Dans la collection de EricB
2024 - Alice au pays des merveilles avec le Chat du Cheshire et le Lapin blanc - Benjamin Lacombe
Techniques mixtes
Base de peinture à l’huile
67 x 71 cm (26.38 x 27.95 in.)
Ajoutée le 01/01/2026
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Dans ses illustrations, Benjamin Lacombe réinvente Alice au pays des merveilles avec son esthétique immédiatement reconnaissable : un univers à la fois onirique et inquiétant, empreint de mélancolie, où la douceur apparente dissimule toujours une part d’étrangeté.
Alice est représentée au centre de cette illustration, presque immobile, figée dans une attitude de méditation silencieuse. Son visage pâle, aux traits délicats, évoque la porcelaine, comme une poupée fragile dans un monde qui la dépasse. Son regard, grand ouvert, ne traduit ni l’effroi ni totalement l’innocence: il se situe dans une zone intermédiaire, entre la stupeur et la lucidité naissante. Ce n’est plus l’enfant naïve qui tombe dans le terrier, mais une Alice en train de comprendre que l’absurde n’est pas seulement un jeu, mais une logique parallèle.
Le Lapin blanc, le personnage retardataire qui emmène dans la précipitation Alice vers cet autre Monde, posé contre elle avec une tendresse presque protectrice, renforce le sentiment d’ambiguïté. Habituellement personnage pressé, obsessionnel du temps, il apparaît ici étrangement apaisé, presque vulnérable, comme s’il était lui aussi captif de ce jardin clos. Sa fourrure d’un blanc laiteux, ses grands yeux rouges, soulignent le contraste entre l’apparente douceur de la scène et le malaise diffus qui s’en dégage.
Derrière Alice se dresse le Chat du Cheshire (le Cheshire est une région d’Angleterre d'où est originaire Lewis Carroll, le nom de ce chat qui sourit tout le temps fait également référence à une expression anglaise : to grin as a Cheshire cat ["sourire comme un chat du Cheshire"]), immense, légèrement courbé autour d’elle comme une présence enveloppante et menaçante à la fois. Son sourire carnassier, exagéré, illumine la pénombre végétale. Ses couleurs — bleu électrique et violet profond — tranchent avec le reste de la palette dominée par les verts sombres et les teintes sourdes. Il incarne ici la conscience ironique du monde des merveilles, cette intelligence qui voit tout, mais ne dit jamais rien de manière claire, jouant avec le destin d’Alice comme avec une énigme.
Le décor végétal, dense, presque étouffant, transforme le jardin en une sorte de prison organique. La profusion de feuilles stylisées, aux verts profonds et patinés, évoque une nature close, sans horizon. Dans cette jungle figée, les cartes à jouer disséminées prennent une dimension symbolique forte : elles rappellent l’arbitraire des règles du monde de la Reine de Cœur, mais suggèrent aussi que cet univers tout entier est un jeu de hasard, où Alice n’est qu’un pion conscient de son propre déplacement.
La tasse de thé qu’elle tient entre ses mains ajoute une touche de calme trompeur. Elle évoque le célèbre tea time, mais ici le rituel semble vidé de sa folie apparente pour devenir un moment suspendu, un îlot de normalité dérisoire au cœur du chaos.
Par cette composition, Benjamin Lacombe ne cherche pas seulement à illustrer un passage du conte : il en propose une lecture sensible et intérieure. Il montre une Alice à la frontière entre l’enfance et la conscience, entre le rêve et l’inquiétude, enfermée dans un monde merveilleux qui ressemble déjà à une métaphore du monde réel.
Je suis très heureux d’ajouter à ma collection cette peinture de Benjamin Lacombe qui est très représentative de son travail, en particulier celui sur l’univers d’Alice.
Une merveilleuse 😊 publication pour ce 1er janvier 😉
J'en profite pour souhaiter à tous les membres du site une bonne et heureuse année 2026.
Alice est représentée au centre de cette illustration, presque immobile, figée dans une attitude de méditation silencieuse. Son visage pâle, aux traits délicats, évoque la porcelaine, comme une poupée fragile dans un monde qui la dépasse. Son regard, grand ouvert, ne traduit ni l’effroi ni totalement l’innocence: il se situe dans une zone intermédiaire, entre la stupeur et la lucidité naissante. Ce n’est plus l’enfant naïve qui tombe dans le terrier, mais une Alice en train de comprendre que l’absurde n’est pas seulement un jeu, mais une logique parallèle.
Le Lapin blanc, le personnage retardataire qui emmène dans la précipitation Alice vers cet autre Monde, posé contre elle avec une tendresse presque protectrice, renforce le sentiment d’ambiguïté. Habituellement personnage pressé, obsessionnel du temps, il apparaît ici étrangement apaisé, presque vulnérable, comme s’il était lui aussi captif de ce jardin clos. Sa fourrure d’un blanc laiteux, ses grands yeux rouges, soulignent le contraste entre l’apparente douceur de la scène et le malaise diffus qui s’en dégage.
Derrière Alice se dresse le Chat du Cheshire (le Cheshire est une région d’Angleterre d'où est originaire Lewis Carroll, le nom de ce chat qui sourit tout le temps fait également référence à une expression anglaise : to grin as a Cheshire cat ["sourire comme un chat du Cheshire"]), immense, légèrement courbé autour d’elle comme une présence enveloppante et menaçante à la fois. Son sourire carnassier, exagéré, illumine la pénombre végétale. Ses couleurs — bleu électrique et violet profond — tranchent avec le reste de la palette dominée par les verts sombres et les teintes sourdes. Il incarne ici la conscience ironique du monde des merveilles, cette intelligence qui voit tout, mais ne dit jamais rien de manière claire, jouant avec le destin d’Alice comme avec une énigme.
Le décor végétal, dense, presque étouffant, transforme le jardin en une sorte de prison organique. La profusion de feuilles stylisées, aux verts profonds et patinés, évoque une nature close, sans horizon. Dans cette jungle figée, les cartes à jouer disséminées prennent une dimension symbolique forte : elles rappellent l’arbitraire des règles du monde de la Reine de Cœur, mais suggèrent aussi que cet univers tout entier est un jeu de hasard, où Alice n’est qu’un pion conscient de son propre déplacement.
La tasse de thé qu’elle tient entre ses mains ajoute une touche de calme trompeur. Elle évoque le célèbre tea time, mais ici le rituel semble vidé de sa folie apparente pour devenir un moment suspendu, un îlot de normalité dérisoire au cœur du chaos.
Par cette composition, Benjamin Lacombe ne cherche pas seulement à illustrer un passage du conte : il en propose une lecture sensible et intérieure. Il montre une Alice à la frontière entre l’enfance et la conscience, entre le rêve et l’inquiétude, enfermée dans un monde merveilleux qui ressemble déjà à une métaphore du monde réel.
Je suis très heureux d’ajouter à ma collection cette peinture de Benjamin Lacombe qui est très représentative de son travail, en particulier celui sur l’univers d’Alice.
Une merveilleuse 😊 publication pour ce 1er janvier 😉
J'en profite pour souhaiter à tous les membres du site une bonne et heureuse année 2026.
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A propos de Benjamin Lacombe
Benjamin Lacombe est un illustrateur français, auteur de bande dessinée et de littérature jeunesse.