In Carbonnieux  's collection
1983 - Les Cités obscures : La fièvre d'Urbicande by François Schuiten, Benoît Peeters - Comic Strip
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1983 - Les Cités obscures : La fièvre d'Urbicande

Comic Strip
1983
Ink
La case 1
Extrait HD
Page d'annonce de l'histoire avec la case 1 de cette planche 5, publicité parue dans (A Suivre) n°67
Page d'ouverture du chapitre 1 dans (A Suivre) n°68
Dans le livre qui servit de catalogue pour l'expo de la collection de MEL
Expo MEL à Landerneau
Exposée à Landerneau
Exposée à Liège en 2017 pour "Révolution Bande Dessinée"
Projet futuristes d'Antonio Sant'Elia qui influença Schuiten pour Urbicande
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Expo Liège
L'allée des Tilleuls qui accompagne le plaidoyer de Robick en introduction de l'album !

Description

Planche 5 pour cette histoire prépubliée dans le magazine (A Suivre...) n° 68 de septembre 1983

Inscriptions

dédicacée au dos par François Schuiten , "A Vincent très cordialement" etc...

Comment

"Schuiten et Peeters ont tué le héros de bande dessinée : ce n'est plus un personnage qui mène le jeu, mais le décor, la ville".
Ainsi titrait l'interview des deux auteurs parue dans le magazine (A Suivre) n°68
au moment précis de la sortie des 9 premières planches d'Urbicande !

Cette histoire avec quelques autres également publiées dans ce magazine fait partie de mes références absolues de lecteur adolescent découvrant Tardi, Schuiten, Comès, Rochette, Manara, Ferrandez, Boucq et Sokal.


Publié dans les pages du magazine (A suivre) des n° 68 à 73 de septembre 83 à février 84, le récit en noir et blanc comptera 68 planches.
L’album sortira chez Casterman en janvier 1985 juste avant le Festival d’Angoulême qui lui décernera le prix du meilleur album. A Bruxelles, le Palais Royal entrera dans la danse, le roi Baudoin Ier souhaitant recevoir ces jeunes auteurs récemment primés.


A propos de la petite histoire de cette histoire d’Urbicande :

Ce cube, cette structure qui grandit dans Urbicande et sème le trouble dans l’esprit très « carré » de l’ubatecte Ernö Robik n’est pas une création du hasard. Benoit Peeters se place ici dans la lignée d’un Jacobs et de sa Marque Jaune.
« Quand on a commencé à travailler sur Urbicande, une idée m’obsédait : qu’est-ce qui peut rendre une histoire difficile à oublier ? Qu’est-ce qui fait qu’on garde à jamais dans la tête des scènes de fin du monde du début de L’Etoile mystérieuse ? Ou qu’on se souvient toujours de la lecture de La Métamorphose de Kafka avec ce « héros » qui se transforme en cloporte ? Eh bien, la réponse est simple : l’histoire développe une idée forte en la poussant jusqu’à ses ultimes conséquences. C’est ça, le cube qui grandit dans la ville : la déclinaison d’in signe puissant. L’un des plus beaux exemples du genre, c’est La Marque Jaune. J’ai essayé de faire ça à ma manière. Même si je passe parfois pour quelqu’un d’un peu compliqué, narrativement je crois aux idées simples. Ces idées-là, il faut les traiter jusqu’au bout, les presser comme des citrons. » (1)

Lors de la publication du premier chapitre dans (A suivre), cette Fièvre d’Urbicande ne fait pas l'unanimité parmi le lectorat du magazine. Certains reprocheront aux auteurs une certaine complaisance à l’égard de l’architecture fasciste. D’autres ne comprendront pas l’attitude raide donnée sciemment aux personnages complètement rigidifiés par cet environnement si particulier.
Schuiten regrette qu’on puisse parfois être si mal compris à ce propos : «C’était un parti pris et c’était même graphiquement difficile à tenir ! Comme si on ne pouvait ne pas décider une option de ce type. Et cela, alors qu’au même moment, je dessinais Zara, dans Les Terres creuses, prouvant s’il le fallait que la raideur d’Urbicande était choisie ! » (1)

(1) Interviews de Thierry Bellefroid dans « François Schuiten l’horloger du rêve", chez Casterman en 2014



A propos de la mise en page :

Schuiten déclare en 1994 : « On ne parle presque jamais de ce travail de mise en scène que représente l’articulation d’une page. C’est primordial pour guider le regard du lecteur, le ralentir, le surprendre. C’est ce qu’il y a de plus long. Quand ces problèmes sont résolus, le plus gros de notre travail est fait. Lorsque nous avons établi les proportions, l’échelle des plans, la disposition générale, le reste vient tout naturellement ». (crf « Autour des cités obscures, Bulles dingues n° 28/29 chez Mosquito)



A propos du noir & blanc :

Schuiten explique à JB Barbier ce qu'il ressentait en 1983 au moment où il se lança dans cette aventure éditoriale dans (A suivre) : « J’ai d’abord fait Les murailles de Samaris en couleur, mais très vite, je suis revenu au noir et blanc, c’était mon envie. Le noir et blanc nous permettait d’avoir une ambition en termes de pagination, ce que la couleur ne permettait pas. A l’époque, c’était très scindé. La couleur, c’est 44 pages, et le noir et blanc : allez-y ! Vous pouvez faire 120, 180 pages. Ça vous donne, évidemment, des possibilités extraordinaires au niveau du déploiement du récit. Benoit et moi, on comprend très vite que le noir et blanc va être pour nous l’occasion de nouvelles explorations narratives. On a vite décidé qu’on ne voulait pas de héros. On ne voulait pas d’une série traditionnelle. (…)
Le noir et blanc c’est quand même l’écriture par excellence. On est tout nu. Il faut tout sortir. Il n’y a pas de coloriste qui vient après. Généralement, c’est moi, le coloriste, qui sauve le coup. On est ici au cœur même de l’écriture. On est à l’os. C’est le rapport entre le texte et le trait, et cette espèce d’obligation de radicalité, cette discipline qui vous nettoie. C’est très formateur. Et le rapport à la lettre, au trait, vient du noir et blanc. Quand on goûte à ça, on envisage la couleur autrement. On y revient avec d’autres envies, mais toujours en pensant à l’efficacité que donne le noir et blanc.
Evidemment, les Américains ont donné les lettres de noblesse au noir et blanc. C’est impossible d’envisager le noir et blanc sans Milton Caniff, sans Herriman. Parce qu’ils nous apprennent le rapport entre les cases, entre le texte, quand le dessin est presque du texte et quand le texte est presque du dessin
». ( cfr « La BD fait sa révolution… Métal Hurlant (A suivre)», édité par le Fonds H&E Leclerc pour la culture en 2013)




https://www.altaplana.be/dossiers/neuviemeart/eugen_robick_et_ses_modeles

Publications

  • La fièvre d'Urbicande
  • Casterman
  • 09/2009
  • Interior page
  • La bande dessinée fait sa révolution... - Métal Hurlant 1975-1987 - (A suivre) 1978-1997
  • Fonds Hélène & Édouard Leclerc Pour La Cultu
  • 11/2013
  • Page 151
  • Livre 1
  • Casterman
  • 11/2017
  • Page 109

About François Schuiten

François Schuiten (born 26 April 1956) is a Belgian comic book artist. He is best known for drawing the series Les Cités Obscures.rançois Schuiten was born in Brussels, Belgium in 1956. His father, Robert Schuiten, and his mother, Marie-Madeleine De Maeyer, were both architects. During his studies at the Saint-Luc Institute in Brussels (1975–1977), he met Claude Renard, who led the comics department at the school. Together they created several books. Schuiten's brother Luc also worked with him several times as a writer for the series Terres Creuses. Schuiten published his first comic on 3 May 1973, consisting of 5 black and white pages in the Franco-Belgian comics magazine Pilote; four years later he was published in the more experimental magazine Métal Hurlant.

14 comments
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lsu38 Une Urbicande marquante - CQFAES (ce qu'il faut avoir en Schuiten) ;-)
May 10, 2018 10:44 PM
Simpleton La raideur des personnages est en lien direct avec la froideur grandiose des perspectives... Urbicande n'est pas une ville où il fait bon vouloir vivre en humain. Heureusement, le réseau va venir perturber tout cela ! Très très belle planche !
Apr 8, 2018 9:38 PM
Mzee Du très bon Schuiten, très belle planche ! Félicitation !!!!!
Dec 31, 2017 12:20 PM
blazoc Schuiten se joue des lignes horizontales et verticales (demi-partie inférieure), après nous avoir donné une leçon de perspective toute en lignes de fuite (demi-partie supérieure). Et pendant ce temps là, le cube - tombé sur le bureau de l'architecte - grandit, grandit, grandit. Une planche que la sagesse commanderait de conserver...
Dec 30, 2017 6:27 PM
janvier Superbe planche!
Dec 25, 2017 9:26 PM
michael07 Il me faut encore découvrir cet univers...mais j aime bcp le graphisme de Schuiten..
Dec 25, 2017 4:16 PM
TueurDEriban Une superbe Schuiten de la meilleure periode Bravo Vincent
Dec 25, 2017 3:18 PM
Trystan Une jolie page !
Dec 25, 2017 11:56 AM
grelots Ça c'est un chouette cadeau de Noël...
Dec 25, 2017 11:33 AM
MorgnThorg Superbe Schuiten, tout y est!
Dec 25, 2017 11:28 AM
DogMengo Schuiten comme on l'aime !! Et vos présentations sont en effet toujours du plus haut niveau : )) Joyeux Noël !!
Dec 25, 2017 11:19 AM
fabcollection Ah Yes. Avec une telle présentation ... ça va être de plus en plus dur à dénicher. Bravo !
Dec 25, 2017 11:01 AM
Difool Très belle planche du chef d'oeuvre de ces 2 auteurs !
Dec 25, 2017 11:01 AM
salome3544 aaargh !! Magnifique !
Dec 25, 2017 10:59 AM