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Francis Josse, 1946 - Gil Rob, le preux des forêts - Comic Strip
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1946 - Gil Rob, le preux des forêts

Comic Strip
1946
Ink
32 x 38.5 cm (12.6 x 15.16 in.)
Added on 2/19/26
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Demi-Planche 1 publiée

Description

Planche 11
Publication dans Vaillant 74 du 10/10/1946

Comment

Gil Rob, publié en 1946 dans Vaillant (n° 64 à 83), est une courte série chevaleresque de 20 planches réalisée par Francis Josse.

Pendant la Grande Jacquerie, le jeune noble orphelin Gilles de Lestelle, dit Gil Rob, vit au manoir d’Aubercourt auprès de son oncle, du sournois Hugues l’Ours et de la juste comtesse Yolande. Alors que les seigneurs accablent les paysans affamés, le cruel voisin Sire de Giac multiplie les abus.
Refusant l’injustice, Gil Rob prend parti pour les villageois et rompt avec sa famille. Il sauve à plusieurs reprises Perrette, la fille du vieux Mahiet, et déjoue, avec l’aide de son écuyer Colinet, les pièges tendus par Hugues l’Ours et son complice Saignebœuf.
Lorsque la Jacquerie éclate, Sire de Giac est éliminé. Gil Rob abat Hugues l’Ours d’une flèche, tandis que Colinet se charge de Saignebœuf. Avec la chute des oppresseurs, une ère nouvelle semble enfin s’ouvrir pour les paysans.


Bien que courte, Gil Rob occupe une place importante dans l’évolution éditoriale de Vaillant. Publiée en 1946, elle figure parmi les tout premiers récits d’aventure médiévale du journal et annonce clairement l’orientation future de l’hebdomadaire vers de grandes séries historiques et héroïques. Elle préfigure notamment Yves le Loup (série également médiévale, démarrée peu après dans Vaillant) et les récits inspirés de Robin des Bois, deux piliers de l’imaginaire chevaleresque du journal dans les années suivantes. Par son ton, ses thématiques et son esthétique, Gil Rob peut ainsi être considérée comme une première ébauche des grandes sagas héroïques qui marqueront durablement l’identité du titre.

Francis Josse : un parcours contrasté et étonnant
Francis Josse (1915 1991), également connu sous les pseudonymes Monchas et Francey, s’est illustré pendant l’Occupation dans la revue Le Téméraire, où il dessine notamment Marc le Téméraire, publication clairement pronazie.
Après la Libération, il rejoint pourtant Vaillant, journal issu de la Résistance et de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France — un contraste frappant compte tenu de son passé éditorial.

L’Atelier 63 : un autre lien inattendu
Ce paradoxe devient encore plus intéressant lorsqu’on sait que Francis Josse est cofondateur, dès la Libération, du premier Atelier 63, aux côtés de deux amis : Raymond Poïvet et Paul Derambure.
Or, Raymond Poïvet lui-même avait collaboré au Téméraire pendant la guerre, avant de devenir l’un des piliers de Vaillant, notamment avec Les Pionniers de l’Espérance.
Ainsi, l’Atelier 63 naît dans l’immédiat après-guerre comme un collectif de dessinateurs talentueux, dont certains portent un passé graphique lié à la presse collaborationniste… mais qui vont devenir des figures centrales de la BD progressiste publiée dans Vaillant.

Un cas emblématique des paradoxes de l’après-guerre
La trajectoire de Francis Josse — du Téméraire à Vaillant, en passant par la création d’un atelier avec Poïvet, lui aussi issu du même journal — témoigne des zones grises et des reconfigurations rapides du monde de la bande dessinée après 1945.

Gil Rob devient ainsi non seulement un récit chevaleresque, mais aussi le reflet d’un moment singulier où des artistes aux parcours idéologiquement opposés se retrouvent à reconstruire ensemble un nouveau paysage de la BD française.

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