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Description
Planche 2 de cette histoire de Hourrah Freddi !
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Claude Henri Juillard, né le 2 août 1915 et mort le 24 avril 1990, est un dessinateur et scénariste de bande dessinée dont la carrière commence en 1946. Il signe généralement ses planches de son prénom Claude Henri. Il entre à Vaillant en 1948 où il déploie l’essentiel de son œuvre. Il y crée ou reprend plusieurs séries, dont Hourrah Freddi !, Lynx Blanc et plus tard P’tit Joc. Il dessine lors de sa carrière plusieurs milliers de planches mais, faute de série emblématique majeure, ne sera jamais vraiment reconnu.
La série Hourrah Freddi est co-créée par Jean Ollivier et Roger Lécureux. Elle est publiée dans Vaillant à partir du numéro V151 (1948). Hourrah Freddi est l’une des toutes premières contributions majeures de Claude-Henri Juillard dès son arrivée chez Vaillant en 1948. Elle marque le début de sa collaboration intense avec le journal jusqu’en 1964. La série s’étend jusqu’en 1953, avec plusieurs cycles. Hourrah Freddi fait partie des séries mises en avant pour fidéliser le lectorat en apparaissant parmi les BD « à suivre », aux côtés de Bob Mallard, Les Pionniers de l’Espérance et Lynx Blanc.
Cette série met en scène un jeune héros sportif, évoluant dans les milieux de la course cycliste, de la course automobile, de la boxe, du ski ou encore de la moto. Les intrigues sont rythmées, combinant aventure, épreuves athlétiques et esprit d’équipe. Le personnage est conçu comme un modèle positif pour la jeunesse, un héros sportif, courageux et volontaire, en cohérence avec la ligne éditoriale du journal.
Le journal valorise aussi les pratiques sportives, bien visibles dans les nombreuses rubriques « Freddi vous parle » consacrées à l’initiation sportive (natation, rugby, athlétisme, etc.). Cette continuité éditoriale montre que Hourrah Freddi n’est pas seulement une BD de fiction : c’est aussi un levier pédagogique pour encourager les jeunes lecteurs à adopter une hygiène de vie active.
Le style graphique de cette planche
Cette planche témoigne d’un style particulièrement représentatif de Claude-Henri Juillard au début des années 1950 : un mélange de réalisme rigoureux, de mise en scène très lisible et d’un usage intelligent des noirs qui ancre le récit dans une atmosphère à la fois quotidienne et dramatique.
Le trait de Juillard se caractérise ici par des silhouettes très structurées, des attitudes crédibles, une observation fine du monde réel. Les vêtements, plis de tissus, manteaux, sacs, murs, escaliers et environnements urbains sont rendus avec une précision documentaire. Le dessin tend vers un réalisme accessible, typique des récits populaires publiés dans les revues Vaillant.
L’encrage se distingue par de grandes masses d’ombre, des zones sombres très contrastées, une gestion efficace du clair obscur. Les scènes de rue, les intérieurs et les passages en contre jour témoignent d’une influence indirecte du cinéma noir ou du roman graphique réaliste européen. Ces noirs donnent du volume aux personnages et renforcent les enjeux dramatiques de la scène.
La mise en scène très fluide est riche en variations. La planche montre des plans rapprochés pour donner de l’intensité aux échanges, des plans larges pour situer l’action dans un espace réaliste, une alternance rythmée entre scènes dialoguées et scènes descriptives.
Cette variété témoigne d’une grande maturité dans le découpage, une qualité essentielle dans les bandes dessinées feuilletonnantes des années 1950. Juillard sait guider l’œil du lecteur sans confusion.
Les expressions corporelles sont bien travaillées. Juillard utilise avant tout le langage du corps pour transmettre tensions, hésitations, explications ou conflits. Cela enrichit considérablement la narration.
Les éléments de décor — ruelles pavées, pierres, portes, encadrements, rampes d’escaliers, objets du quotidien — sont dessinés avec une attention constante. Ce soin renforce l’ancrage réaliste de l’histoire et installe une ambiance locale crédible, L’arrière plan n’est jamais négligé, ce qui distingue le travail de Juillard de celui d’auteurs plus caricaturaux du même magazine.
Pour moi, cette planche montre aussi la vie d’une bande de gamins dans le Paris des années 50 aux abords du canal de l’Ourcq. Une jeunesse espiègle, rusée, issue de familles pauvres et des jeunes qui veulent s’en sortir. Parisien d’origine, aujourd’hui installé à Belleville, les beaux pavés luisants et l’évocation du canal ne pouvaient que me parler …
Si jamais, je recherche des informations sur le numéro de Vaillant correspondant et une image de la planche publiée…
La série Hourrah Freddi est co-créée par Jean Ollivier et Roger Lécureux. Elle est publiée dans Vaillant à partir du numéro V151 (1948). Hourrah Freddi est l’une des toutes premières contributions majeures de Claude-Henri Juillard dès son arrivée chez Vaillant en 1948. Elle marque le début de sa collaboration intense avec le journal jusqu’en 1964. La série s’étend jusqu’en 1953, avec plusieurs cycles. Hourrah Freddi fait partie des séries mises en avant pour fidéliser le lectorat en apparaissant parmi les BD « à suivre », aux côtés de Bob Mallard, Les Pionniers de l’Espérance et Lynx Blanc.
Cette série met en scène un jeune héros sportif, évoluant dans les milieux de la course cycliste, de la course automobile, de la boxe, du ski ou encore de la moto. Les intrigues sont rythmées, combinant aventure, épreuves athlétiques et esprit d’équipe. Le personnage est conçu comme un modèle positif pour la jeunesse, un héros sportif, courageux et volontaire, en cohérence avec la ligne éditoriale du journal.
Le journal valorise aussi les pratiques sportives, bien visibles dans les nombreuses rubriques « Freddi vous parle » consacrées à l’initiation sportive (natation, rugby, athlétisme, etc.). Cette continuité éditoriale montre que Hourrah Freddi n’est pas seulement une BD de fiction : c’est aussi un levier pédagogique pour encourager les jeunes lecteurs à adopter une hygiène de vie active.
Le style graphique de cette planche
Cette planche témoigne d’un style particulièrement représentatif de Claude-Henri Juillard au début des années 1950 : un mélange de réalisme rigoureux, de mise en scène très lisible et d’un usage intelligent des noirs qui ancre le récit dans une atmosphère à la fois quotidienne et dramatique.
Le trait de Juillard se caractérise ici par des silhouettes très structurées, des attitudes crédibles, une observation fine du monde réel. Les vêtements, plis de tissus, manteaux, sacs, murs, escaliers et environnements urbains sont rendus avec une précision documentaire. Le dessin tend vers un réalisme accessible, typique des récits populaires publiés dans les revues Vaillant.
L’encrage se distingue par de grandes masses d’ombre, des zones sombres très contrastées, une gestion efficace du clair obscur. Les scènes de rue, les intérieurs et les passages en contre jour témoignent d’une influence indirecte du cinéma noir ou du roman graphique réaliste européen. Ces noirs donnent du volume aux personnages et renforcent les enjeux dramatiques de la scène.
La mise en scène très fluide est riche en variations. La planche montre des plans rapprochés pour donner de l’intensité aux échanges, des plans larges pour situer l’action dans un espace réaliste, une alternance rythmée entre scènes dialoguées et scènes descriptives.
Cette variété témoigne d’une grande maturité dans le découpage, une qualité essentielle dans les bandes dessinées feuilletonnantes des années 1950. Juillard sait guider l’œil du lecteur sans confusion.
Les expressions corporelles sont bien travaillées. Juillard utilise avant tout le langage du corps pour transmettre tensions, hésitations, explications ou conflits. Cela enrichit considérablement la narration.
Les éléments de décor — ruelles pavées, pierres, portes, encadrements, rampes d’escaliers, objets du quotidien — sont dessinés avec une attention constante. Ce soin renforce l’ancrage réaliste de l’histoire et installe une ambiance locale crédible, L’arrière plan n’est jamais négligé, ce qui distingue le travail de Juillard de celui d’auteurs plus caricaturaux du même magazine.
Pour moi, cette planche montre aussi la vie d’une bande de gamins dans le Paris des années 50 aux abords du canal de l’Ourcq. Une jeunesse espiègle, rusée, issue de familles pauvres et des jeunes qui veulent s’en sortir. Parisien d’origine, aujourd’hui installé à Belleville, les beaux pavés luisants et l’évocation du canal ne pouvaient que me parler …
Si jamais, je recherche des informations sur le numéro de Vaillant correspondant et une image de la planche publiée…
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About Claude-Henri Juillard
Claude-Henri Juillard started his career in 1946 with several short stories for the publications of the S.A.E.T.L. His also appeared in such magazines as Petit Canard ('Le Serpent Jaune', 'Le Prince de Vijanagar') and Jeudi-Magazine Zorro (with 'Olivier de Termont', 'Capitaine Tornade', 'Ivanhoé' and 'Saint-Louis'). From 1948, Claude Henri was also active for Vaillant, where he illustrated such series as 'Hourrah Freddi' (1948-1953), 'Lynx Blanc' (as Bob Sim, 1952-1954, 1957-1961) and 'P'Tit Joc' (1961-1962).
For the same publisher, he drew 'Charles Oscar' in 34 Caméra. Throughout the 1950s and 1960s, Claude Henri also produced comics for Gaucho, Téméraire, Spirou, Pilote and Record. From 1965 to the mid-1970s, he specialized in illustrating for young females and cooperated on such magazines as Lisette, Line and J2 Magazine. Claude Henri was active until the late 1980s with illustration work for Mondiales publishers.
Text (c) Lambiek