternance est l’une des forces graphiques de ces pages. D’un côté, une nature qui semble déserte, lourde, immobile ; de l’autre, des architectures massives, dont la simplicité géométrique se voit renforcée par un usage généreux du noir.
Le texte, dense et dominant, occupe une part notable de la surface. Il impose un rythme particulier : les phrases descriptives, longues et élaborées, amènent l’image à fonctionner moins comme une scène émotionnelle que comme une illustration précise d’un rapport stratégique, d’une analyse de situation. L’image accompagne, enrichit, situe. Le dessin agit comme une lumière fixe sur un récit déjà largement établi par les mots.
Dans ces deux planches, la narration visuelle, retenue mais précise, évoque un monde où la stratégie s’équilibre avec l’action, où la parole structure l’espace, et où chaque décor, qu’il soit minéral ou végétal, devient l’un des acteurs de la scène. L’ensemble compose une atmosphère grave mais d’une richesse graphique qui traduit, sans éclat superflu, une maîtrise affirmée du dessin réaliste d’aventure.
La reprise de Nasdine Hodja par Pierre Le Guen dans Vaillant en 1953
En 1953, la série Nasdine Hodja connaît un tournant décisif avec l’arrivée du dessinateur Pierre Le Guen. Cette reprise marque le début de ce qui est souvent considéré comme l’âge classique du justicier « Insaisissable ». Pierre Le Guen entame son travail sur la série le 13 décembre 1953, où il apparaît pour la première fois dans Vaillant n°448, d’abord sous la forme d’une simple illustration. Dès le numéro suivant, il s’engage dans la création de longs récits à suivre puis en récits complets qui s’échelonnent durant plusieurs années.
Le Guen s’impose rapidement comme la figure illustrative dominante de Nasdine Hodja, à tel point que nombre d’amateurs et d’historiens considèrent sa version comme « la plus belle ». Ce jugement est d’autant plus justifié que son travail s’étend de 1953 à 1969, couvrant ainsi la période la plus longue et la plus productive de la série. Il développe un style dynamique, réaliste, précis dans le rendu architectural et vestimentaire, qui correspond pleinement à l’imaginaire orientaliste entretenu par le scénariste Roger Lécureux.
Parallèlement aux publications dans Vaillant, Nasdine Hodja, avec l’Insaisissable, fait l’objet d’une publication en version poche en mai 1967. Ce format, mis en avant pour relancer les ventes de l’hebdomadaire à partir de 1962 fasse au développement des Petits Formats, marche très bien pour les séries comiques mais se révèle moins bien adapté pour les récits d’aventure. Seules 4 publications de l’Insaisissable poche seront publiées jusqu’en février 1968.
Analyse graphique
Les récits de Nasdine dans cette version réduite de Vaillant semblent s’inscrire dans un espace restreint où chaque image doit contenir le maximum de sens, concentrant à la fois le texte, l’action et les décors dans un équilibre délicat.
Le trait de Le Guen s’impose avec une précision presque grave. Les personnages se tiennent droits, enveloppés dans des draperies qui retombent en plis fermes et réguliers. Leur présence n’est jamais éclatante mais toujours mesurée. Le dessin privilégie les silhouettes, les attitudes, le port du corps plutôt que l’expression des visages. Ainsi, ce ne sont pas des émotions que l’on lit, mais des positions, des orientations, des rapports de force discrets.
Le contraste domine : des noirs profonds, posés en aplats réguliers, découpent les intérieurs et les zones d’ombre comme des masses d’encre compactes, tandis que des réseaux de hachures fines animent les surfaces plus souples, les étoffes, les terrains irréguliers. Dans les paysages, les lignes se font plus souples et glissent le long des collines. L’étendue représentée dans la grande case inférieure de la première planche laisse respirer le regard : un vallon sinueux, légèrement écrasé par les bords, se déploie au-delà du premier plan, offrant un moment de calme visuel avant que le récit ne replonge dans les murs sévères de la cité. Cette alternance est l’une des forces graphiques de ces pages. D’un côté, une nature qui semble déserte, lourde, immobile ; de l’autre, des architectures massives, dont la simplicité géométrique se voit renforcée par un usage généreux du noir.
Le texte, dense et dominant, occupe une part notable de la surface. Il impose un rythme particulier : les phrases descriptives, longues et élaborées, amènent l’image à fonctionner moins comme une scène émotionnelle que comme une illustration précise d’un rapport stratégique, d’une analyse de situation. L’image accompagne, enrichit, situe. Le dessin agit comme une lumière fixe sur un récit déjà largement établi par les mots.
Dans ces deux planches, la narration visuelle, retenue mais précise, évoque un monde où la stratégie s’équilibre avec l’action, où la parole structure l’espace, et où chaque décor, qu’il soit minéral ou végétal, devient l’un des acteurs de la scène. L’ensemble compose une atmosphère grave mais d’une richesse graphique qui traduit, sans éclat superflu, une maîtrise affirmée du dessin réaliste d’aventure.
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A propos de Pierre Le Guen
Pierre Le Guen, né à Versailles, entre à Vaillant en 1950 où il campe Hourrah Freddy !, puis Nasdine Hodja et Jacques Flash en 1953. On le rencontre dans l'Humanité, Pierrot, Formule 1 et aux éditions Hachette, Dargaud, Bordas, Auzou... Cet auteur talentueux termine sa carrière dans l'anonymat, ne parvenant pas à trouver sa place dans les nouveaux titres de la presse BD.
Texte © Glénat